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Sur le vif

Yémen : des mosquées visées par des attentats, plus de 140 morts

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 20 Mars 2015



Yémen : des mosquées visées par des attentats, plus de 140 morts
Un triple attentat visant des mosquées de Sanaa, la capitale du Yémen, ont provoqué la mort d’au moins 142 personnes, et ont fait 260 blessés, selon des sources médicales. Après l'attaque du Bardo, en Tunisie, l’Etat islamique (EI) a revendiqué ces attaques sanglantes dans les heures qui ont suivies.

Les mosquées attaquées étaient fréquentées par les miliciens houthis, chiites, qui contrôlent la ville, et sont hostiles au pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi. Deux explosions ont touché la mosquée Badr, au sud de la capitale. Une première bombe a explosé dans le lieu de culte, suivie d’une seconde bombe, placée à l'entrée alors que les fidèles s’enfuyaient. Le troisième attentat-suicide visait la mosquée Al-Hashahush, dans le nord de Sanaa.

L’EI, foncièrement anti-chiite, a revendiqué un quatrième attentat suicide à Saada, la région d’origine des Houthis, mais aucune victime n'est à déplorer. La branche yéménite de l’EI, née d’une scission avec Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), n’avait mené que des opérations mineures dans le pays. Pour l’EI, les chiites sont l’ennemi principal, tandis qu’AQPA veut avant tout viser les l’Occident et les régimes arabes qu’il soutient. Ces derniers mois, plusieurs groupes issus d’AQPA ont prêté allégeance à l’EI.

Les Houthis, ou mouvement Ansaruallah, soutenu par l’Iran, ont fait leur entrée à Sanaa en septembre 2014, avant de s’étendre vers l’ouest et le centre du Yémen, et de monter en puissance. Les forces yéménites ne lui ont opposé qu’une faible résistance, mais AQPA les a attaqués à plusieurs reprises.

Les miliciens chiites ont un temps assigné le président Abd Rabbo Mansour Hadi à résidence, mais il a réussi à fuir à Aden. Poussé à la démission fin janvier, la communauté internationale le considère toujours comme le président du Yémen. Livré aux clans et aux groupes armés, menacé d’une guerre civile entre le nord chiite et le sud sunnite, le pays est au bord de l’implosion, selon les observateurs.

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