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Sur le vif

L’idée d’un retour du voile à l’école « évidemment » rejetée

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 13 Décembre 2013



L’espoir qu'aurait pu susciter chez la communauté musulmane un rapport préconisant l’autorisation du voile à l’école aura été de courte durée. Aussitôt rendu public, vendredi 13 décembre, ce rapport établi dans le cadre de la refondation de la politique d’intégration a suscité la polémique poussant le Premier ministre a écarter immédiatement cette possibilité.

Les idées émises par les auteurs de ce rapport, de revenir sur la loi du 15 mars 2004 relative à l’interdiction des signes religieux à l’école ou encore d’y enseigner des langues comme l’arabe ont suscité un tollé à l’UMP, qui avait lancé un débat sur l'identité nationale en 2009 et un débat sur la laïcité en 2011.

Dans une allocution filmée, Jean-François Copé a fustigé un rapport « dangereux pour notre République ». Il « est en rupture totale avec notre vision de l’assimilation républicaine », a-t-il clamé. Selon lui, ce rapport « érige le communautarisme comme nouveau modèle pour la France ». « Les signes religieux ostensibles n’ont pas leur place dans une salle d’école publique », a encore assuré Jean-François Copé, qui ne « peux pas accepter que notre langue à tous, le français, soit enseigné au même titre que les autres langues du monde entier ».

Ce n'est pas « à la France d'abandonner sa culture, ses valeurs, sa langue, son histoire et son identité pour s'adapter aux cultures des autres » mais aux « immigrés d'adopter la culture française » fustige le président de l'UMP. Selon lui, à l’approche des élections municipales, cela fait partie d’une « triste stratégie électoraliste » de la gauche qui « agite des chiffons rouges pour faire monter le FN et affaiblir l'UMP ».

« Le rapport sur la politique d'intégration remis au Premier ministre s'inscrit dans la logique d'une France communautarisée et désunifiée », a réagi de son côté, sur Twitter, son ancien adversaire à la présidence de l’UMP, François Fillon. Ce rapport est « scandaleux », a surenchéri Eric Ciotti, député UMP des Alpes Maritimes. Quant à la présidente du Front national Marine Le Pen, ce rapport est tout simplement « une dangereuse provocation ».

Dans les rangs de la gauche aussi, ce rapport a fait grincer beaucoup de dents. Face au tollé suscité par les préconisations, le Premier ministre a choisi de couper court à la polémique en assurant qu'il ne voulait « évidemment pas » réintroduire les signes religieux à l'école. « Jean-François Copé est un irresponsable et un menteur parce que faire le procès au gouvernement de la République que je dirige que nous voudrions abandonner le modèle républicain d'intégration, celui des droits et des devoirs, celui de la République démocratique laïque et sociale, c'est une injure. Je le prends comme tel et je ne laisserai pas passer ce qui est en train de se faire », a déclaré Jean-Marc Ayrault devant la presse à l'Hôtel Matignon.

« Ce n'est pas parce que je reçois des rapports que c'est forcément la position du gouvernement », a poursuivi le Premier ministre. Jean-François Copé « va jusqu'à dire que nous voudrions réintroduire les signes religieux à l'école, le voile à l'école. Mais de quoi parle-t-il ? Est-ce qu'on a dit ça une fois ? A-t-on cette intention ? Evidemment pas. Moi-même, j'ai voté pour la loi interdisant les signes religieux à l'école », a-t-il martelé.

Sa position n'a rien de surprenant car le gouvernement socialiste, et la gauche plus globalement, affiche une fermeté au sujet du hijab. Le Président de la République, en personne, avait même émis l’idée d’une loi interdisant le port du voile pour les salariés travaillant dans des établissements de la petite enfance avant que l'idée n'ait été écartée par l'Observatoire de la laïcité.

A gauche comme à droite, sur cette question, l'exclusion comme consensus reste d’actualité au détriment des musulmanes discriminées.

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