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Sur le vif

Amnesty : le bilan catastrophique des droits humains en 2014 n'épargne pas la France

Rédigé par Christelle Gence | Mercredi 25 Février 2015



Amnesty : le bilan catastrophique des droits humains en 2014 n'épargne pas la France
L’année 2014 a été « catastrophique » sur le plan du respect des droits humains des personnes en proie aux violences, d’après le rapport annuel d’Amnesty International, dévoilé mercredi 25 février. Une année noire selon l’organisation, marquée par la multiplication des conflits et la montée en puissance de groupes terroristes comme l’Etat islamique ou Boko Haram.

L’ONG a dénombré plus de 50 millions de personnes déplacées, une première depuis la Seconde Guerre mondiale. « Une crise sans précédent », note l’organisation, imputée à « l’incapacité de la communauté internationale à faire face au nouveau visage des conflits ».

Amnesty International pointe les responsabilités des grandes puissances dans l'aggravation de la situation, les accusant d’abandonner les populations civiles vivant dans des zones de crise aux groupes armés. « Les dirigeants politiques se sont montrés incapables de protéger les personnes qui en ont le plus besoin », insiste l’organisation, soulignant notamment le très faible nombre de réfugiés syriens accueillis en Europe. En France, Amnesty déplore la politique restrictive des visas. Le pays s'était engagé à accueillir 500 réfugiés syriens en 2014 - contre 30 000 pour l'Allemagne - et « on n'a même pas atteint les 500, ce qui est quand même un comble pour un pays comme la France », s'indigne Geneviève Garrigos, la présidente de la section française d'Amnesty International.

La France n'est pas en reste

L’ONG demande aux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies de renoncer à leur droit de veto en cas d’atrocités de masse ou de génocide, véritable « obstacle aux solutions de crise », estime Amnesty.

« D’un côté on voit bien l’inaction, la paralysie du Conseil de sécurité. On l’a vue sur la question de la Syrie avec le veto de la Russie et de la Chine. Mais on l’a vue également concernant l’attaque d’Israël sur Gaza où une résolution n’a même pas été proposée parce qu’ils savaient qu’il y aurait le veto des Etats-Unis », a commenté Geneviève Garrigos.

Concernant la France, l’ONG dénonce les discriminations dont sont victimes les Roms et les expulsions dont ils sont l’objet, l’interdiction de manifestations de soutien à Gaza en été 2014, ou l’impunité des violences policières en évoquant le cas du retraité algérien Ali Ziri, mort en 2009 après son interpellation.

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