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Sur le vif

La Syrie retirée de la liste noire américaine du terrorisme, une avancée portée par la France

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 26 Août 2026

           


Washington a officiellement rayé la Syrie de sa liste des États soutenant le terrorisme, un statut qui pesait sur Damas depuis 1979. La décision, actée lundi 24 août par le département d'État après une période obligatoire de 45 jours d'examen du Congrès, lève ce que le quotidien d'Etat syrien Al-Thawra qualifie de « dernier obstacle juridique » à des relations normalisées avec le reste du monde.

La présence de la Syrie sur cette liste noire, remontant à l'ère de Hafez el-Assad, avait atteint son apogée après le déclenchement de la guerre civile en 2011. Depuis la chute du régime de Bachar el-Assad fin 2024, les sanctions ont été progressivement démantelées.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a estimé que cette mesure « élimine les derniers grands obstacles à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorise la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale ». Le président syrien par intérim, Ahmed al-Charaa, a de son côté salué une décision qui « efface une tache sombre » pesant sur son pays, affirmant que la Syrie « tourne la page douloureuse de son passé pour s'engager sur la voie du développement et de la reconstruction ».

Le ministère syrien des Affaires étrangères a qualifié ce geste de « jalon historique », tandis que la Turquie, principal soutien des nouvelles autorités de Damas, a salué le « nouvel élan » donné au rapprochement de la Syrie avec la communauté internationale.

Cette levée de sanctions s'inscrit dans un rapprochement diplomatique auquel Paris a activement contribué. Emmanuel Macron avait été, dès mai 2025, le premier dirigeant occidental à recevoir Ahmed al-Charaa à l'Élysée, lui promettant alors de faire pression sur l'Union européenne et les États-Unis pour obtenir la levée des sanctions paralysant le pays.

Ce rapprochement a culminé en juillet 2026 avec une visite historique du président français à Damas, la première d'un chef d'État français en Syrie depuis 2008, et la première d'un principal dirigeant occidental depuis la chute d'Assad. Accompagné d'une délégation d'entrepreneurs et d'investisseurs, Emmanuel Macron s'était affiché aux côtés d'Ahmed al-Charaa dans un restaurant du vieux Damas puis à la mosquée des Omeyyades, avant d'écrire dans le livre d'or : « En ces jours incertains pour la région, la Syrie renaît grâce à son peuple, à travers son unité et son goût pour l'avenir. Et la France est là, à ses côtés. » La visite, qui avait été perturbée par deux explosions près de l'hôtel où avait séjourné Emmanuel Macron, se voulait un signal fort de soutien à la transition politique et économique syrienne, dans une région où la France entend retrouver un rôle d'influence historique.

Si le retrait de la liste noire ouvre la voie à une réintégration économique et financière plus large, le journal Al-Thawra prévient lui-même que cette décision ne fait pas disparaître « les défis qui subsistent ». La reconstruction du pays, dont le coût est estimé par la Banque mondiale à plus de 216 milliards de dollars, nécessitera encore la mise en place d'un système financier fiable et d'institutions capables de restaurer la confiance des investisseurs internationaux.

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