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Monde

La FAO réclame la fin de la faim sans succès

Un sommet aux maigres résultats

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 17 Novembre 2009

Pour marquer la Journée mondiale de l’alimentation, la FAO organise, du lundi 16 au mercredi 18 novembre, un sommet en faveur de la lutte contre la faim dans le monde. La crise alimentaire de 2008 a fait bien des dégâts au point où la barre symbolique du milliard de personnes souffrant de ce fléau a été atteinte cette année… sans que cela émeuve les dirigeants des pays les plus riches de la planète qui ont brillé par leur absence.



Conséquence des activités humaines, la désertification fait disparaître 24 milliards de tonnes de sol fertile chaque année, réduisant la production agricole. Plus de 250 millions de personnes en sont directement affectées.
Conséquence des activités humaines, la désertification fait disparaître 24 milliards de tonnes de sol fertile chaque année, réduisant la production agricole. Plus de 250 millions de personnes en sont directement affectées.

« L’alimentation est un droit de base », rappelle Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU, ce lundi 16 novembre, lors du sommet de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) à Rome. Pourtant, 1,02 milliard de personnes souffre de la faim dans le monde, soit 100 millions de plus que l’an passé. Un enfant meurt de malnutrition toutes les six secondes. L’objectif premier du Millénaire pour le développement, consistant à réduire de moitié la part des individus souffrant de ce fléau d’ici à 2015, semble devenir un rêve impossible.

Une préoccupation majeure qui ne touche guère les dirigeants du groupe des huit pays les plus riches de la planète. À l’exception de Silvio Berlusconi, qui a profité de ce (non-)événement pour faire ajourner son procès pour fraude fiscale au 18 janvier prochain, tous ont séché le sommet. Nicolas Sarkozy, qui reçoit Jalal Talabani, le président irakien, ce lundi, a préféré envoyer son ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire. Quant à Barack Obama, sa visite remarquée en Chine a eu raison du sommet.

Malgré tout, une soixantaine de chefs d’États d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine ont répondu à l’invitation lancé par la FAO. Dans une déclaration finale adoptée ce lundi, ces derniers se sont fixé pour « objectif stratégique » d'« éradiquer la faim dans le monde », notamment par un renforcement des financements à l'agriculture. « Nous allons redoubler d'efforts pour atteindre d'ici à 2015 les cibles de l'objectif du Millénaire pour le développement et les objectifs des Sommets mondiaux de l'alimentation. Nous nous engageons à prendre aussi tôt que possible des mesures pour éliminer durablement la faim », souligne le texte.

Aucun engagement financier en vue pour l'alimentation, alors que 1 340 milliards de dollars sont déboursés pour l'armement

Mais aucun objectif chiffré ne vient concrétiser les intentions. Selon la FAO, une enveloppe annuelle de 44 milliards de dollars est nécessaire pour investir dans l’agriculture dans le monde et ainsi assurer la sécurité alimentaire des pays en voie de développement.

L’Organisation préconise aussi d’accroître la production alimentaire de 70 % afin de nourrir les 9 milliards d’habitants que comptera la planète d’ici à 2050. Cependant, le texte adopté lundi n’a rien de contraignant, se limitant juste à rappeler aux États d’« honorer leurs promesses », parmi lesquels les 20 milliards de dollars sur trois ans tant promis par le G8 en juillet dernier, malgré la crise économique qui les a touchés.

Une somme facilement débloquable pour Jacques Diouf, directeur général de la FAO, qui précise que les pays de l’OCDE déboursent près de 360 milliards de dollars pour leurs agriculteurs et 1 340 milliards pour l’armement par an.

Pour sensibiliser le monde sur cette situation « inacceptable », M. Diouf et M. Moon ont engagé une grève de la faim de 24 heures deux jours plus tôt, appelant l’opinion publique et les grands de ce monde à suivre leur geste.

Malgré la bonne volonté affichée des dirigeants présents, les ONG parlent d’ores et déjà d’un gaspillage de temps et d’argent pour ce sommet financé à hauteur de 2,5 millions de dollars par l'Arabie Saoudite.





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