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Monde

Obama-Romney : le vote des musulmans américains analysé

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 5 Novembre 2012

A la veille du scrutin présidentiel, un quart des Américains de confession musulmane restent indécis mais une majorité d’entre eux sont prêts à voter pour Obama mardi 6 novembre, malgré la désillusion vis-à-vis du candidat démocrate. C’est ce que révèle le dernier sondage du CAIR, la principale organisation musulmane américaine, qui veut souligner le fait que les musulmans, très engagés dans la vie politique de leur pays, ont le pouvoir d’influer sur l’issue des élections, à l’heure où les deux prétendants à la présidence sont au coude à coude dans les sondages. Explications.



Les musulmans, largement pro-Obama, peuvent décider de l’issue du scrutin présidentiel, selon le sondage du CAIR rendu public la veille des élections américaines du 6 novembre 2012.
Les musulmans, largement pro-Obama, peuvent décider de l’issue du scrutin présidentiel, selon le sondage du CAIR rendu public la veille des élections américaines du 6 novembre 2012.
L’électorat musulman aux Etats-Unis acquis aux démocrates pour les présidentielles de 2012 ? 68 % des Américains de confession musulmane sont en tous cas prêts à voter de nouveau pour Barack Obama le 6 novembre, mais pas du tout avec le même enthousiasme qu’en 2008, selon un sondage du Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) publié samedi 3 novembre. Seuls 7 % des sondés se rangent du côté de Mitt Romney, son rival républicain.

L’Obamania s’est essouflé

Obama par défaut plutôt que par grande conviction, tel est l'avis majoritaire. Après les espoirs suscités en 2008 à son arrivée à la Maison Blanche, l’heure est à la désillusion. Le taux de chômage, évalué à 7,9 %, a atteint un seuil historique aux Etats-Unis, laissant sur le carreau 12,3 millions de personnes. Le pays n’a toujours pas tourné la page de la crise immobilière des subprimes, qui a éclaté en 2008-2009.

En 2008, 90 % des électeurs américains musulmans ont voté Obama, rappelle le CAIR. Quatre ans plus tard, « ils ne sont clairement pas contents, en raison de l'érosion continue des libertés civiles des musulmans, l'exemple le plus flagrant étant l'espionnage généralisé des étudiants musulmans, des commerçants, des écoles et des mosquées par la police de New York, en coopération avec la CIA », déplore l’organisation.

Sur le plan diplomatique, la mauvaise gestion du dossier israélo-palestinien par Obama reste également en travers de la gorge de nombreux Américains musulmans. Il est bien loin d’avoir été méritant pour son prix Nobel de la paix en 2009. Il aura toutefois mené à bien le retrait des troupes d'Irak et entamé celui en Afghanistan, deux bourbiers dont une majorité du peuple américain ne veut plus être mêlé.

Mieux acceptés par les démocrates

Après avoir été un temps un soutien des républicains, le choix de nombreux musulmans, en 2012, pour Barack Obama est naturel : ils se sentent mieux acceptés par le parti démocrate qu’ailleurs. Preuve en est du nombre de délégués musulmans à la convention nationale démocrate, en septembre, qui avait atteint un niveau record. La fibre sociale d’Obama est également appréciée : sa réforme sur l’assurance-maladie a l’un de ses rares succès plébiscités.

Bien que les républicains, représentés par leur champion Mitt Romney, sont perçus comme les gardiens des valeurs les plus traditionnelles de la famille que partagent les musulmans pratiquants, leur islamophobie s’affiche ouvertement.

Pro-Israël invétéré, Mitt Romney, pour qui l’électorat musulman ne l’intéresse guère, entretient des relations avec des personnalités dont l’islamophobie est avérée et s'en imprègne dans ses discours. « Les électeurs musulmans sont très préoccupés par la montée de l'islamophobie au sein de la société américaine, par sa promotion et son exploitation au sein du parti républicain », hostile envers les musulmans pour plus de la moitié des répondants, affirme le CAIR. « L’approche idéologique de Romney à la politique étrangère n'inspire pas confiance (aux musulmans) dans la mise en place de relations plus productives avec le monde musulman », insiste-t-on.

Les musulmans, déterminants pour l’élection

Malgré tout, 25 % des sondés restent pour l’instant indécis. L’abstention est une option peu envisagée au sein de la communauté musulmane, si on en croit le CAIR. 90 % des Américains musulmans ont déclaré être engagés dans la vie politique, faisant d’eux le groupe « parmi les plus engagés politiquement de tous les Américains ». Ils s’éparpillent dans l’échiquier politique en fonction de « qui répond à leurs préoccupations » du moment.

Au jeu de la séduction de cet électorat, c’est Obama qui remporte la palme. Les derniers sondages ne laissant entrevoir une victoire nette d’aucun candidat, « les musulmans peuvent décider de l’issue du scrutin présidentiel », particulièrement dans les États dits « indécis » (« swing states ») comme l’Ohio, la Virginie et la Floride, martèle le CAIR. Les musulmans ne devraient donc pas se priver de faire valoir leur droit de vote.






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