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Sur le vif

Tchad : les femmes (et les hommes) passibles d’une amende en cas de refus de demande en mariage

Rédigé par Lina Farelli | Vendredi 12 Août 2022 à 18:55

           


Tchad : les femmes (et les hommes) passibles d’une amende en cas de refus de demande en mariage
Une nouvelle règle, scandaleuse à plus d’un égard, a été instaurée par le Conseil supérieur des affaires islamiques de Mangalmé, dans la région du Guéra, au Tchad : une femme qui refuse une demande en mariage est passible depuis quelques semaines d’une lourde amende avoisinant les 40 euros. Selon la presse locale, il s’agit de lutter contre les mariages tardifs.

Cette pratique, appelée localement « Amchilini », concerne aussi les hommes. L’amende est même plus importante pour ces derniers s’ils refusent des demandes en mariage mais les femmes sont parties pour être les premières victimes de cette pratique. La Ligue tchadienne des droits des femmes (LTDF), qui a condamné cette mesure, réclame son annulation pure et simple.

« Si on doit fixer des amendes aux personnes libres de ne pas se marier, cela devient un mariage forcé, ce que nous condamnons. Le consentement du mariage doit être libre », a martelé la LTDF. « La loi doit primer pour faire cesser ce désordre car elle prime sur la coutume et les décisions religieuses. (…) Si le code de la famille s'impose enfin (partout au Tchad, ndlr), toutes les bêtises au nom de la religion cesseront. »

Le mariage forcé est en effet interdit en islam ; le consentement des deux parties est obligatoire pour que l’union soit jugée valide. La pratique a donc aussi été dénoncée par le Conseil supérieur des affaires islamiques (CSAI) du Tchad.

« J'ai appelé les autorités du conseil islamique du Guéra pour leur dire clairement qu'Amchilini n'est pas une pratique religieuse musulmane. Parce que ça ne remplit pas les conditions ou les principes du mariage islamique », a fait savoir le vice-président de l’instance religieuse, Abdeldayim Abdallah, cité par Deutsche Welle. « Ce que nous voulons, en revanche, c'est que les gens baissent le prix du mariage pour encourager les jeunes à se marier parce qu'aujourd'hui chaque fille, chaque garçon veut se marier. Mais la barrière, c'est le problème de l'argent », estime-t-il.

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