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Points de vue

La déchéance du militantisme

Lettre ouverte aux membres de l’UOIF

Rédigé par Ibrahim BEN AMMAR | Lundi 19 Septembre 2005

L’Union des organisations islamiques en France (UOIF) s’apprête à renouveler sa direction le weekend prochain. Suite à un premier article très commenté, Ibrahim Ben Ammar persiste et signe. Dans la présente lettre ouverte adressée à l’UOIF, il expose son analyse sur le glissement de la gestion de l’UOIF aux cours de ces dernières années.



Si l'islam a connu et connaît tant bien que mal son épanouissement dans ce qui est communément appelé le monde musulman, sa forte présence en Occident, qui est devenue de nos jours une réalité indéniable, irréversible et inédite, ne peut pas se réjouir d’une adaptation à la réalité européenne, de manière systématique ou évidente. En effet, c’est un nouveau monde pour les musulmans qui ont choisi de vivre en Europe. Cela est une évidence. Et il faut s’adapter à ce monde, c’est une nécessité.

La question cruciale qui se pose alors à celles et à ceux qui se sont engagés à militer pour construire l'islam en France est de savoir ce que l’on doit changer pour s’adapter à cette vie en pleine mutation, cette vie pleine de nouveauté et de diversité ? Que doit-on retenir de nos convictions et principes ? Que doit-on en adapter ? Que doit-on en rejeter si tant est qu’il faille en rejeter ?

Ceux qui ont pris sur eux de tenir ce flambeau, ont-ils toujours été fidèles aux principes fondateurs de leur mouvement tout au long de cet itinéraire d’adaptation ?

Pour contribuer modestement à répondre à ces questions mettons noir sur blanc un ensemble d’idées qui nous tiennent à cœur et qu’il est utile de transmettre aux lecteurs, et plus particulièrement aux membres de l’UOIF, qui sait, peut être que parmi eux certains pensent la même chose, sans avoir jamais osé le dire et l’exprimer clairement ?

On peut lire dans le coran Sourate IX Verset 122 :

« Les croyants n'ont pas à quitter tous leurs foyers. Pourquoi de chaque clan quelques hommes ne viendraient-il pas s'instruire dans la religion, pour pouvoir à leur retour, avertir leur peuple, peut-être craindront-ils ainsi ».

Les musulmans n’ont ni Eglise, ni rabbinat ! Mais la présence musulmane en France ‑comme partout ailleurs‑ a besoin de spécialistes (des personnes instruites) se dévouant pour la cause et œuvrant pour prêcher les concepts de l'islam, en donnant l’exemple et en veillant à la dignité de ses fidèles.

Le Prophète Ibrahim p.s.l. n’a t-il pas fait une prière expresse pour exprimer cette nécessité de guide dans une communauté en disant : Sourate II Verset 129 ?

« Notre Seigneur ! Envoie l'un des leurs comme messager parmi eux, pour leur réciter Tes versets, leur enseigner le Livre et la Sagesse, et les purifier. Car c'est Toi certes le Puissant, le Sage ! ».

Il parait évident d’après les deux versets coraniques précédents que la mission éducative de ces guides est l’essence même de leur mouvement.

C’est dans cette optique (à titre de successeurs aux messagers) que se sont créés des mouvements militants tels que celui des Frères musulmans (incarné -jadis- en France par l’UOIF), le Tabligh ou le Milli Görüş pour ne citer que ceux qui ont une forte présence en France.

En parallèle avec ces mouvements, les consulats souvent avec la bénédiction des autorités françaises géraient les affaires des musulmans mais avec des intentions totalement différentes : il ne s’agit pas de militer ou de prêcher mais, comme dans les pays d’origine, d’instaurer un islam traditionnel et ensommeillé, de combler une lacune : ce besoin de foi qu’a tout bon musulman, de contrôler et barrer la route à islam libre et indépendant : Libre de toute influence nationaliste, indépendant de toutes contraintes idéologiques. On qualifiera cet islam, à l’occasion, en faisant des amalgames, tantôt de fondamentaliste, tantôt d’intolérant, tantôt d’intégriste, tantôt de rétrograde, tantôt même de terroriste. cf. l’article de Mouslim Charafeddine « Vive l’Islam de France ?! »


Les versets coraniques suivants sont souvent cités comme référence dans la création de tels mouvements militants :

Sourate III Verset 104-105

« Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable, et interdit le blâmable. Car ce seront eux qui réussiront .Et ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et se sont mis à se disputer, après que les preuves leur furent venues, et ceux-là auront un énorme châtiment ».

Il apparaît donc clairement que l’efficacité de ces pionniers, même s’ils sont sincères, reste tributaire de leur capacité à s’unir et à s’organiser. La structuration du pouvoir, la discipline dans les rangs, la fraternité, l’écoute et l’obéissance dans le cadre d’un objectif commun et d’une règle du jeu (statuts et règlements intérieurs) très bien définie voilà certainement la clef de voûte du militantisme de l’islam.

Les musulmans de France de part la récence de leur présence ont ce besoin crucial de s’organiser.

Des musulmans qui se rendent dans les mosquées, qui prient, font l’aumône… même s’ils étaient très nombreux, jamais ils ne pourraient être aussi efficaces et rayonnants (à degré de piété égal) qu’un groupe aussi petit soit-il mais étroitement soudé et bien organisé. Jamais ils ne pourront défendre leurs intérêts ni obtenir leurs droits s’ils ne choisissent pas parmi eux des représentants compétents et motivés.

Le fondement, le cœur d’une organisation qui se voue à éveiller les consciences et à libérer les esprits c’est qu’en plus des devoirs du commun des musulmans on s’y engage à porter le lourd fardeau de la Da‘wa. Porter la responsabilité de la noble mission qui consiste à enseigner le message de l’islam aux autres… sans prétention aucune, mais par devoir et en tenant compte des compétences de chacun.

Ce qui se prête au devoir collectif (fardh kifaya) deviendrait alors pour ces membres un devoir individuel (fardh ‘ayn).

Cette organisation sera par conséquent composée d’une élite et ne pourra pas se permettre d’intégrer en son sein des personnes qui manqueraient de compétences, de dévouement ou des personnes qui ne seraient pas disposées à prêter main forte pour porter cette responsabilité, ou qui chercheraient un quelconque intérêt personnel dans cette mission.

Non pas par exclusion ou par dédain, mais simplement parce que c’est contraire à l’âme même de cette organisation, c’est contraire à son essence.

Il apparaît clair qu’au sein de cette organisation la qualité dont doivent jouir les membres, prime sur toute autre considération à l’image d’un ordre de médecins qui ne peut accepter que de vrais médecins en son sein et n’y laisse pas de place aux charlatans.

Plus de place nonplus parmi les membres pour les individualistes porteurs de projets personnels, tant qu’il n’y a pas eu de concertation et de décision collective.

Ce sont là les principes et les slogans qu’ont prêchés la plupart des Jama‘at et qui continuent à le prêcher. Mais, qu’en est-t-il de la réalité actuelle par rapport à ces principes fondateurs ?

On n’a pas besoin de trop chercher pour remarquer que certains discours, certains agissements et certaines prises de position, depuis quelques années, nous conduisent à nous interroger s’il n’y pas a eu un dérapage par rapport aux discours initiaux tenus par les premiers.

Les institutions qui jadis étaient des pionnières, ont-elles gardé leur intégrité ?

Les membres dirigeants de ces institutions sont-ils restés fidèles aux principes initiaux ou -peut-être- auraient-ils retourné leur veste ?

Les infrastructures pour lesquelles il y eu tant de sacrifices et d’investissements continuent-elles à servir la cause pour laquelle elles ont été créées avec le même dévouement et la même efficacité, ou ont-elles été détournées pour d’autres fins ? Sont-elles devenues un tremplin pour certaines personnes ayant des objectifs différents et des intérêts personnels ?




De la course aux responsabilités


On peut lire dans le coran Sourate V verset 2

« Entraidez-vous dans l'accomplissement des bonnes oeuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition ! »

D’après ce verset le coran montre que la glissade est très aisée. En effet, quand l’union ne se fait plus autour du service que l’on s’engage à rendre à la communauté, quand l’union ne se fait pas de manière désintéressée, alors, de frères en Dieu, unis pour la cause suprême, on dégénère en groupe de favorisés et de prétentieux. De Jama‘a islamique on se dégrade en Club de vieux copains qui se rendent des services ou pis encore en une espèce de parti politique dont les membres se partagent le pouvoir en se gardant chacun une part du gâteau ; même si l’entente n’est pas totale entre les frères, « les corbeaux ne crèvent pas les yeux aux corbeaux ». Les intérêts mutuels vont faire que chacun va fermer les yeux sur l'autre à condition qu’on le laisse faire ce qu’il veut dans les dossiers qu’il a à gérer.

C’est la connivence négative en quelque sorte pour ne pas dire la complicité.

Le Prophète p.b.s .l. ne dit-il pas : ‘défend ton frère qu’il ait commis une injustice ou qu’il l’ait subie …’? Ces ‘‘faux frères’’ s’arrêteraient à cette moitié de Hadith en l’interprétant bien sûr au premier degré.

Alors qu'ils se réunissaient dans les mosquées autour du Coran dans des cercles d'invocation on retrouve ces frères dans la plupart des cas entrain de parler politique ou carrément des affaires d'ici-bas. La mosquée elle-même devient une tribune politique plus qu’un lieu de recueillement et de spiritualité. Non pas qu'une mosquée ne s'apparente pas à ce genre de discours mais elle n'est pas faite pour qu'il y soit pratiquement le seul discours. Le discours religieux quant à lui est sous traité par une catégorie de gens moins considérée, à savoir les imams.

La guerre pour le pouvoir est déclenchée et « Quand on prend du galon, en n’en saurait trop prendre ».

Les divergences nationalistes émergent.

L’amour en Dieu dégénère en conflits entre frères. « Quand vient la gloire s’en va la mémoire ». On oublie vite le passé, on oublie ce pourquoi on est uni.

Même les cercles d’études « Halaqat » qui initialement sont des cellules de formation sont devenus un lieu de recrutement et non pas un lieu de spiritualité…

Lors des présentations « Ta’arouf » on cherche certains profils : de bonnes poires quelques diplômes et beaucoup d’argent.

Pour peu que quelqu’un soit un peu sûr de lui-même, que sa personnalité soit déjà forgée et qu’il soit un peu libre d’esprit, il est immédiatement rejeté voire médit.

Les jeunes qu’on appelle communément 2ème G ont pour la plupart compris cet entour-loupe, et se refusent à se faire manipuler quitte à se retrouver seuls entre eux … Car ils ressentent que ce n’est pas l’amour qui fait bouger ces gens là et comme le dit si bien le proverbe : « si vis amari, ama » ( il faut aimer pour être aimé ).

La da’wa désintéressée dégénère en un recrutement de supporters.

Heureusement que le mal n’est pas généralisé et qu’il reste quelques fidèles aux principes, quelques hommes sincères qui continuent à sauver les meubles, encore soient-ils conscients de l’exploitation dont ils sont victimes.

Pour certains responsables, le véritable travail ne doit pas se faire dans les mosquées. Pour eux, « la mosquée, c’est dépassé ». Il faut chercher d’autres tribunes (tribune politique, cr(f)cm, média, etc.). La mosquée ne jouit pas de l’importance qu’elle mérite. On nous fait comprendre qu’il faut aller au-delà et aller chercher les musulmans là où ils sont. D’accord tout cela est bien, mais alors la mosquée, (qu’eux-mêmes s’acharnaient pour la construire) c’est pour les m2 des CRCM ? pour le 3ème age ? Et toute l’éducation spirituelle qui doit s’y accomplir c’est pour qui ?

« Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu'il fasse de bonnes actions et qu'il n'associe dans son adoration aucun à son Seigneur. » Sourate XVIII verset 110

« Mais dont sera préservé le très pieux,

Qui donne de son bien pour se purifier

Point ne le faisant en échange de quelque bienfait reçu,

Mais par unique désir de plaire à son Maître le Très-Haut. » Sourate XCII Versets 17 à 20

Tout au début de l’apparition des mosquées en France et tout autour de la population musulmane d’origine essentiellement immigrée, les mosquées étaient gérées essentiellement par des volontaires et à titre gracieux. Toutes, hormis les rares mosquées construites dès le départ par un Etat et dotées d’un budget ; celles-ci faisaient et font encore appel à des professionnels pour les différentes tâches à accomplir en son sein. Vers la fin des années 80, la tâche s’amplifie et la quantité de travail à accomplir va en s'agrandissant, le recours à des cadres salariés à plein temps est devenu une solution incontournable.

Il apparut dans la Jama‘a deux catégories de gens :

· ceux qui sont restés bénévoles désintéressés : ce sont surtout ceux qui avaient déjà un emploi, donc qui étaient financièrement indépendants … et

· ceux qui se sont investis comme des professionnels. Ceux-là n’ont eu qu’un seul pas à franchir. En effet, ils avaient déjà tout donné, la maison leur appartient, et puis qu'à cela ne tienne, ils ne vont pas la laisser à d’autres pour devenir SDF ? et s'ils la quittent « les os seront pour les absents » !.

Ces professionnels occupaient divers postes tels que celui de l'imam, directeur, président, recteur, formateur, moniteur, éducateur, responsable d’accueil, secrétaire, etc. Les bénévoles ont donc pris un peu de recul et les professionnels ou salariés leur ont emboîté le pas parfois de manière un peu excessive : car si en France il est évident qu’il faut séparer les pouvoirs et que celui qui décide doit être toujours quelqu’un de désintéressé, alors que le salarié est censé être chargé de l’exécutif (on parle du travail associatif) … dans la tête de beaucoup de musulmans venus de cultures diverses le cumul des casquettes n’est pas contre indiqué et on a observé dans plusieurs mosquées des professionnels qui prennent toutes les rênes du travail et court-circuitent les bénévoles qui les ont placés à la place qu’ils occupent et leur ont confié cette responsabilité. Nombreuses sont les institutions qui sont tenues par une seule personne qui cumule tous les pouvoirs et tient tous les dossiers à un point tel que ces institutions sont devenues tributaires de cette personne.

La gestion est alors loin d’être démocratique. N’est-il pas alors légitime de comparer cette gestion à celle d’une secte avec un gourou et ses adeptes ? D’autant plus que la gestion d’un lieu de culte ou d’un projet islamique quelconque est loin d’être une fonction dénuée de profit, et le poste d’un Imam ou du Recteur d’une grande mosquée peut tenter plus d’une personne. En effet, le travail islamique peut être pour ceux qui savent s’y prendre une véritable mine d’or : source de fortune, de pouvoir et de prospérité.

D'un autre côté le travail islamique est souvent source d’ennuis, et les sacrifices qu’on est amené à faire sont nombreux : certains frères ont sacrifié leur famille, épouse et enfants, d’autre leur patrie, d’autres leur fortune ou leurs études. Cette situation ne pouvait pas durer indéfiniment et ces sacrifices, s'ils ne donnent lieu à aucun salaire ou s’ils sont accueillis par de l'ingratitude, s'ils sont mal gérés, ils se transforment en de grandes frustrations puis de grandes blessures qu’il devient par la suite urgent de soigner avant que ces frères ou sœurs ne deviennent de véritables cas sociaux. A l’exception de quelques honnêtes frères ou sœurs qui ont voulu garder le bénéfice de leurs bonnes actions auprès de Dieu.

La tentation est grande : « Les affaires faisant les hommes », le basculement du bénévole qui se sacrifie au gestionnaire d’une institution islamique (à la manière d’un homme d’affaire qui fait son business et s’épanouit pleinement dans son travail) peut se faire très rapidement avec par dessus le marché une très bonne conscience.

Qu’advient-il dans ce cas du travail islamique ? Abandonné entre les bénévoles qui se trouvent largués, exploités ou qui fuient la responsabilité par peur de ce sacrifice, d’une part, et les professionnels (très intéressés) qui courent après la responsabilité (pour sous traiter la basse besogne par d’autres personnes innocentes et naïves qu’ils subjuguent, soudoient, manipulent, exploitent et soumettent à leurs quatre volontés) d’autre part ; le travail islamique se retrouve en mauvaise posture.

Il apparaît donc clairement que le travail collectif a besoin de deux conditions pour tenir sur ses jambes :

· Les hauts responsables doivent être complètement désintéressés, indépendants et élus démocratiquement donc potentiellement remplaçables à chaque mandat.

· Les salariés, employés pour des tâches bien précises, avec des contrats bien définis, où la relation entre le législatif et l’exécutif est clairement expliquée.

Le cumul des pouvoirs est une condition sine qua non et directe du travail individuel et intéressé.

Bien que ces règles élémentaires soient des évidences pour toute association relevant de la loi 1901. Certains responsables sont encore loin de les comprendre ou de vouloir les comprendre.

La même personne ne doit en aucun cas être à la fois le responsable cultuel, le responsable administratif, et le responsable financier et cela que ce soit officiellement ou officieusement. Certaines associations sont prises en otage par des responsables car ces derniers détiennent tous les dossiers et plus particulièrement le fichier des sponsors et des donateurs. Plus personne ne peut alors leur reprocher d’embaucher qui ils veulent et de licencier qui ils veulent. Ils n’ont de compte à rendre à personnes puisque les attaquer reviendrait à attaquer tout le projet qui leur a été confié. Personne ne peut contester ou vérifier les rapports qu’ils présentent au CA ou à l’AG de l’association.

On pourrait répliquer que certains centres, mosquées ou écoles coraniques qui sont des entreprises individuelles ou familiales font de l'excellent travail et rendent d'énormes services à la communauté musulmane. La réponse est qu’en soi de pareilles initiatives personnelles sont en effet bénéfiques pour la communauté et sont à encourager. Le mal réside dans le fait que certaines d’entre elles proviennent de détournement de projets initiaux très ambitieux et pour le bien commun.

Quand on applique la règle du chacun pour soi, on est très loin de l'objectif initial ambitieux qui devait permettre de soulever des montagnes.

Si cette tendance se généralise cela s'apparente aux petits Royaumes de taifas d'Andalousie (Moulouk Et-Tawa'if) dont les ennemis n'ont fait qu'une bouchée.

Si on mettait bout à bout tous les investissements humains et financiers dégénérés on aurait de quoi fonder plus d’une école privée pour musulmanes exclues et privées de leur droit à l’éducation. Les moyens existent mais leur gestion n’est pas couronnée de Barakah.

Dans le contexte actuel de chômage et de rareté de l’emploi plusieurs frères ou sœurs qui ont raté leur vie privée, leurs études ou leur vie professionnelle se sont rabattus sur le travail islamique pour en faire leur gagne pain. Ils s’y sont épanouis et ils en tirent maintenant toute leur personnalité. Malheureusement ils ont gardé leur médiocrité qui était la cause de leur vie initialement ratée, sauf que là ils sont les seuls maîtres à bord.

Le Prophète n’a t il pas interdit que les mosquées soient un lieu de négoce ou de profit ?

« Si vous voyez quelqu’un qui vend ou qui achète dans la mosquée dites : ‘‘qu’Allah ne te fasse pas profiter de ton commerce ! ’’ … » (cité par Tirmidhi mort en 279 de l’hégire).

Combien de frères ont fait leurs orges en organisant le pèlerinage à La Mecque à partir des mosquées qui leur ont été confiées? Combien d’autres ont créé des écoles privées ou de grand institut et en ont fait des entreprises privées en détournant le projet communautaire qui leur a été confié sans que personne ne puisse avoir le droit de regard sur ce qu’ils y font ? D’autres ne se sont-ils pas emparés des projets de librairie islamique initialement source de financement d’associations islamiques pour en faire des projets exclusivement personnels ? Et maintenant on se retrouve avec de hauts responsables qui cherchent des subterfuges, qui sont obligés d’inventer trente six milles ruses pour faire croire que financièrement ils sont indépendants et pour arranger les élections et garder leur poste qui n’est rien d’autre que leur moyen de subsistance et quel moyen !

Pourquoi les grandes organisations, même celles qui font de l’humanitaire en manipulant de très grosses sommes -qu’elles ramassent d’ailleurs lors des collectes qu’elles font dans les mosquées- ne jouent-elles pas la transparence et ne disposent pas de commissions de contrôle indépendantes ?

Croyez-vous sinon, qu’un responsable se risquerait lors d’une AG à présenter un rapport moral ou financier dans lequel il va dénoncer un quelconque dysfonctionnement et qui remettrait en question son propre poste dans l’association ? Qui mettrait en péril sa source de subsistance ? Non ! bien sûr. On n’aura droit qu’à des rapports moraux ou financiers écrits à l’eau de rose et qui cachent les horreurs comme un mauvais commerçant qui cache les défauts de sa marchandise.

N’est ce pas pour fuir ce genre de magouilles que patrie, famille et fortune ont été sacrifiées pour venir immigrer en France ?

Alors pourquoi reconduire un mode de fonctionnement similaire à celui qu’on reproche aux faux démocrates qui gouvernent nos pays arabo-musulmans ?