Sur le vif

Iran : une marée humaine aux funérailles de l'ayatollah Khamenei, en l'absence de son successeur

Rédigé par Lina Farelli | Lundi 6 Juillet 2026



Quatre mois après sa mort dans des frappes israélo-américaines, l'ayatollah Ali Khamenei a été l'objet de funérailles nationales d'une ampleur inédite à Téhéran. Ce sont six jours de cérémonies pensées autant comme un rite funèbre que comme un message politique au monde lancé samedi 4 juillet, jour du 250e anniversaire de l'indépendance américaine.

Les funérailles nationales de l'ayatollah Ali Khamenei ont officiellement débuté dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe religieux de la capitale iranienne. Son cercueil, paré aux couleurs de la République islamique, son emblématique turban noir déposé sur le dessus, a été exposé sous les yeux d'une foule dense, vêtue pour la plupart de noir.

Entre 15 et 20 millions de participants sont attendus, faisant de ces funérailles d'État les plus importantes de l'histoire du pays si ces estimations se confirment. La télévision d'État iranienne a diffusé en continu pendant deux jours les images de pèlerins venus de tout le pays, certains ayant parcouru plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre le site. Des brumisateurs ont été installés dans l'esplanade pour rafraîchir la foule par intermittence, alors que les températures dépassaient les 35°C durant tout le weekend.

Aux côtés du cercueil du défunt ont été exposés ceux de membres de sa famille tués lors de la même frappe : une de ses filles, un gendre, une belle-fille et une petite-fille, Zahra Mohammadi Golpayegani, âgée de 14 mois, dont une photographie avait été placée devant le cercueil. Le régime a soigné la mise en scène politique de l'événement auquel se sont rendus les principaux dirigeants du pays. En revanche, Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père début mars, est resté absent des cérémonies, n'apparaissant toujours pas en public depuis sa nomination, une absence qui alimente les spéculations sur son état de santé.

Après Téhéran, le cercueil doit être transporté à Qom, puis à Najaf et à Karbala, deux des lieux les plus sacrés du chiisme en Irak, avant l'inhumation prévue jeudi 9 juillet à Machhad, ville natale de l’ayatollah et siège de l'un des plus grands sanctuaires de l'islam chiite.

Lire aussi :
L’accord d’Islamabad entre les États-Unis et l’Iran : l’art de stabiliser le conflit sans le résoudre
Sous l’égide du Pakistan, un accord de paix signé entre les Etats-Unis et l’Iran
Coupe du monde 2026 : l'Iran au rendez-vous malgré la guerre contre les Etats-Unis
Quand la guerre en Iran menace l’équilibre énergétique mondial
Iran : l’épreuve des alliances géopolitiques
Guerre en Iran : de l’escalade militaire à la recomposition du pouvoir
Attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran : une guerre aux conséquences imprévisibles