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Points de vue

L’UOIF et l’organisation de l’islam de France

Rédigé par Mom Nicolas | Lundi 14 Avril 2003

La consultation, pour certain c’est un premier pas vers la reconnaissance de l’Islam de France, pour d’autre une régression vers le colonialisme. Le CFCM reste inconnu pour beaucoup de gens, la méconnaissance est accrue pour ce qui concerne les enjeux de la mise en place du CFCM. Nous nous sommes donc intéressés à l’une des organisations clefs du CFCM.



La consultation, pour certain c’est un premier pas vers la reconnaissance de l’Islam de France, pour d’autre une régression vers le colonialisme. Le CFCM reste inconnu pour beaucoup de gens, la méconnaissance est accrue pour ce qui concerne les enjeux de la mise en place du CFCM. Nous nous sommes donc intéressés à l’une des organisations clefs du CFCM

 

Parmi l’ensemble des acteurs du CFCM, une grosse fédération, connue de tout musulman, est incontournable. Suscitant à la fois admiration et crainte, l’UOIF (l’Union des Organisations Islamiques de France) occupe l’une des deux vice-présidences du Conseil Exécutif du CFCM. L’autre vice-présidence étant occupée par la FNMF (Fédération nationale des musulmans de France) et la présidence par Dalil Boubakeur recteur de la mosquée de Paris. L'UOIF est une organisation regroupant nombre d’associations musulmanes sur l’ensemble du territoire français qui s’est engagée dés les débuts au sein de ce qui allait donner le CFCM…

 

« Le CFCM ne représente pas les musulmans »

Face aux dissidents du CFCM, l’UOIF est claire quant à la représentativité des musulmans.

« Le CFCM se veut avant tout représentatif du culte musulman et non des musulmans » nous explique Lhaj Thami Breze, le président, muni d’une fine barbe blanche, calme et posé.

Eclaircissement qui n’est pas sans importance… « A chaque initiative vous ne pouvez pas amener tout le monde, » déplore-t’il. Sur 1300 associations musulmanes, 1027 ont accepté le principe du Conseil. Quant aux autres dissidents, selon Lhaj Thami Breze, il y a ceux qui n’ont pas compris le principe, et ceux qui ne sont pas directement concernés.  « Les mouvements comme JMF (Jeune Musulman de France) ou UJM (Union des Jeunes Musulmans) ne sont pas concernés parce qu’ils ne possèdent pas des lieux de cultes,» ajoute-t’il.

 

 

Un CFCM, mais pour quoi faire ?

Des affaires de foulard, à la viande Halal, en passant par des mosquées et des centres de formation des imams, le CFCM aura pour principale tâche de mettre en place un « cahier des charges ». «  Une initiative comme l'IESH (Institut Européenne des Sciences Humaines) basée à Château Chinon, et à St Denis  et autres, seront confrontées à un cahier des charges … Quand le CFCM verra que le cahier des charges est respecté par ces initiatives, il pourra donner son agrément. Reconnu par le CFCM, il s’inscrira ainsi dans le cadre des droits et devoirs, et va bénéficier de tout l’arsenal juridique de la loi 1905. Comme le statut de l’imam… »

 

Vers un Islam de France… 

Lorsque l’on parle de l’Islam de France, plusieurs problématiques interpellent directement la population ou les médias français. Comme le financement des centres culturels et des mosquées… « Les musulmans ont le droit aussi d’aller chercher auprès de leurs frères, de leurs sœurs dans le monde entier de l’argent. Pourquoi nous priver ? Ce n’est pas un crime, ce n’est pas anti loi pour aller chercher dans un monde qui devient petit et vous ne pouvez pas empêcher la solidarité entre les gens », s’exprime Lhaj. Tout en soulignant le caractère transparent de toutes les transactions financières qui ont lieu et qui passent par la banque de France, Lhaj insiste aussi sur le fait que l’argent accepté  doit se faire sans contre partie, avec une indépendance totale, ni condition idéologique ni condition politique.

« Mais en même temps nous développons nos propres ressources et lors de notre dernière assemblée, notre trésorier a dit que nous étions arrivés à 65% d’autofinancement. Et nous continuons cette politique », ajoute t’il en parlant de l’UOIF.

Quant à l’aspect beaucoup plus philosophique d’un Islam de France, selon Lhaj, l’islam de France doit se libérer de toutes les lectures liées aux traditions pour aller directement se lier aux textes sacrés. « Dans l’Islam de France nous avons trois composantes : Le Divin, L’humain qui est sujet à la critique, Le muable et l’immuable ( le muable c’est ce qui change). Et il y a beaucoup de possibilités de faire adapter notre religion au contexte français dans sa spécificité. Une lecture permettant aux musulmans de pratiquer sa religion, de vivre sa spiritualité sans pour autant percuter la société. Nous sommes interpellés, amenés à faire ce qu’on appelle l’Ijtihad, c'est-à-dire l’effort intellectuel pour adapter les textes à notre contexte pour une religion qui est universelle et qu’Allah a envoyée pour tous les êtres humains. »