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Société

La mosquée de Rambouillet détruite par un incendie : « Tout porte à croire que c'est criminel »

Rédigé par | Samedi 3 Septembre 2022 à 14:00

           

La mosquée de Rambouillet n'est plus. Ce lieu de culte des Yvelines a été détruit par un violent incendie qui s'est déclaré dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 septembre. L'Association des musulmans de Rambouillet en est persuadée : il s'agit d'un incendie criminel. Son président, Rachid Id Salah, s'exprime auprès de Saphirnews sur ce drame et les suites possibles pour permettre à sa communauté de rebondir.



La mosquée de Rambouillet détruite par un incendie : « Tout porte à croire que c'est criminel »
C’est un spectacle désolant qui s’offre aujourd'hui à la vue des responsables et des fidèles de l’Association des musulmans de Rambouillet (AMR), dans les Yvelines. La mosquée dans laquelle ils priaient depuis le mois du Ramadan 2009 a été ravagée par un incendie dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 septembre. « J'étais chez moi quand mon frère m'a appelé vers 1h du matin pour me prévenir de l'incendie. A mon arrivée, tout était déjà parti en fumée bien que les pompiers soient arrivés assez rapidement », raconte auprès de Saphirnews Rachid Id Salah, président de l’AMR.

La structure qui servait de mosquée était temporaire, formée de trois tentes qui pouvaient accueillir environ 500 personnes les grands jours. Il n’y avait donc aucune chance de sauver quoi que ce soit. « Quand les pompiers ont été prévenus, la première tente avait déjà pris feu. Le temps qu'ils arrivent et c'était déjà trop tard. Ils ont fait ce qu'ils ont pu », déclare-t-il.

Un incendie criminel et islamophobe ?

Si « le destin en a voulu ainsi », « on est entre rage et incompréhension », confie Rachid Id Salah. « Cela fait 13 ans que la structure existe, qu'elle est utilisée tous les jours et on n'a jamais eu d'incident, c'est la première fois. » Et pour l’AMR, « tout porte à croire que l’incendie est criminel ».

« On ne sait pas précisément ce qu'il s'est passé mais la piste criminelle est quasiment certaine pour nous. Les premiers témoins arrivés sur place ont aperçu deux personnes courant dans le secteur à toute allure. Le point de départ de l'incendie, c'est une zone de la tente où il n'y a rien qui aurait pu faire démarrer le feu. Il n'y avait qu'une sono qui n'est alimentée que le vendredi par un groupe électrogène. Il n'y a aucune explication plausible qui explique un départ d'incendie accidentel », explique-t-il.

Serait-ce un incendie criminel… à caractère islamophobe ? Le responsable du lieu du culte, qui occupe la présidence de l’AMR depuis 2012, choisit de rester prudent sur les motivations des auteurs, dans un contexte marqué par une montée des actes antimusulmans en France : « Ce qu'on ne sait pas, c’est s’il s’agit de gamins qui voulaient jouer sans trop savoir ce qu'ils faisaient ou des personnes qui ont commis un acte délibérément dirigé contre le lieu en tant que mosquée. Je préfère ne pas répondre car je n'ai aucun élément qui pourrait me faire pencher d'un côté comme de l'autre. On fait confiance à la justice. » L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Versailles.

Deux demandes sur la table

Aujourd’hui plus que jamais, l’AMR cherche une solution durable pour ses fidèles. « Il faut savoir tirer du positif du négatif », affirme Rachid Id Salah. Il espère ainsi que le triste événement puisse accélérer leur demande de mise à disposition d’un local dans la commune. « Ce sujet est à l'étude depuis des mois avec la mairie, on ne pouvait pas rester deux ou trois hivers de plus dans ces conditions. On ne demande aucun euro, nous sommes prêts à louer un terrain que la mairie veut bien nous mettre à disposition », indique-t-il.

« On demande assistance car nous sommes dans une commune un peu particulière. Géographiquement, elle ne peut pas s'étendre car elle est bordée de toutes parts par une forêt. Les terrains se font donc extrêmement rares. On a mis six ou sept ans pour acquérir un terrain et pouvoir l'acheter. »

L’AMR, qui est en effet propriétaire depuis 2015 d’un terrain sur lequel elle veut bâtir leur mosquée, a également bon espoir que l’incendie puisse permettre une pré-étude rapide de leur permis de construire. « Les points de blocage avec le précédent maire, c'est qu'il voyait notre projet trop grand alors que ce n'est absolument pas le cas. C'est juste au-dessus des besoins que nous avons actuellement. Nous avions quand même revu le projet à la baisse mais il y a un seuil en dessous duquel nous avons refusé de descendre », accueillant moins de 500 fidèles, explique-t-il.

La municipalité actuelle, dirigée par Véronique Matillon (divers droite) est « plus conciliante », « elle veut simplement que le projet soit le plus carré et le plus complet possible ». En attendant un dénouement heureux pour le projet de l’AMR, les témoignages de solidarité se sont multipliés de la part des autorités locales, préfectorales et religieuses. « Solidarité avec les musulmans de Rambouillet qui ont vu leur lieu de culte détruit par un incendie cette nuit, a écrit le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Une enquête est ouverte et permettra de faire toute la lumière sur son origine ».

Mise à jour : A l'issue d'une réunion rassemblant les autorités locales et préfectorales ainsi que le Conseil des institutions musulmanes des Yvelines (CIMY), l'ensemble des participants ont affirmé leur soutien à l'AMR et aux musulmans de Rambouillet « dont le lieu de culte a été visé par cet acte misérable », fait savoir la préfecture des Yvelines dans un communiqué.

« Les voies et moyens pour permettre la poursuite de l'exercice du lieu de culte dans des conditions dignes ont été évoqués. Le Préfet tient à remercier le CIMY et l'ensemble des participants pour la qualité des échanges qui se sont faits dans le même esprit de confiance et de partenariat qui prévaut localement depuis des années. »

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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur