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Sur le vif

Aymeric Caron faussement accusé d'antisémitisme

Rédigé par La Rédaction | Lundi 5 Mai 2014



Aymeric Caron faussement accusé d'antisémitisme
Accusé d’antisémitisme par Alexandre Arcady depuis une semaine, Aymeric Caron est revenu, samedi 3 mai, sur cette polémique qu’il vit « très mal », dans l’émission de Thierry Ardisson « Salut les terriens », et a donné sa version des faits.

Le ton est rapidement monté lors du tournage de l'émission « On n’est pas couché » du vendredi 26 avril entre Aymeric Caron et Alexandre Arcady, venu présenter son dernier film, 24 jours, la vérité sur l'affaire Halimi. Une dispute, dont la séquence a été coupée au montage, a opposé les deux hommes.

Selon Alexandre Arcady, qui a évoqué la séquence le 28 avril sur RMC, Aymeric Caron aurait fait un parallèle entre les enfants palestiniens tués par les soldats israéliens et les victimes de Mohamed Merah. Des « raccourcis absolument abjects », a souligné le cinéaste. « La chose la plus extravagante, c’est qu’on parle d’un crime antisémite en France, d’un jeune Français, et que ce monsieur vient avec des affirmations d’un antisionisme et d’un anti-Israël tellement caricaturales », a-t-il poursuivi.

« A aucun moment, je ne justifie l'injustifiable »

Sur le plateau de « Salut les terriens », Aymeric Caron n’a nié ni l’altercation, ni que la séquence ait été coupée au montage. « Le film parle de l'affaire Halimi. Ensuite Arcady a parlé de l'affaire Merah. On a donc eu une discussion sur cette affaire Merah qui a ensuite dérivé sur le conflit israélo-palestinien. Natacha (Polony) a parlé du conflit, des conséquences que ce conflit pouvait avoir sur la montée de certains phénomènes, d'antisémitisme, de racisme en général. Bon, c'est vrai qu'on s'est rendu compte qu'à un moment, peut-être, on s'éloignait du sujet de départ », a-t-il reconnu.

Mais il dément catégoriquement les accusations du cinéaste : « Je tiens à être extrêmement clair là-dessus. Contrairement à ce qu'Arcady a pu entendre ou vouloir comprendre, à aucun moment, à aucun moment dans cette séquence, je ne justifie l'injustifiable, l'innommable, à savoir le meurtre d'un juif, la torture, le meurtre d'Ilan Halimi qui est inexcusable. » Avant d'expliquer : « Je n'ai fait que souligner quelque chose que je regrettais, que je dénonçais, à savoir que le conflit israélo-palestinien, la mort d'enfants palestiniens étaient utilisés, récupérés par certaines personnes pour aller justifier l'injustifiable. C'est exactement ça que j'ai dit. »

Critiquer Israël n'est pas synonyme d'antisémitisme

L'animateur, dernièrement défendu par Laurent Ruquier, s’est dit « meurtri » par les accusations dont il a fait l’objet, alors qu'il se trouve érigé en symbole du « nouvel antisémitisme » qui régnerait en France. « Etre accusé moi d'antisémitisme, moi qui me bats depuis des années, que ce soit dans mon métier ou dans ma vie personnelle contre ça. Mon dernier livre, c'est justement un cri contre la montée du racisme, que ce soit l'antisémitisme, l'islamophobie. (...) Me retrouver moi, désigné, pointé du doigt, pour ce que je ne cesse de dénoncer, je le vis très mal », dit-il encore.

Si France 2 n'avait pas opéré de censure (effectuée à la demande d'Alexandre Arcady), l'affaire aurait sans doute pris une tout autre tournure : les téléspectateurs auraient pu se faire une opinion plus juste de la teneur des propos des intervenants. Les fausses accusations d'antisémitisme adressées à Aymeric Caron révèlent combien la critique de la politique d'Israël est délégitimée en France, avec l'aide de ses plus fervents défenseurs (Arcady compris), pour mieux la taire.

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