Sigrid Nökel : Les problèmes écologiques que nous connaissons aujourd’hui sont le résultat de l’industrialisation et du capitalisme, ce sont là des questions relativement récentes. Les sources islamiques sont, quant à elles, vieilles de plus de 1000 ans et sont apparues dans un contexte complètement différent. Alors en ce qui concerne les gens et leur environnement, nous ne pouvons qu’en tirer des idées d’une nature plus générale.
Il y a des termes que nous avons, comme : fitra, qui se réfère à la création tel un ordre naturel originel ; puis tawhid, qui se réfère à l’unité de la création , autrement dit que toutes les choses dans le monde sont liées les unes aux autres, car elles sont des signes égaux de Dieu, également importantes, précieuses et méritant notre protection ; et enfin mizan, équilibre, état d’une création bien ordonnée et qui doit être maintenue ainsi ou réparée.
On peut ajouter le concept de khilafa qui se réfère au rôle de l’humanité en tant qu’administrateur de la création. C’est le devoir de l’humanité de sauvegarder l’ordre de la création. Les fruits de la Terre sont là pour qu’on en jouisse, mais ses ressources ne doivent pas être exploitées inutilement.
On retrouve aussi dans les paroles et les gestes du prophète Muhammad et des premiers musulmans des exemples qui suggèrent que nous devons être modérés et prudents dans notre utilisation des ressources naturelles et que nous devons bien nous occuper de nos animaux. Ces paroles donnent l’exemple pour les générations suivantes.