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Economie

La Tunisie, nouvelle star du prochain Forum social mondial

Rédigé par Pauline Compan | Vendredi 28 Janvier 2011

Depuis 2001, le Forum social mondial se bat pour l’émergence d’une société civile internationale active et critique. Un objectif illustré par le célèbre slogan « Un autre monde est possible ». Cette année, le Forum se concentrera sur des thèmes tels que les migrations, la régulation du système financier mondial et les allocations des ressources naturelles. Il collera aussi à l’actualité : la délégation tunisienne sera plus importante que prévu.



De g. à dr. :  Bernard Salamand (président du CRID) ; Clémence Racimora (Cimade) ; Bernard Pinaud (CCFD-Terre solidaire) ; Vaia Tuuhia (4D) ; Gustave Massiah (CRID).
De g. à dr. : Bernard Salamand (président du CRID) ; Clémence Racimora (Cimade) ; Bernard Pinaud (CCFD-Terre solidaire) ; Vaia Tuuhia (4D) ; Gustave Massiah (CRID).
Du 6 au 11 février prochain se tiendra à Dakar le 11e Forum social mondial. La délégation française du CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement) regroupe plus de 30 organisations. Les principaux partenaires de cette délégation tenaient, jeudi 27 janvier au matin, une conférence de presse. Bernard Salamand, président du CRID, a pour l’occasion souligné « la leçon donnée par la société civile tunisienne, une leçon qui sera regardée de très près lors du Forum ».

Une situation inédite

« Le mouvement tunisien est une nouveauté, car il prouve que la société civile peut gagner sur les finalités. » Bernard Salamand s’est montré enthousiaste concernant les récents événements survenus en Tunisie, « un symbole du combat mené par le Forum social mondial ». Un symbole qui devrait d’ailleurs « s’imposer de lui-même dans les débats ». Un exemple de l‘importance de la société civile au Maghreb ?

« Des mouvements se développent dans la région du Maghreb et ils ont organisé, en 2010, plus de 10 événements qui s’inscrivent dans les perspectives du Forum social mondial », explique Gustave Massiah, représentant du CRID au Conseil international du Forum social mondial.

Il y a eu le Forum social maghrébin au Maroc, le Forum Santé et Environnement en Egypte ou encore les Forums des quartiers culturels à Casablanca. Tous sont le signe d’une société civile maghrébine dynamique, même si les événements de Tunis ont surpris. « Désormais, tout est bousculé par la Tunisie et le risque de contagion », précise Gustave Massiah. « Il est sûr que la délégation tunisienne sera très observée et sollicitée lors de ce Forum social mondial. »

Un Forum social tourné vers les problématiques africaines

« Les mouvements civils au Maghreb veulent affirmer l’appartenance de cette région à l’Afrique. » En ce sens, Gustave Massiah rappelle que le Maghreb est particulièrement concerné par les politiques européennes de migration.

La militarisation des frontières européennes sera un des thèmes importants des débats du Forum. « La Frontex, l’agence intereuropéenne de protection des frontières, était dotée d’un budget de 8 millions d’euros en 2010 », révèle Clémence Racimora, responsable du Pôle Solidarités internationales de la Cimade. De plus, l’Europe a une tendance à externaliser la gestion des flux migratoires aux pays du Sud. Cela entrave la liberté de circulation en Afrique et pèse sur les pays bordant la Méditerranée (Maghreb).

Des questions encore peu médiatisées que le Forum social voudrait mettre en débat. Mais un tel événement est-il réellement fédérateur ? Engage-t-il ses participants dans l’action ? « Une société civile est en train d’émerger et c’est grâce aux Forums sociaux depuis 11 ans », affirme Bernard Pinaud, délégué général du CCFD-Terre Solidaire. Cet espace permet de créer des connexions « entre des acteurs qui mènent des combats parallèles » et « des réseaux structurés à l’échelle mondiale ». Le Forum social de Dakar, un futur lieu de coordination pour ceux qui rêvent d’une révolution de jasmin à la tunisienne ?








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