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Cinéma, DVD

Abou Leila : un thriller psychologique envoûtant

Rédigé par Assmaâ Rakho-Mom | Vendredi 26 Juin 2020 à 11:00

« Abou Leila », le premier long-métrage du réalisateur algérien Amin Sidi-Boumediene, plonge le spectateur dans la réalité, violente, de la décennie noire en Algérie. Un film captivant où les frontières entre la réalité et les hallucinations sont parfois poreuses.



Alger, 1994. Deux amis d’enfance, Lotfi et S., parcourent le désert algérien à la recherche d’Abou Leila, un terroriste dangereux. S. a une santé mentale fragile et Lotfi n’a qu’une envie : l’éloigner d’Alger. Mais plus ils s’enfoncent dans le désert plus ils vacillent et doivent affronter leurs propres démons, leur propre violence.

Dès la première scène, le réalisateur nous met le nez dans l’époque, violente, vacillante. Un homme assassine maladroitement un avocat, et réussit à s’enfuir. Et immédiatement, on embarque dans une voiture avec Lotfi et S. Où va-t-on ? On ne le sait pas mais on attend, on est suspendu aux images, aux paysages qui se font de plus en plus irréels, aux scènes qui ne cessent de nous désorienter.

Un film qui maintient le spectateur sous tension

Abou Leila est un film qui nous perd pour mieux nous rattraper, qui nous déstabilise pour mieux nous secouer. Les décors sont mouvants. La voiture dans laquelle on embarque avec Lotfi et S. nous brinquebale de lieux improbables en bleds paumés. Les plans successifs placent les deux personnages dans une immensité qui nous engloutit.

Regarder Abou Leila est une expérience. On n’en ressort pas indemne. La violence y est omniprésente. La tension ne nous quitte pas. Les silences, nombreux, nous oppresse. On s’accroche à la moindre parole pour comprendre pourquoi un tel périple. Le film est construit comme une hallucination. Il fait écho à l’époque dans lequel est placée l’action. La décennie noire apparaît comme une période trouble, elle plonge le pays dans une folie collective. La mort est partout, les images de cadavres sur tous les écrans.

Abou Leila nous laisse interdits, suspendus. Empreint de surréalisme, le film explore la violence et ce qu’elle fait sur les hommes. Il montre l’empreinte implacable qu’elle laisse dans son sillage. Plus de deux heures sur les traces de deux hommes que brise la fureur des leurs. Un film long mais excellemment habité et habilement perturbant.

Abou Leila, d’Amin Sidi-Boumediene
Algérie, France, Qatar, 2h13
Avec Slimane Benouari, Lyes Salem, Azouz Abdelkader, Fouad Megiraga, Meryem Medjkane
Sortie en salles le 15 juillet 2020

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1.Posté par Premier Janvier le 03/07/2020 19:47 | Alerter
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Ha le désert! Les iles désertes!
On en rêve. On en fait des romans, des films, des penchants spirituels, on en est fasciné et effrayé. On en est fasciné parce que l'on en est effrayé et inversement.
L'homme est en vérité je crois fasciné par lui même.
L'homme sait de l'homme qu'il a besoin de l'homme et tout son problème est là.

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