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Sur le vif

Australie : les leaders musulmans furieux après le Premier ministre

Rédigé par Christelle Gence | Mardi 24 Février 2015



Tony Abbott, le Premier ministre australien, s'est attiré les foudres des responsables de la communauté musulmane, accusés de ne pas assez condamner l’extrémisme, le 23 février.
Tony Abbott, le Premier ministre australien, s'est attiré les foudres des responsables de la communauté musulmane, accusés de ne pas assez condamner l’extrémisme, le 23 février.
Le Premier ministre australien Tony Abbott s’est attiré les foudres de la communauté musulmane, après avoir affirmé, lundi 23 février, dans un discours sur la sécurité nationale, que les responsables musulmans n’en font pas assez pour condamner l’extrémisme.

Tony Abbott a exhorté les dirigeants musulmans à dire « plus souvent » que l’islam est une religion de paix « et qu’ils le pensent vraiment », sous-entendant que ce n'est pas suffisamment le cas à l'heure actuelle. « J’ai souvent entendu les dirigeants occidentaux décrire l'islam comme une "religion de paix". Je souhaite que plus de leaders musulmans le disent plus souvent, et qu’ils le pensent vraiment », a déclaré le chef du gouvernement.

Du côté des associations musulmanes, les condamnations se sont multipliées. De tels propos « font la promotion de la haine et attisent le racisme » a réagi Randa Kattan, qui dirige le Conseil arabe d’Australie. Selon lui, l'islamophobie a fortement augmenté en Australie après l’attaque de Sydney, et le commentaire du Premier ministre est un appel du pied aux racistes du pays.

« Il rend notre communauté responsable des actions de quelques-uns », a poursuivi la dirigeante de l’organisation pour qui les propos sont sources de division. « Comment pouvons-nous davantage condamner ? », a-t-elle insisté.

Les déclarations de Tony Abbott « montrent clairement que le gouvernement n'est pas engagé dans une communication sincère et authentique avec la communauté musulmane. Nous avons sans cesse dénoncé la violence et encouragé la paix, pas simplement en guise de réponse, mais parce que c’est au cœur de nos convictions religieuses », a de son côté réagi Zaahir Edries, le président du Réseau musulman juridique. Il a annoncé que son organisation boycotterait une session de consultation avec le gouvernement prévue le soir même pour protester contre les déclarations.

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