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Religions

Grande Mosquée de Lyon : le dialogue tous azimuts, le défi des musulmans

Rédigé par | Samedi 28 Mai 2016



Pour Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, « faire intervenir, au cours du colloque du 29 mai, des intellectuels et théologiens musulmans qui ne sont pas forcément d'accord ainsi que des intervenants de différentes convictions religieuses », c'est aussi pratiquer « le dialogue intramusulman et interreligieux » en actes.
Pour Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, « faire intervenir, au cours du colloque du 29 mai, des intellectuels et théologiens musulmans qui ne sont pas forcément d'accord ainsi que des intervenants de différentes convictions religieuses », c'est aussi pratiquer « le dialogue intramusulman et interreligieux » en actes.
La région Rhône-Alpes est un des fiefs français du dialogue interreligieux. C’est de là qu’étaient parties des délégations musulmane et catholique, en 2007, pour rendre hommage aux moines de Tibhirine, puis que sont nés les forums islamo-chrétiens réunissant les acteurs de terrain de l’interreligieux, durant cinq années successives.

Dans le droit fil de cette tradition de dialogue, la Grande Mosquée de Lyon, qui a fêté ses 20 ans en 2014, organise avec l’Institut français de civilisation musulmane ‒ un centre de formation qu’elle a créé et qui forme les cadres musulmans en trinôme avec l’Université catholique de Lyon et l’université Lyon-3 ‒ un grand colloque ce dimanche 29 mai. Thème de la journée : « Du dialogue “intramusulman” au dialogue social : nouveaux enjeux, nouveaux défis pour les musulmans de France ».

Dialoguer entre musulmans, encore possible ?

Ainsi, avant de traiter la question du dialogue interreligieux, les organisateurs entendent aborder de front la question du dialogue intracommunautaire tant il est vrai que l’islam est traversé par de multiples courants de pensées et de traditions philosophiques et qu’à l’heure des réseaux sociaux il semble que cette diversité de pensées et cette capacité de dialogue entre musulmans soient maintenant réduites à peau de chagrin. L’anathème et l’excommunication à coups de jugements à l’emporte-pièce délivrés par des cyberimams férus de vidéoprêches sont plus faciles à trouver sur le marché du religieux qu’un bon livre qui aide l’apprenant à approcher la philosophie et la spiritualité islamique.

À propos du dialogue intramusulman sont ainsi invités, au cours de deux tables rondes, notamment : Haoues Seniguer, maitre de conférences à Sciences-Po Lyon, qui analysera « les discours officiels émis au nom de l’islam » ; Sada-Mamadou Ba, chercheur au CNRS, sur le « nous et les autres » ; Mohamed Ali Mortada, membre de la Fondation al-Khoei, qui s’intéressera aux « dialogue et relations entre les différents écoles islamiques » ; ou encore Mohamed Bajrafil, imam de la mosquée d’Ivry-sur-Seine et secrétaire général adjoint du Conseil théologique musulman de France, qui questionne : « La divergence est-elle égale à la défiance ? »

Les relations avec les religions du Livre et l’épineuse question des minorités

Vient ensuite la question des relations qu’entretient l’islam avec les autres religions du Livre. « Le XXIe siècle devrait être celui du dialogue des religions, en lieu et place des deux guerres mondiales qui ont conduit les belligérants à nourrir les tensions interreligieuses », préconise-t-on dans le communiqué des organisateurs du colloque. Or « peut-on constituer une sorte de “cadre commun” de référence contenant les valeurs universelles sur lesquelles le dialogue interreligieux peut être bâti solidement ? », s’interroge-t-on.

Deux tables rondes tentent d’y répondre, où sont conviés Samir Arbache, professeur de théologie et d’histoire des religions à l’université catholique de Lille, Philippe Gaudin, philosophe et membre de la Fédération protestante de France, l’islamologue Sandra Houot, mais aussi les théologiens et philosophes Ghaleb Bencheikh, Tareq Oubrou et Mustapha Cherif.

Les interactions avec la société globale

Enfin, la question du dialogue ne peut être traitée sans évoquer la place qu’occupe aujourd’hui l’islam dans nos sociétés sécularisées, dans son apport éthique et philosophique que cette religion peut délivrer sur les questions de société (environnement, citoyenneté, fin de vie…) mais aussi dans les frictions que la présence des musulmans suscite dans les débats politiques et médiatiques.

La dernière table ronde convie ainsi le président de l’Observatoire de la laïcité Jean-Louis Bianco, le député-maire de Tourcoing Gérald Darmanin et la sénatrice et présidente de l’Institut des cultures d’islam Bariza Khiari.

« Bien sûr, on n’épuisera pas toutes les questions posées au cours de ce colloque. Mais en l’organisant, nous entendons créer les conditions d’un véritable dialogue et surtout montrer la capacité de l’islam, religion de tolérance, à contribuer positivement, même dans les moments tragiques de l’Histoire, comme dans ses moments de prospérité », déclare Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon.

Voir le programme complet ici.
Entrée libre, s’inscrire à communication@mosquee-lyon.org
Suivre le livetweet ici, dimanche 29 mai, de 9 h à 19 h 30.
Saphirnews animera la 4e table ronde « Pour une reconnaissance réciproque, vers un horizon commun ».





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