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Sur le vif

Nice : un agent de sûreté suspendu pour ses salutations en arabe

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 16 Janvier 2014



L’antenne niçoise du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) fait part cette semaine d’un cas de discrimination surprenant. La victime, Monsieur M., agent de sûreté à l’aéroport Nice Côte d’Azur, ne peut plus exercer sa profession sur décision de la préfecture des Alpes-Maritimes.

En novembre 2013, cette dernière a suspendu l'habilitation et l'accréditation de M. en tant qu’agent de sûreté. Le motif invoqué : il aurait « défavorablement attiré l'attention sur sa personne. » Devant une justification aussi floue, le jeune homme décide de chercher des explications auprès de sa direction mais elle « n’est pas au courant de l’initiative du préfet », fait savoir le CCIF.

La préfecture ne daignant pas lui donner plus de détails, il décide alors de saisir le CCIF qui l'incite à déposer un recours devant le tribunal administratif de Nice pour suspendre et annuler la décision préfectorale, indique l'association dans un communiqué. M. choisit de se tourner vers le collectif car il sent que cette décision est liée à « sa visibilité religieuse », lui qui porte une barbe. Il a déjà dû faire face aux « remarques de ses collègues » du style « Tu vas nous pousser une bombe », explique à Saphirnews, Smail Jebali, de l’antenne niçoise du CCIF.

Suspendu parce qu’il salue en arabe

Le 12 décembre 2013, M. obtient gain de cause. Le tribunal administratif suspend la décision de la préfecture. « Mais c’est oublier l’opiniâtreté du préfet qui prend une nouvelle décision le 17 décembre, cette fois-ci les faits reprochés sont à la fois diffamants et racistes. Monsieur M. saluerait ses collègues en arabe : un comportement caractéristique de radicalisation religieuse d’après la préfecture », raconte le CCIF.

On l’accuse ainsi d’avoir « un comportement prosélyte caractéristique de radicalisation religieuse » simplement « parce qu’il saluerait certains de ses collègues d’origine maghrébine en arabe », dénonce l’association.

La préfecture explique également que le jeune homme, agent de sûreté à Nice depuis trois ans, aurait exprimé une sympathie prononcée pour certains actes terroristes. A cause de « suppositions et de fantasmes extrapolés, on en arrive à ce qu’un homme, jeune père de famille, perde son travail » , fustige M. Jebali, qui indique qu’aucune « preuve étayée » n’a été présentée. « Le CCIF invite la préfecture à être plus claire : qu’elle prenne position publiquement et explique que s’exprimer en arabe à l’aéroport suffit à faire de vous un islamiste en puissance. »

L’association a contacté la préfecture mais n’a obtenu pour l’heure aucune réponse. Egalement, contactée par Saphirnews, la préfecture des Alpes-Maritimes nous indique ne pas vouloir communiquer sur cette affaire.

Le CCIF continue d’apporter son soutien à M., qui a saisi une nouvelle fois le tribunal administratif de Nice. L’audience aura lieu mardi 21 janvier.






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