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Sur le vif

Maroc : les imams interdits de vie politique et syndicale

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 10 Juillet 2014



Au Maroc, les imams, prêcheurs et leaders religieux n’ont plus le droit de faire de la politique, d’appartenir à une instance politique ou syndicale durant toute la période de l’exercice de leurs fonctions dans les mosquées. La décision émane du souverain Mohamed VI, qui a publié le 1er juillet un dahir, un décret royal, à cette fin.

Le décret a pour objectif « de préserver l'unité doctrinale de la oumma, d'harmoniser le discours religieux et de qualifier les imams et les prédicateurs pour qu'ils puissent faire face aux idées intégristes et préserver le caractère tolérant de l'Islam », a précisé Abdendi Aydoudi, le directeur du Centre marocain des valeurs et du modernisme.

Selon El Bachir Ahid, un journaliste spécialisé dans les affaires religieuses, le décret est une réponse « à la montée en force du jihadisme et de l'intégrisme dans la société ». Selon Khalid Adlaoui, membre du mouvement des jeunes de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) cité par le site Magharebia, l’interdiction doit aussi permettre de protéger la religion contre une exploitation politique des partis islamistes. Pour certains observateurs, le décret constituerait même une véritable « révolution », aux retombées plus importantes encore que les révolutions arabes, engageant la voie vers la séparation du politique et du religieux. Le royaume chérifien s'assure surtout d'un plus fort contrôle du personnel religieux marocain.

Dans un autre décret, le roi rappelle les imams au respect scrupuleux du rite malékite ainsi que le port de l’habit marocain lors des prières et des prêches. La décision royale intervient alors que le Parti de la justice et du développement (PJD) est à la tête du gouvernement depuis les élections législatives de 2011, qui comptent de nombreux cadres religieux dans ses rangs.

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