Points de vue

Les habits de la foi : ne pas ressembler aux infidèles ?

L’islam sans complexes

Rédigé par Abdallah Deliouah | Mercredi 30 Mars 2016 à 10:00



Le cheikh Foulan AbouMachin descend de sa voiture allemande.

Prend l’ascenseur de fabrication française.

Ouvre la grande porte fabriquée en Italie.

Arrose son kamis fabriqué en Chine de musc provenant d’Inde.

Demande qu’on allume son climatiseur fabriqué en Corée.

Répond à l’appel téléphonique avec son smartphone américain, c’était sa domestique philippine qui l’informait que son chauffeur bengali viendrait le chercher dans une heure.

S’installe pieusement dans son confortable fauteuil espagnol. Il allume sa tablette japonaise, regarde sa montre suisse, prend son microphone allemand et prononce ses premières paroles pour traiter le sujet « Ne pas ressembler aux infidèles », en disant : « Que Dieu maudisse ceux qui mettent les cravates et veulent ainsi ressembler aux infidèles ! »

Je vous laisse réfléchir et analyser cette situation catastrophique. Je vous laisse mesurer le décalage hypocrite de cette vision réduite de l’islam.

Certes, il ne s’agit pas d’oublier notre civilisation, de se diluer dans une autre ni d’accepter tous ses travers...

Il s’agit juste d’être cohérent, d’accepter le bien d’où qu’il vienne et de repousser le mal, quel qu’il soit.

L’islam, c’est l’universalité. Il faut juste que les principes de base soient respectés et préservés.

Nous ne sommes pas obligés de nous habiller comme les autres, d’Orient ou d’Occident... Les habits, c'est une question culturelle : il faut juste savoir que l’islam n’a pas d’habit particulier. Il faut juste de la pudeur.

Quand un musulman s’habille comme les autres et s'adapte à son milieu environnant, il n'a aucunement trahi sa foi et ne mérite pas la malédiction des « pieux richissimes savants du texte » mais ignorants du contexte.

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Abdallah Deliouah imam à la mosquée de Valence (Rhône-Alpes) et auteur de La Zakât sur les salaires (Maison d’Ennour, 2012).