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Monde

Rohingyas au Bangladesh, le Secours Islamique France témoigne de la crise

Rédigé par Imane Youssfi et H. Ben Rhouma | Vendredi 24 Novembre 2017

Depuis fin août, plus d'un million de Rohingyas ont quitté la Birmanie pour trouver refuge au Bangladesh, très souvent dans la région frontalière de Cox’s Bazar. De nombreuses ONG se sont déplacés au Bangladesh pour venir en aide aux réfugiés de cette minorité parmi les plus persécutées au monde. Le Secours islamique France (SIF) déploie des moyens pour cette population fragile. Benjamin Nguyen, directeur des programmes et opérations internationales au SIF, revient tout juste d'une mission auprès des Rohingyas. Il témoigne auprès de Saphirnews.



Depuis fin août, plus d'un million de Rohingyas ont quitté la Birmanie pour trouver refuge au Bangladesh qui fait face à une véritable crise humanitaire. A l'image, le SIF, en partenariat avec une ONG locale, organise des distributions de colis alimentaires à Teknaf. © SIF
Depuis fin août, plus d'un million de Rohingyas ont quitté la Birmanie pour trouver refuge au Bangladesh qui fait face à une véritable crise humanitaire. A l'image, le SIF, en partenariat avec une ONG locale, organise des distributions de colis alimentaires à Teknaf. © SIF
De retour de sa mission au Bangladesh, Benjamin Nguyen, directeur des programmes et opérations internationales au Secours islamique France (SIF), retient un fait majeur : « C’est une véritable crise humanitaire » dont sont victimes les Rohingyas, qui quittent en grand nombre la Birmanie où les persécutions à leur encontre sont vives.

De ce fait, c'est souvent dans la précipitation que les Rohingyas sont amenés à rejoindre le Bangladesh. L'ONG Human Rights Watch dénonçait dernièrement les viols de jeunes femmes et jeunes filles dans le cadre de la campagne de répression menée par l’armée birmane contre les Rohingyas.

© Pierre Failler
© Pierre Failler

Une population fragile à aider

« La majorité des réfugiés sont des femmes et des enfants. La présence des hommes est très faible. Les nouveaux arrivés sont épuisés et très choqués. Ils manquent de tout, de soins, de nourriture, d’eau, d’accompagnement, d’informations... », témoigne Benjamin Nguyen.

Il n'est pas évident d'aller à leur rencontre, signale l'humanitaire, qui affirme avoir fait face à plusieurs obstacles. Le premier défi est « l’accès aux réfugiés », souvent installés « dans des collines de plus en plus éloignées des axes routiers ». Le second défi est « celui de se coordonner avec les autres acteurs pour répondre de la façon la plus adaptée et pertinente à l’immensité des besoins ».

« Envisager tous les aspects de l'accueil » pour les Rohingyas

Des réfugiés rohingyas, on n'entend de leur exode que des chiffres qui prennent une ampleur considérable au fil des mois. Benjamin Nguyen indique que la plupart d'entre eux viennent de Maungdaw et de ses alentours, tout près de la région frontière de Cox’s Bazar où sont installés les camps.

« Il faut imaginer que, si on fait une statistique rapide, le Bangladesh a dû accueillir, au cours des deux derniers mois, 10 000 personnes par jour ! Et non seulement les accueillir, mais aussi leur trouver un abri, leur donner les moyens de se soigner, de se nourrir, d’avoir de l’eau et des facilités sanitaires. Pour un pays comme le Bangladesh, qui est l’un des plus pauvres du monde, c’est particulièrement compliqué », a-t-il expliqué au micro de France Culture.

En partenariat avec l’ONG bangladaise Friendship, le SIF a organisé une distribution de colis alimentaires. « Ce sont 700 familles (soit 3 500 personnes) qui ont reçu chacune plus de 20 kg de nourriture consommable rapidement », a fait savoir l'ONG dans un communiqué, qui rappelle qu'une telle opération a été rendue possible grâce à la générosité des donateurs.

Les besoins sur le terrain sont considérables. Mais le retour des Rohingyas en Birmanie étant inenvisageable dans l'immédiat, le directeur des opérations internationales estime qu'il faut « envisager tous les aspects de cet accueil à court et à moyen terme, avec une réflexion sur le long terme ». Une nécessité à laquelle des ONG se sont d'ores et déjà attelés.

Un tournoi de foot solidaire pour soutenir les Rohingyas

A Paris, l'ONG poursuit son soutien aux Rohingyas, Elle organise dimanche 26 novembre son tout premier SIF Cup Solidaire 2017 au Centre Le Five (Paris – Porte de la Chapelle). Ce tournoi réunira des footballeurs amateurs ou non qui, une fois leur inscription faite, sont invités à constituer une équipe en vue de jouer pour une noble cause. L'événement est parrainé par le footballeur Sofiane Feghouli, attaquant du club Galatasaray (Turquie) et joueur dans l’équipe nationale d’Algérie.






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