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Points de vue

Pourquoi la sourate Al-Fatiha est appelée « les sept répétés »

Plongée au cœur de la Fatiha

Rédigé par | Lundi 26 Avril 2021 à 11:25

           


Pourquoi la sourate Al-Fatiha est appelée « les sept répétés »
La sourate Al-Fatiha est centrale dans l'ésotérisme coranique. Une approche que l'orthodoxie musulmane rejette au point qu'elle l'ignore souvent. Enfant, Mère me faisait réciter cette sourate tous les soirs au moment d'aller au lit. C'était son antidote spirituel contre mes cauchemars d'enfant. Ça remonte à loin, j'ignore si ça fonctionnait vraiment. Je n'ai jamais vu ces anges qui montaient la garde autour du lit mais je savais qu'ils étaient là, qu'ils veillaient mon sommeil. Je suis devenu père, et voilà que je convoque la Fatiha contre les cauchemars de ma fille. Mais elle veut comprendre.

Je dis : « Chaque mot du Coran est une parole de Dieu. Il est venu sur Terre, dans l'énergie humaine, pour nous guider. Si tu penses fort à Dieu en récitant la Fatiha, tu peux dormir tranquille. La Fatiha est ton "bouclier de lumière" contre les sorcières qui habitent les cauchemars. »

Merci à la série télé Les Winx où j'ai découvert le bouclier de lumière qui protège les gentils contre les méchants. J'ignore si ma fille me croit. Je sais que ça fonctionne. Faire ses ablutions et réciter la Fatiha avant de se coucher est une thérapie qui a sa place dans un bon cours de pédiatrie islamique.

Une approche arithmétique du Coran

Dans l'approche ésotérique du Coran, la Fatiha est Celle qui protège, Celle qui soigne et qui guérit. Elle est aussi la sourate qui ouvre les portes, au sens propre, au sens figuré. S'il y a un secret, je le vois dans l'arithmétique. Oui, dans ce domaine de l'algèbre qu'on appelle arithmétique.

Ces mots, algèbre et arithmétiques, ont leurs racines dans « la période arabe » des mathématiques, quand certains musulmans portaient un élan spirituel dans l'étude des sciences pendant que d'autres portaient leurs convictions au reste du monde. Ces premières générations ont mondialisé l'islam.

Le Coran se révéla apte à épouser les traditions des peuples conquis. Parce que la conversion n'était pas forcée, les gens ont parfois adopté l'islam sans renoncer à toutes leurs pratiques religieuses. Une aubaine pour les mystiques de tout bord. Une énigme cependant pour les orthodoxies musulmanes.

Ainsi, l'ésotérisme musulman fait penser à la kabbale juive. En concaténant les savoirs des nombres et les versets coraniques, l'ésotérisme creuse le sillon de la mystique musulmane. Pour que le Coran se prête à cette approche arithmétique, ils ont codifié algébriquement l'alphabet arabe.

Ce codage est l'alphabet de la « science des lettres ». Un ensemble de données qu'on peut qualifier d'axiomes (des propositions admises sans démonstration) à partir desquels on élabore toute une « science ». Chaque lettre porte une force, une puissance propre exprimée en nombre. De là, les spéculations algébriques deviennent possibles.

A coup de chiffres et de nombres, l'ésotérisme dépasse le sens discursif des versets coraniques. Ce sens ordinaire du tafsir, l'exégèse du Coran, est alors qualifié de « sens apparent », par opposition au « sens caché » ou sens profond qui porte la puissance mystique du verset.

Un code mystique pour la Fatiha

Parce qu'elle est Celle qui ouvre, la Fatiha est la porte d'entrée aux mystères du Coran. Son propos n'est que codes. Un code géant, mystique, tend les bras à l'ensemble du Livre. Le nombre de mots, le nombre de lettres, de versets. Tout est mobilisé pour faire jaillir les codes pour les initiés.

Ce code mystique de la Fatiha commence avec le chiffre 7. C'est le nombre des versets. Le nombre de jours de la semaine, le nombre de strates des cieux, le nombre de couches de la Terre. Ce 7 est aussi le nombre d'évocations de Dieu dans la sourate Al-Fatiha. Le français ne permet d'en reconnaître cinq ou six. Le septième, plus subtile, relève d'une nuance de la langue arabe où le A peut être long ou court dans le mot Malik. Le sens renvoie toujours à Dieu l'Unique.

La sourate Al-Fatiha est la seule sourate que le Coran dissocie du reste de son discours. Il le fait sous le coup d'un nom algébrique. Sourate 15, verset 87, en évoquant les bienfaits accordés au Prophète, « Nous t'avons certes donné les sept répétés et le Coran sublime », dit le Coran.

Au-delà de la dénomination des « sept répétés » devenue populaire, l'analyse ésotérique porte sur le 7 à travers tout le Coran. Les occurrences de 7 ainsi que ses multiples sont recherchés dans la Fatiha. On signale qu'il faut 21 lettres différentes pour écrire la sourate. Et 21 est égal à 7 x 3.

S'il y a code caché, il ne peut ignorer le nom de Dieu. On étudie donc « Allah » à travers la sourate mais sous un angle ésotérique. Il faut trois lettres pour écrire Allah en arabe. Le A, le L et le H. On les dénombre dans la sourate. On trouve en tout 49 lettres qui correspondent à 7 X 7.

La recherche du code 7 peut être de haut vol quand on s'intéresse aux mots qui terminent chaque verset et le relie au suivant. On compte le nombre de ses lettres, un chiffre compris entre 5 et 8. En disposant ces sept chiffres dans l'ordre, on obtient un nombre à sept chiffres : 7865676. Un cerveau ordinaire a besoin de calculatrice pour voir qu'il s'agit de 7 x 7 x 7 x 7 x 7 x 468.

Le sens est ésotérique

Quel sens faut-il accorder à ces observations ? La réponse relève des cercles d'initiés. Elle peut être diabolique ou angélique. Mais le rapport de concordance est établi par le fait que la Fatiha est la première sourate du Coran, comme le 7 est le premier chiffre qui apparaît dans le Coran. Prenant les sept répétés à la lettre, les itérations de 7 et des multiples de 7 sont recherchées dans tout le Coran.

Pour s'en tenir à la Fatiha, la réciter un nombre impair de fois est un remède qui protège du poison selon la thèse ésotérique. Onze Al-Fatiha ou une fois la Fatiha avant de manger, et le poison de l'aliment n'a aucun effet. Certitude exotérique à coup de hadiths prophétiques ou d'expériences vécues.

J'ai le témoignage d'un ami, coach de basket-ball, gros amateur de cigares. Je le croise à Paris, à la sortie du stade. Je peine à le reconnaître parce qu'il n'a pas de cigare. J'apprends qu'il est musulman. En cours d'initiation, on lui parle de « onze fois la Fatiha ». Coach a suivi le conseil. Le lendemain, « pour la première plusieurs fois depuis de longues années, dit-il, je n'ai pas eu envie de cigares ».

Que Dieu vide nos cœurs de toute haine. Qu'Il nous rapproche de ce qui nous rapproche de Lui et nous éloigne de ce qui nous éloigne de Lui. Il est la Lumière de la lumière ; Celui qui tire la vérité du mensonge, Celui qui tire la vie de la mort. Que Sa paix et Sa miséricorde comblent le Prophète Muhammad (PBSL). Que Sa lumière remplisse nos cœurs !

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Diplômé d'histoire et anthropologie, Amara Bamba est enseignant de mathématiques. Passionné de... En savoir plus sur cet auteur