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Sur le vif

Chine : huit Ouïgours condamnés à la peine capitale

Rédigé par La Rédaction | Mardi 9 Décembre 2014



Une des affiches placardées en Chine assimilant les Ouïgours à des terroristes et qui vient renforcer les stéréotypes contre la minorité musulmane..
Une des affiches placardées en Chine assimilant les Ouïgours à des terroristes et qui vient renforcer les stéréotypes contre la minorité musulmane..
Un tribunal d’Urumqi, la capitale du Xinjiang, a condamné huit Ouïgours à la peine de mort, lundi 8 décembre, pour leur implication présumée dans deux attaques qui avaient fait une quarantaine de morts aux mois d’avril et de mai dernier.

Cinq autres accusés ont été condamnés à la peine capitale avec sursis, une peine généralement transformée en prison à vie. Les médias chinois n’ont révélé les noms que de quatre des huit condamnés à mort, sans donner de détails sur leur parcours et leur rôle dans les attaques, comme souvent lors de condamnations à mort. Le Congrès mondial ouïgour a dénoncé un procès où les prévenus « n’ont bénéficié d’aucun moyen équitable pour se défendre ».

Le 30 avril, au terme d’une visite du président Xi Jinping, un attentat à la bombe et au couteau à la gare d’Urumqi avait fait trois morts (dont deux assaillants) et 79 blessés. Moins d’un mois après, le 22 mai, une attaque sur un marché très fréquenté de la capitale du Xinjiang avait provoqué la mort de 43 personnes, dont quatre des auteurs, et fait plus de 90 blessés.

Pékin multiplie les mesures de répression ces dernières semaines dans le Xinjiang, alors que les attaques attribuées aux séparatistes ouïgours se multiplient. Les prières ont récemment été interdites dans les bâtiments publics, les écoles et les entreprises, et des imams ont été emprisonnés.

Le pouvoir chinois a annoncé le recrutement de 3 000 jeunes pour sécuriser Urumqi. Formées par l’armée, les recrues devront prouver qu’ils sont « contre le séparatisme et les activités religieuses illégales ». Dans le Guangxi, une province du sud-est de la Chine, des affiches assimilant les Ouïgours à des terroristes sont placardées depuis plusieurs mois sur les murs des principales villes. Cette campagne vient ainsi renforcer la méfiance et la peur envers la minorité musulmane, qui dénonce régulièrement les persécutions des autorités chinoises.

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