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Sur le vif

Un ingénieur musulman interdit de centrale nucléaire à cause de sa religion ?

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 14 Août 2014



Un ingénieur musulman, employé par un sous-traitant d’EDF, a entamé une bataille judiciaire pour pouvoir à nouveau accéder aux centrales nucléaires dans lesquelles il intervenait depuis deux ans. « On soupçonne que c’est sa religion qui a posé problème » a expliqué son avocat.

« Il est inconnu des services de police, n’a pas de casier judiciaire », précise encore Me Sefen Guez Guez, l’avocat du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) qui le représente. L’ingénieur, qui travaille pour la même société depuis 2012, avait obtenu une autorisation d’accès aux centrales nucléaires en 2012 et en 2013.

En mars 2014, alors qu’il se présente pour intervenir sur le site de Nogent-sur-Seine, l’accès lui est refusé en raison d’un avis défavorable de la préfecture de l’Aube. « Il va de soi que le préfet n'a pas émis un avis défavorable en fonction de critères de religion ou de race. On juge sur des éléments liés à la sécurité », s’est défendu le cabinet du préfet, alors que l’avis de l’administration n’est pas motivé, étant « couvert par le secret défense ». C’est d’ailleurs cette absence de motivation de l’interdiction qui avait conduit le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne à suspendre l’interdiction, en juin dernier, estimant qu’il y avait « un doute sérieux sur la légalité de la décision ».

« A l'issue d'une enquête administrative, le préfet de l'Aube avait constaté que les caractéristiques de M.C. n'étaient pas compatibles. (...) Or ni EDF, ni le préfet de l'Aube, mise en cause à l'instance, n'ont précisé quelles caractéristiques justifiaient l'interdiction de l'accès de la suspension demandée », a indiqué le juge dans sa décision, rapporte le CCIF.

Après avoir pu rentrer dans quelques centrales le mois suivant, l’ingénieur se voit à nouveau refuser l’accès un site nucléaire par EDF, en vertu de l’avis défavorable de la préfecture de l’Aube, pourtant suspendu par la justice. Le CCIF a de nouveau saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. « C'est un serpent qui se mord la queue. La réglementation ne prévoit pas la motivation de l'avis du préfet et le tribunal administratif ne fait que constater qu'il n'est pas motivé », a regretté la préfecture. Le délibéré sera rendu lundi 18 août.

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