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Sur le vif

Un « jihadiste » rentre de Syrie, la cigarette lui manquait

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 13 Novembre 2014



Un « jihadiste » rentre de Syrie, la cigarette lui manquait
Le jihad, une notion toujours aussi bradé par les réseaux intégristes pour recruter auprès d'une jeunesse désœuvrée. Flavien Moreau est le premier « jihadiste » de retour de Syrie à avoir été jugé et condamné en France. En signe de fermeté des autorités, le tribunal correctionnel de Paris a condamné, jeudi 13 novembre, ce jeune homme de 28 ans à sept ans de prison ferme, le maximum de la peine requise lors de son procès en octobre dernier.

L'homme d'origine sud-coréenne, adopté à deux ans par une famille nantaise, n'était pas présent dans le box à la lecture du jugement. A son procès, s’était dessiné le portrait d'un jeune adulte au parcours chaotique, qui a basculé adolescent dans la délinquance, accumulant 13 condamnations, dont vol avec violence et vol avec arme, rapporte l’AFP. Converti à l'islam, il s'est rapidement radicalisé avant de rejoindre la Syrie.

Flavien Moreau n'a pas nié son séjour devant les juges : il l'avait raconté, sous le nom de guerre de « Abdel Fattah », à un journaliste suisse rencontré en Turquie, qui l'avait rapporté dans un article du quotidien Le Temps sous le titre « Les premières armes d'un jihadiste » en novembre 2012. Pour anecdote, l’apprenti « jihadiste » expliquait avoir été inspiré par le livre Jihad : Expansion et déclin de l’islamisme de Gilles Kepel dans son cheminement... C'est cet article qui attirera l'attention des services de renseignements sur le Nantais, placé alors sur écoute avant son interpellation en 2013.

Face au manque de cigarettes, il révise sa détermination

Pendant son séjour, il affirme n'avoir pris part à aucun combat, avoir fait « seulement de la surveillance, un peu de police, surveiller la katiba (un commando, ndlr), les frères ». Il concède avoir appris le maniement de son pistolet-mitrailleur, quelques rudiments d'art militaire, comme comment se déplacer à la façon des commandos, mais rien d'autre. « L'arme, c'était pour me défendre, c'est normal », avait-il plaidé.

« En fait, je ne suis resté qu'une dizaine de jours », a-t-il assuré. « J'ai eu beaucoup de mal à ne pas fumer, parce que fumer c'était interdit dans la katiba. J'avais emporté des Nicorettes, mais ça n'a pas suffi. Alors j'ai laissé mon arme à mon émir et je suis parti. » Une raison qui ne manque pas de surprendre mais la vérité est « plus effarante » selon Europe 1 : « En réalité, Flavien a été mis à la porte de son bataillon à cause de son absence de talent dans le maniement des armes. L'incompétence du Français, totalement novice en la matière, faisait même peur à ses instructeurs. »

Après son retour en France où il déclare avoir « prévu d'acheter une cigarette électronique », il a ensuite tenté de repartir en Syrie mais il est finalement interpellé en janvier 2013.

Jugé dans la même affaire pour avoir entretenu une correspondance avec Flavien Moreau et avoir reçu de lui de l'argent, sans partir en Syrie, Farid Djebbar, 26 ans, a été condamné à quatre ans de prison, dont 18 mois assortis d'un sursis.