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Société

Grenelle de l’animal : l’étourdissement post-mortem dans l’abattage rituel envisagé

Rédigé par Anissa Ammoura | Vendredi 23 Mai 2008 à 08:52

           

Les tables rondes organisées par le ministère de l’Agriculture autour du thème « Animal et Société » depuis la mi-mars ont permis l’ouverture d’une réflexion sur l’abattage rituel. La préservation du bien-être de l’animal dans le respect des normes religieuses et économiques était au cœur des discussions. Un rapport sera rendu fin juin au président de la République. Des mesures concrètes incluant l’étourdissement post-mortem dans l’abattage rituel pourront être examinées.



Jérôme Bignon, député de la Somme, a présidé les débats du groupe de travail
Jérôme Bignon, député de la Somme, a présidé les débats du groupe de travail
L’abattage rituel des animaux sans étourdissement préalable ne devrait pas être remis en cause par le « Grenelle de l’animal », conformément à la directive européenne du 22 décembre 1993*. Les associations de défense des animaux comme la Fondation Brigitte Bardot ou l’Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs (OABA) demandent pourtant depuis des années l’utilisation de l’électronarcose (choc électrique) ou d’un pistolet spécifique pour limiter les souffrances de la bête avant sa mise à mort. Or, étourdir l’animal avant sa saignée est contraire aux religions musulmane et juive, et rendrait sa viande inconsommable.
 
La « possibilité d’étourdissement post-abattage » a néanmoins été évoqué dans les discussions du 3ème groupe de travail « Animal, économie et territoires » du Grenelle de l'animal, selon Yves Dauge, un de ses vice-présidents, également sénateur d’Indre et Loire. Cette option fait aussi débat puisque les acteurs politiques, religieux et associatifs acceptent l’idée de discuter sur l’impact d’un étourdissement post-abattage mais sans que ne se dégage encore un réel consensus. C’est le cas de l’association de sensibilisation, d’information et de défense de consommateurs musulmans (Asidcom) qui a fourni au groupe de travail, un rapport sur les bénéfices de l’abattage rituel sans étourdissement ainsi qu’une lettre qui demande une égalité de droit entre l’abattage religieux et les autres types d’abattage. L’Asidcom réfute clairement l’étourdissement qu’il soit ante ou post-mortem. Dans ce dernier cas, elle considère qu’un animal qui meure du choc électrique et non pas de la saignée ne garantit pas le caractère « halal » de sa viande.

Cette pratique est pourtant déjà utilisée par des abattoirs, notamment certains parmi les certifiés « AVS », du nom de l’organisme de contrôle Halal « A Votre Service ». Hocine Belatoui du département abattoir d’AVS justifie l’utilisation du choc électrique post-abattage pour les volailles pour « des raisons économiques et uniquement sur demande de l’abattoir pour éviter la casse des ailes et des volatiles ». Il précise toutefois à Saphirnews, la réalisation actuelle d’une étude afin de s’assurer du caractère licite de ce procédé. D’un autre côté, l’Académie vétérinaire de France a déjà conclu dans un récent rapport que l’étourdissement ne tuait pas. Par conséquent l'animal meurt bien de la saignée.

Etude scientifique sur la douleur

Au sein des représentants religieux, certains adoptent une approche plus simple mais fondée sur des motifs tout aussi pieux. Ali Sedouki , coordinateur social et administratif de la mosquée d’Evry (Essonne) n’a pas participé au Grenelle de l’animal. Il ne préconise pas l’étourdissement mais ne le refuse pas pour autant. « A partir du moment où l’on sacrifie la bête, où le sang coule, le « Halal » est là, on se fiche de l’étourdissement » explique t-il à Saphirnews. Ce qui ne l’empêche pas de douter des réels effets sur l’animal « Le pistolet à la tête, ce n’est pas aussi une souffrance ? ». Le bien-être de l’animal n’est pas une question de confession ni d’appartenance à une organisation de défense des animaux. Le magazine en ligne Al Kanz rapporte le point de vue de l’OABA sur la douleur ressentie par ces derniers « Aujourd’hui, c’est moins l’étourdissement que la douleur engendrée qui pose problème, selon l’OABA, aux musulmans. C’est pourquoi l’OABA propose une étude scientifique sur la douleur. » A ce premier travail se succéderont des débats régionaux, avant de synthétiser les idées et les propositions dans un rapport qui sera rendu fin juin-début juillet au président de la République Nicolas Sarkozy, initiateur du « Grenelle de l’animal » débuté en mars dernier.

A ces réflexions sur l’étourdissement post-abattage s’ajoute deux points importants qui pourront également faire l’objet de futures mesures législatives : l’amélioration de la contention des animaux, c'est-à-dire de la façon de les tenir au moment où ils sont abattus, et la formation des abatteurs.


*Directive 93/119/CE du Conseil Européen, du 22 décembre 1993, sur la protection des animaux au moment de leur abattage ou de leur mise à mort.


Pour aller plus loin :
ASIDCOM veut défendre l'abattage rituel sans étourdissement préalable
Entretien avec le directeur administratif d'AVS, Fethallah Otmani




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16.Posté par Pat le 31/05/2008 16:28 | Alerter
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Salam
Pour approfondir la question, petit compte rendu d'une réunion sur l'abattage rituel qui s'est tenue à l'académie vétérinaire le 29 mai 2008
http://asidcom.over-blog.com/article-20047426.html

17.Posté par fb le 04/06/2008 21:30 | Alerter
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Bonsoir, salam,

Le magazine en ligne Al Kanz rapporte le point de vue de l’OABA sur la douleur ressentie par ces derniers « Aujourd’hui, c’est moins l’étourdissement que la douleur engendrée qui pose problème, selon l’OABA, aux musulmans. C’est pourquoi l’OABA propose une étude scientifique sur la douleur. »

L'étude sur la douleur voilà un sujet important. Pour avoir une étude vraiment objective, il faudrait à la fois être Jésus (qui redonne la vie) et Salomon (qui parlait aux animaux) pour faire revenir l'animal abattu et l'interroger pour savoir si la bete a souffert ou non.

Sinon, je conseille à l'OABA de faire un état des lieux avant de demander une étude scientifique sur le theme de la douleur animale. De nombreux chercheurs, doctorants, vétérinaires depuis 1980 ont réalisé d'excellentes études sur la douleur avec la mesure de paramametres scientifiques donc objectifs comme le taux d'oxygène, le taux d'adrélanine, ...
De nombreux critères qui montrent indirectement si l'animal a souffert ou pas.
Donc au lieu de demander une étude, il faut travailler sur l'existant, vous ne perdrez pas de temps à faire ce qui a déjà été fait de manière rigoureuse. De nomnbreux rapports existent du ministere de l'agriculture, de l'ecole vétérinaire Alfort ...


"Pour les bovins c'est un peu plus délicat puisque nous avons a faire a des carcasses entières et je ne pense pas que les controleurs d'AVS en allant visiter leurs clients vont leurs preciser que les bovins ont subi plusieurs electrochoc...  

18.Posté par bidar le 07/06/2008 05:21 | Alerter
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fb tu dis
"Je n'ai jamis entendu ou vu de pratique d'electrochocs apres la saigné en tout cas chez le leader européen des produits carnés, il n'y a pas d'electrochoc."
J'ai moi meme été surpris quand j'ai entendu cela pour la premiere fois et pour en etre sur,
J'ai assisté a un abattage AVS , puisque le sacrificateur m'avait rapporter cela, j'ai fait le déplacement exprès.
Tu peux verifier par toi même il suffit de te rendre dans l'abattoir de Socopa qui fournit tous les clients de la region parisienne. L operateur envoi plusieurs electrochocs sur la bête aussitot apres la saignée et ceci pour une question de vitesse de la chaine d'abattage. Ainsi la bete est aussitot suspendue alors que sans electrochoc il y a un certain temps pour pouvoir l'accrocher.
De toute facon AVS reconnait utiliser l'electrochoc pour la volaille il suffit de lire l'article du 07 juin de Anissa Ammoura"Hocine Belatoui du département abattoir d’AVS justifie l’utilisation du choc électrique post-abattage pour les volailles pour « des raisons économiques et uniquement sur demande de l’abattoir pour éviter la casse des ailes et des volatiles ».
AVS est bien le leader europeen de l'electrochoc post mortem car dans mon abattoir nous refusons catégoriquement cette pratique.

19.Posté par fb le 07/06/2008 23:09 | Alerter
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Salam, Bonsoir,

Merci pour ta remarque Bidar. J'ai personellement travailler chez Socopa le leader européen des produits carnés à Villeufranche et à la Ferté bernard. Parler d'etourdissement post saignée ou d'electronarcose c'est induire le lecteur en erreur car l'anesthésie par étourdissement qui a lieu avant la saignée permet d'éviter à l'animal de souffrir au moment de la saignée. Quand on parle d'electronarcoseil ne faut pas que l'animal soit mort.
Il faut donc parler d'electrocution post abattage. Maintenant je suis sur la même longeur d'onde.

Au sujet de cette stimulation électrique,on a dépassé le stade principal de l'abattage rituel, c'est à dire que le sacrifice a déjà eu lieu. La stimulation électrique qui a lieu après la saignée vise a accélerer la phase de maturation et minimise la perte par exudation au moment du resuage c'est à dire que la carcasse perdra moins d'eau (ce qui est interessant pour l'industriel qui vend la viande au Kilo). C'est une technique connue depuis fort longtemps mais on l'utilsait sur des pieces de viande entiere pour favoriser la maturation. D'alleurs l'electrocution est acceptée pour le Kasher, quand on connait les conditions strictes de la kasherisation ... d'autre part l'electrocution c'est l'entreprise qui la met en oeuvre dans son interêt, AVS n'a aucun intérêt à l'electrocution.

Je pense qu'il ne faut pas ajouter trop de confusion à ce qui reste simple. Ne pas compliquer la situation.
Si déjà le sacrificateur est bien choisi pas uniq...  

20.Posté par bidar le 12/06/2008 01:27 | Alerter
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salam fb
Je ne suis pas tout a fait d'accord par rapport au but d'electrocution post abattage car comme je l'ai vu pratiquer a Cherré avec le sacrificateur d'AVS, elle a comme but d'éviter de perdre du temps sur la chaine d'abattage.
Pour l'assomage on ne pratique pas d'electrocution puisque la bete ne bouge plus, alors que pour le sacrifice rituel, la bete prend quelques minutes avant de ne plus bouger.
J'ai posé la question aux rabbins de mon abattoir ils sont contre ce genre de procédé.
Je suis sur que mon abattoir serai ravi si j'acceptais l'electrocution car cela lui ferai gagner un temps precieux, de toute facon les employés sur la chaine sont tres contents lorsqu'il y a de l'abattage rituel puisqu'ils savent qu'il y aura des trous sur la chaine, donc un peu de repos.
la technique de l'electrocution est normalement obligatoire pour l'abattage traditionnel, il stabilise la bete pour que la saignee soit plus facile mais pour un gain de temps elle n'est plus utiliser.
elle est utilisé que pour l'abattage rituel et seulement a ma connaissance et a Cherre, j'ai travaillé dans d'autres abattoirs dans l'ouest de la France, je n'ai pas vu cette pratique.
Pour plus d'info a ce sujet je peux te diriger vers un ex sacrificateur de chez AVS qui pourra confirmer mes propos.

21.Posté par bidar le 12/06/2008 01:49 | Alerter
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salam fb
AVS n'a aucun intérêt à l'electrocution.
Ce n'est pas ce que declare "Hocine Belatoui du département abattoir d’AVS justifie l’utilisation du choc électrique post-abattage pour les volailles pour « des raisons économiques et uniquement sur demande de l’abattoir pour éviter la casse des ailes et des volatiles ». "
Je suis un peu pres d'accord avec toi sur la fin de ton intervention, mais je rajouterai avec le materiel adequat car comme tu peux le voir les rabbins viennent avec leurs propres couteaux bien aiguisés alors que nous musulmans la plupart du temps on se sert des couteaux de l'abattoir qui ne sont pas conforme comme me l'a fait remarqué un technicien membre de l'association de defense des animaux lors d'une visite de notre abattoir.
un couteau proffesionnel coute un peu pres 200 euros, ce n'est rien pour une association comme MCI ou AVS et bien figure toi le responsable de chez MCI n'a jamais voulu acheter un couteau pour leur sacrificateur alors qu'un couteau peut etre utiliser pendant +10 ans.
Bien choisir le sacrificateur oui car quelque fois nous avons des surprises comme une fois j'ai controlé le sacrificateur pres de l'age de la retraite a Socopa Gacé il ne sait pas lire alors pour lui faire signer des certificats l'abattoir a aucun mal.
a+


22.Posté par Deesse le 18/06/2008 17:08 | Alerter
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Ce qui est choquant et révoltant dans la plupart des commentaires( ahurissants) c'est que personne ne semble sensible aux terribles, atroces souffrances des animaux, d'abord la douleur abominable du couteau, puis encore d'autres souffrances dues aux électrochocs. Je ne préfere pas imaginer.Si dieu existe, il appréciera.
Quand on pense que toutes cette barbarie a pour but de remplir des estomac avide de barbaque puant la souffrance, c'est franchement à gerber.Et on ne parle pas des tarés qui travaillent dans ces abattoirs sanguinaires et cruels.

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