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Sur le vif

Centrafrique : un an de violences meurtrières

Rédigé par La Rédaction | Mardi 25 Mars 2014



Le 23 mars 2013, le président de la République centrafricaine François Bozizé est renversé par la Séléka composée principalement de musulmans. Ce coup d'Etat qui porta au pouvoir Michel Djotodia signa le début du chaos pour le pays. Un an après, la situation est terrible. Après les chrétiens, les musulmans sont désormais les cibles de violences extrêmes.

Des fusillades ont encore éclaté, lundi 24 mars, dans les quartiers nord de Bangui. Le week-end précédent, des violences ont fait au moins 15 morts selon la Croix-Rouge. Dimanche, un convoi des militaires a même été pris pour cible. « L'attaque par des inconnus armés a eu lieu hier soir vers 19 h 30, près du monument Ali Bongo, à Bangui, blessant grièvement un agent des finances de la Misca et une infirmière », a précisé la force africaine (Misca).

« La situation humanitaire et sécuritaire est très grave, insupportable pour les musulmans qui restent dans le sud-ouest (de Centrafrique) et à Bangui. Il y a une vingtaine de poches dans le pays avec 15 000 personnes en danger. On doit réfléchir à les évacuer », déclarait, vendredi 21 mars, Peter Bouckaert, le directeur Urgences de l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Ces derniers mois, les organisations humanitaires et l'ONU n'ont eu de cesse d'alerter sur le sort réservé à la communauté musulmane pourchassée par les milices chrétiennes anti-balaka qui veulent se venger des exactions commises par la Séléka lorsqu'elle était au pouvoir.

Les soldats français de la force Sangaris présents dans le pays depuis décembre 2013 n'arrivent pas à contenir les violences des anti-balakas. L'Europe ayant les yeux rivés sur la crise ukrainienne, la force européenne d'appui se fait attendre. Une centaine de soldats européens manque toujours à l'appel pour lancer l'opération qui devait commencer la semaine dernière. Le déploiement de 12 000 casques bleus a également été réclamé par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Le pays dirigé depuis deux mois par la présidente de transition Catherine Samba-Panza n'est pas prêt de sortir de la crise.

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