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Monde

Barack Obama, réélu président grâce aux minorités

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Jeudi 8 Novembre 2012

Barack Obama a été réélu une seconde fois président des Etats-Unis. Alors que la crise économique s’est aggravée depuis son arrivée au pouvoir en 2008, il n’était pas du tout évident que le vote des minorités, dont celle de la communauté musulmane, lui soit une nouvelle fois acquis. Pourtant, Noirs, Latinos, Asiatiques, musulmans et même les juifs ont plébiscité massivement le président sortant, rapporte l'institut de recherche Pew au lendemain des élections.



Barack Obama, président des Etats-Unis, réélu le 6 novembre 2012. (Photo : © Official White House / Pete Souza) )
Barack Obama, président des Etats-Unis, réélu le 6 novembre 2012. (Photo : © Official White House / Pete Souza) )
Au bord du gouffre économique avec un déficit évalué à plusieurs centaines de milliards de dollars et un taux de chômage historique estimé à 7,9 %, le bilan de Barack Obama est des plus négatifs. Mais les minorités ethniques du pays l’ont majoritairement plébiscité et lui ont ouvert la voie à sa réélection mardi 6 novembre..

Comme en 2008, ils ont largement contribué à la victoire du premier président noir de l'Histoire des Etats-Unis. Au coude à coude dans les derniers sondages avec le candidat républicain Mitt Romney, la victoire de Barack Obama n’était pas gagnée d’avance. Le vote des minorités, irritées par le discours anti-immigrés et islamophobes des républicains, a permis de faire la différence.

Les Hispaniques toujours plus au côté d'Obama

Sans surprise, les Afro-Américains ont majoritairement voté pour Barack Obama, indiquent les enquêtes de sortie des urnes. 93 % en 2012, c’est juste un peu moins qu’en 2008, quand ils étaient 96 % à lui donner leur confiance.

Auprès des Hispaniques, le président sortant remporte également l’adhésion. 71 % des membres de cette communauté ont voté pour lui contre 67 % en 2008. Les Asiatiques ont également contribué à la réélection d'Obama avec 73 % des voix, soit 10 % de plus qu'en 2008.

C’est aussi le président sortant qui séduit les femmes. 55 % d'entre elles l'ont plébiscité, contre 44 % pour Mitt Romney. Mais au sein du vote féminin, une fracture ethnique a été constatée puisque Obama ne recueille que 42 % des voix des femmes blanches.

Aux Etats-Unis, la fracture entre le vote des électeurs blancs et celui des minorités reste visible. Obama ne recueille plus que 39 % des voix chez les Blancs contre 43 % en 2008. Avec des minorités qui prennent toujours plus de poids démographique et qui votent davantage démocrate, Barack Obama a réussi à devancer son rival.

Les musulmans mobilisés pour voter

Plébiscité par les Blancs (59 %) et les retraités, le candidat républicain n’a, à l’inverse, pas convaincu les musulmans. Ces derniers ont accordé une grande partie de leurs voix à Barack Obama, comme l’annonçait une étude du Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), la principale organisation musulmane des Etats-Unis. Trois jours avant l’élection, 68 % des Américains de confession musulmane étaient prêts à voter pour le président sortant.

Même si beaucoup sont déçus de sa politique menée durant son premier mandat, ils se félicitent de sa réélection. Ainsi, le CAIR et l’ISNA (The Islamic Society of North America) ont tous deux salué la victoire de Barack Obama, dans des communiqués publiés mercredi 7 novembre.

Plus qu’un vote d’adhésion, il s'agissait, pour la communauté musulmane, d'empêcher Mitt Romney d'accéder à la Maison Blanche afin de contrer l’islamophobie du parti républicain. Le CAIR se réjouit aussi de la défaite de plusieurs candidats républicains ayant tenu des propos anti-islam aux élections du Congrès, qui se sont déroulées en même temps que le scrutin présidentiel le 6 novembre. L’effort de mobilisation des Américains de confession musulmane aura permis de porter un coup à la « machine islamophobe », a salué Nihad Awad, directeur exécutif du CAIR.

Aux côtés du Comité américano-arabe contre les discriminations (ADC), le CAIR avait lancé une campagne nationale pour inciter les musulmans à voter. De la même manière, l’Institut américano-arabe (AAI) était à l'initiative d'une campagne intitulée « Yalla Vote » pour inciter les Américains d’origine arabe à se déplacer dans les bureaux de vote.

Les juifs aussi pro-Obama

Si les protestants ont voté majoritairement pour Romney (57 %), les catholiques et les juifs ont rejoint les musulmans en plébiscitant Obama.

Les premiers sont 50 % à voter pour lui contre 48 % pour Romney. Quand aux seconds, ils se sont aussi tournés majoritairement (69 %) vers la gauche en choisissant Obama. Seuls 30 % ont donné leur voix au mormon Mitt Romney , malgré son soutien affiché à l’Etat d’Israël qui aurait voulu le voir élu. Il n'en signifie pas moins qu'Obama reste très proche d'Israël, comme en témoigne la politique étrangère du président à l'égard du Proche-Orient ces quatre dernières années.

Ces chiffres, qui émanent d’une étude du centre de recherche américain PewResearch publiée mercredi 7 novembre, ne dévoilent pas le vote spécifique des musulmans, qui restent englobés dans celui des personnes ayant une autre foi que la foi catholique, protestante et juive. 74 % d’entre « les autres » ont voté pour le président sortant, dont une majorité de musulmans.

Pour ne pas décevoir ces derniers, Barack Obama a du pain sur la planche. Ainsi, l’ISNA le presse de « redoubler d'efforts pour promouvoir la paix et la stabilité au Moyen-Orient », de « fermer la la prison de Guantanamo », toujours ouverte 10 ans après l'accueil de ses premiers prisonniers, de mener « un plan de lutte contre le changement climatique par la réduction de la pollution, le développement d'énergie propre et la préservation de nos ressources nationales » ou encore de soutenir la transition démocratique des pays touchés par le Printemps arabe.

La lutte contre l'islamophobie, une priorité

Sur le plan économique, la tâche du président américain s’avère chargée. Le passage de la tempête Sandy, qui a balayé la côte ouest du pays ainsi que les Caraïbes quelques jours avant l’élection, a également joué un rôle crucial dans sa réélection, estime The Washington Post, sa gestion de la crise ayant été saluée par l’opinion. 42 % des électeurs en ont d'ailleurs tenu compte dans leur vote.

Mitt Romney, vu dans une vidéo en train de fustiger 47 % d’Américains, des partisans d’Obama « qui dépendent du gouvernement, qui pensent qu'ils sont des victimes, qui pensent que le gouvernement doit s'occuper d'eux », n’a pas su convaincre les minorités, touchées de plein fouet par la crise et qui saluent la mise en place, dès 2014, de l'assurance santé promise par Obama depuis 2008.

Si le conservateur Mitt Romney partage bien les valeurs familiales traditionnelles des Américains musulmans, ces derniers ont estimé qu'il est hors de question de voter pour un membre d’un parti aux forts relents islamophobes, à l’image d'un grand nombre de citoyens français de confession musulmane, qui ont préféré François Hollande à Nicolas Sarkozy en mai dernier. Quitte à voter pour un homme, qui comme Barack Obama, est favorable au mariage homosexuel et à l'adoption pour les couples de même sexe.






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