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Sur le vif

Un maire UMP dérape sur les Roms

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 5 Décembre 2013



La liste des dérapages d’élus sur les Roms s’allonge. Dernier en date ; les propos tenus par Luc Jousse, le maire UMP de Roquebrune-sur-Argens (Var). Dans un enregistrement diffusé par Médiapart, mercredi 4 décembre, on entend le maire de cette commune de 13 000 habitants regretter que les pompiers aient été appelés trop tôt pour éteindre un feu dans un camp de Roms.

L’édile a lâché ses propos choquants lors d’une réunion publique d’un conseil de quartier, le 12 novembre. Une personne qui a assisté à la scène a enregistré ses paroles avec son téléphone portable. « Je vous rappelle quand même que les gens du voyage, que dis-je, les Roms, m’ont mis neuf fois le feu », commence Luc Jousse dans cet enregistrement. « Le dernier, ils se le sont mis eux-mêmes. Vous savez ce qu’ils font : ils piquent des câbles électriques et après ils les brûlent pour récupérer le cuivre et ils se sont mis à eux-mêmes le feu dans leurs propres caravanes ! Un gag ! Ce qui est presque dommage c’est qu’on ait appelé trop tôt les secours ! », poursuit-il sous les rires de la salle. « Non, parce que les roms, c’est un cauchemar, un cauchemar », martèle-t-il ensuite.

Rendus public, ces propos ont suscité l’ire de la classe politique. « Cet élu a sali l'écharpe tricolore et n'est plus digne de la porter. Il doit immédiatement démissionner et son parti l'UMP ne plus accepter en son sein des hommes et des paroles qui la déshonorent », a jugé le porte-parole des députés PS, Thierry Mandon, mercredi soir. D’après lui, les propos de Luc Jousse sont « plus qu'un sale racisme, c'est la négation de la vie humaine ». Le maire de Roquebrune risque une sanction de son parti, pouvant aller jusqu’à « l’exclusion » comme l’a indiqué Christian Jacob, le chef de file des députés UMP à l'Assemblée, qui a qualifié de « choquants » et « inacceptables » les propos qu'il a tenus. Le bureau politique de l’UMP se réunira mercredi 11 décembre afin d’étudier les suites à donner à ses déclarations.

Sommé de s’expliquer, l’intéressé s’est défendu jeudi 5 décembre sur BFM TV en expliquant ne pas être à l’origine de la phrase sous-entendant qu’il aurait fallu laisser brûler le camp rom et donc les Roms. « Cette phrase n'était pas de moi, je regrette de l'avoir répétée », a-t-il argué en assurant avoir repris les propos tenus par « quelqu’un du public ». Par ailleurs, le maire ne regrette pas d’avoir dit que les Roms sont un cauchemar. « Pour les maires, c’est une évidence », a-t-il avancé en indiquant avoir reçu « beaucoup de messages de soutien ». « Le scandale de cette situation, c’est que nous avons gagné une décision pour les expulser et que la préfecture ne fait rien », justifie-t-il.

Fin juillet, Gilles Bourdouleix, exaspéré par l’installation de 150 caravanes de gens du voyage dans sa commune de Cholet (Maine-et-Loire), avait estimé que « Hitler n'en avait peut-être pas tué assez ». Plus récemment, en septembre, Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur en personne, avait également suscité un tollé en déclarant que les Roms avaient « vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie ». Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié des peuples (MRAP) avait alors déposé plainte contre le ministre pour « provocation à la violence, la haine et la discrimination raciste ».

Dans le cas de Luc Jousse, SOS Racisme a annoncé son intention de porter plainte.

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