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Monde

Elections américaines : Obama « le musulman » président, Romney out

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mercredi 7 Novembre 2012

Les urnes américaines ont rendu leur verdict. A l’issue du scrutin qui s'est déroulé mardi 6 novembre, Barack Obama a remporté un nouveau mandat de quatre ans à la Maison Blanche. Sans grand enthousiasme, les Américains lui ont accordé une seconde chance pour redresser le pays. Mitt Romney devra se recycler ailleurs.



Obama est devenu le 45e président des Etats-Unis.
Obama est devenu le 45e président des Etats-Unis.
Obama n’a pas cassé la baraque mais a remporté les élections présidentielles face à Mitt Romney..

Sur les 538 membres du Collège électoral, appelés aussi les grands électeurs, qui sont chargés de voter pour le ticket gagnant pour lequel ils ont été désignés, le président sortant et son colistier, Joe Biden, en ont raflé plus des 270 requis.

Car le président et le vice-président des États-Unis (ticket) sont bien élus au suffrage indirect par des grands électeurs, eux-mêmes choisis au suffrage universel dans chacun des 50 États. L’État le plus peuplé, la Californie, dispose de 55 votes, alors que les huit États les moins peuplés, comme l’Alaska, le Montana ou le Delaware, n’en ont que trois chacun.

Les « swing states » font la différence

Un grand électeur ne peut faire partie du Congrès, qui s’est renouvelé mardi 6 novembre. Les quelque 200 millions d’Américains se sont mobilisés pour élire, comme tous les deux ans, les 435 députés de la Chambre des représentants, chaque Etat disposant d'un nombre de sièges proportionnel à sa démographie. Un tiers des 100 sièges de sénateurs (deux par Etat) ont aussi été remis en jeu.

Très courtisé, le vote des électeurs dans les 10 Etats clés, les « swing states » qui ne sont jamais acquis d'avance à un parti (Pennsylvanie, Ohio, Caroline du Nord, Virginie, Wisconsin, Colorado, Iowa, Nevada, New Hampshire), a une nouvelle fois fait la différence. Avant même le résultat final, la victoire d’Obama était déjà sûre.

Fini l’Obamania de 2008

En 2008, le démocrate se présentait comme le président du changement. Avec son « Yes, we can », il avait réussi à soulever des foules entières, particulièrement les jeunes, les femmes, les Hispaniques, les Noirs ou encore les musulmans, et des espoirs pour rompre avec la politique va-t-en-guerre de George Bush.

Devenu le premier Afro-Américain de l'Histoire américaine à accéder au poste suprême, il a fini par faire déchanter une grande partie de ses électeurs. Ses premiers pas de chef de l’Etat ont été accompagnés par la crise immobilière des subprimes, qui ont plongé les Etats-Unis dans un marasme économique dont l'Amérique peine à sortir. En 2012, le bilan économique de Barack Obama mais aussi diplomatique, marqué par l'immobilisme au Proche-Orient (Palestine, Syrie) malgré le retrait des troupes d'Irak, est mauvais.

Le programme économique du multimillionnaire n’a toutefois pas réussi à séduire les masses, encore moins les défavorisés qui ont préféré Barack Obama, à l’initiative de la réforme d’assurance maladie, qui permettra, dès 2014, pour près de 50 millions de personnes, d’accéder aux soins dans un pays qui a privatisé, en grande partie, son système de santé, comme celui de l’éducation. Quant à la politique étrangère de Mitt Romney envers le monde musulman, elle a été largement critiquée.

Son image de « musulman » tenace

Dans une étude de l'institut Pew en juillet dernier, 17 % des Américains restaient convaincus que Barack Hussein Obama est musulman. Pourtant, il n’a eu de cesse, pour venir à bout des rumeurs sur son appartenance religieuse, de clamer haut et fort sa foi protestante puisqu’il est baptisé à l’Eglise unie du Christ en 1988. Son insistance à clamer sa non-appartenance à l'islam n'est pas très bien perçue des musulmans, pour qui il renforce ainsi l'idée que leur religion puisse être considérée comme un élément identitaire pouvant discréditer un candidat.

Obama élu, ses électeurs espèrent qu’il puisse profiter de cette seconde et dernière chance – un président ne pouvant solliciter plus de deux mandats présidentiels – pour faire mieux et marquer de son empreinte l’histoire politique de son pays de la meilleure façon possible.







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