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Sur le vif

Le cirque médiatique de Marine Le Pen devant un camp rom

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 26 Avril 2013



Marine Le Pen a donné rendez-vous à la presse, jeudi 25 avril, à proximité d’un camp de Roms à Wissous, dans l’Essonne. A quelques centaines de mètres du bidonville, son pupitre a été installé. Derrière, la présidente du FN a pu y délivrer un discours fustigeant l’immigration et accusant les Roms de tous les maux.

Elle a accusé l'UMP et le PS d'être « co-responsables de l'arrivée massive des Roms en France », en laissant l'Europe « s'élargir sans cesse à de nouveaux pays » et en organisant « l'ouverture totale de nos frontières ».

« L'UMP et le PS ont laissé se développer une délinquance et une criminalité insupportable, liée à des réseaux nomades étrangers »: « cambriolages », « vols à l'arraché », « dégradation de biens publics et de services publics, notamment ferroviaires, violences et parfois crimes », a dénoncé la dirigeante frontiste.

Elle est même allée jusqu’à insinuer que les Roms mettaient eux-mêmes le feu à leurs bidonvilles pour être relogés par les pouvoirs publics et a promis que si elle était au pouvoir, elle procéderait au démantèlement de tous les bidonvilles et au renvoi de « tous les clandestins ».

Après son discours d’une quinzaine de minutes, Marine Le Pen a immédiatement quitté les lieux à bord d’une grosse berline sans même avoir pénétré dans le camp.

Intrigués par l’attroupement de journalistes, quelques habitants du camp se sont bien approchés d'elle mais la présidente du FN n’a eu aucun échange avec eux.

« Je pense que si elle rencontrait ces personnes, elle aurait peut-être un autre discours », a commenté le curé Frédéric Gatigneau, qui soutient cette population. « Cela aurait été bien » qu'elle se rende dans le campement. « Je pense qu'elle aurait été bien reçue. Ils ne la connaissent pas spécialement, ils n'ont pas d'a priori... J'étais prêt à l'accompagner mais elle est partie bien vite dans sa belle voiture noire », a-t-il ajouté.

Ce camp accueille 150 à 200 Roms dont une bonne partie a été accueillie après l'incendie d'un bidonville proche à Massy. Le camp de Wissous avait lui-même pris feu en mars. « Il suffit d'aller dans les baraquements pour comprendre que (...) les feux, il n'y a pas besoin de les allumer, malheureusement ils arrivent tout seul », a expliqué le curé.

« On entend beaucoup ceux qui sont contre les Roms, pas beaucoup ceux qui sont solidaires. Ce ne sont pas des profiteurs », a-t-il également noté.

A l’occasion de la Journée internationale des Roms le 8 avril, Amnesty International avait appelé la Commission européenne a agir pour lutter contre les discriminations dont sont victimes les Roms en Europe. Son dernier rapport sur la question mettait également en cause la politique française menée à l’égard de cette population, trop souvent rabaissée.

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