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Monde

La mort de Ben Laden soulage les musulmans

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 2 Mai 2011

L’annonce de la mort d’Oussama Ben Laden lundi 2 mai fait la une de l’actualité. Dix ans après les attentats du 11-Septembre, l’ennemi public numéro 1 a été tué par balles au cours d’une opération américaine au Pakistan, a déclaré Barack Obama. Depuis, les réactions pleuvent, parmi lesquels celles de dirigeants arabes et des organisations musulmanes, et les polémiques vont bon train. Tour d’horizon.



La mort de Ben Laden soulage les musulmans
« Une très grande victoire pour la paix », « un événement considérable pour le monde entier »… Dalil Boubakeur ne manque pas de mots pour qualifier la mort de Ben Laden. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris a très vite salué l’annonce faite par les autorités américaines. « C'est un tournant du monde, un tournant de notre perception des rapports entre l'Orient et l'Occident, un tournant du rapport entre la démocratie et le terrorisme international », a-t-il ajouté.

Et il est loin d’être le seul à féliciter la mort de l’homme le plus recherché de la planète depuis 2001. Le Conseil pour les relations américano-islamiques (CAIR), l’une des plus grandes organisations musulmanes des États-Unis, a félicité l’action américaine. « Nous nous associons à nos compatriotes pour saluer l'annonce de l'élimination d’Oussama Ben Laden (…). Ben Laden n'a jamais représenté les musulmans ou l'islam. En plus de l'assassinat de milliers d'Américains, lui et Al-Qaïda ont causé la mort d’innombrables musulmans à travers le monde », a tenu à rappeler l’organisation, qui ont mis au point de multiples campagnes de condamnation du terrorisme ces dernières années.

Plusieurs autres organisations du pays ont aussi depuis longtemps condamné Al-Qaïda et son guide, dont le Conseil du fiqh d’Amérique du Nord, qui a édité en 2005 une fatwa dépeignant les personnes commettant des attentats au nom de l’islam comme des « criminels » et non des « martyrs ». Une fatwa similaire de 600 pages d’un savant musulman pakistanais a aussi été publiée en mars 2010.

Ben Laden, la cause de trop de souffrances

« Face à la mort d'un homme, un chrétien ne peut cependant jamais être content, mais il doit réfléchir sur les graves responsabilités de chacun face à Dieu et aux hommes » dans la diffusion de « la division et de la haine entre les peuples », a déclaré, de façon retenue, le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican.

Du côté du Conseil français du culte musulman (CFCM), « la mort de Ben Laden doit nous rappeler, avant tout, la souffrance des milliers de familles des victimes de la violence terroriste et des guerres qu’elle a pu engendrer et alimenter à travers le monde. » A cette occasion, il « appelle à ce que l’islam, religion de paix qui sacralise la vie, soit dissocié définitivement du terrorisme qui est en contradiction totale avec ses enseignements et ses valeurs » et « reformule le vœu que soit abandonné l’usage du terme ‘islamiste’ pour désigner un terroriste se réclamant à tort de la religion musulmane », fait-on savoir par communiqué.

« Une tache noire » dans l'histoire de l'islam

La menace terroriste n’a pas disparu pour autant avec la mort de Ben Laden. Cependant, elle constitue, pour les présidents de l'Union européenne et de la Commission européenne, « un résultat majeur » dans la lutte antiterroriste qui rend le monde « plus sûr ».

Malgré le risque très élevé de représailles selon plusieurs experts internationaux, les capitales du monde entier, y compris des pays arabes et à majorité musulmane, se sont réjouit de l’annonce. Pour le président afghan Hamid Karzaï, un fervent ennemi d’Al-Qaïda, Ben Laden a payé pour ses « actes ». Le président turc Abdullah Gül, tout comme la présidence du Yémen, ont applaudi la nouvelle, espérant qu'elle constituerait « le début de la fin du terrorisme ».

L’Arabie Saoudite, qui avait déchu Ben Laden de sa nationalité saoudienne en 1994, espère que son élimination « contribuera à renforcer » la lutte internationale contre le terrorisme et d'éradiquer les « pensées dévoyées » qui l'appuient.

Quant à Saad Hariri, premier ministre libanais, Ben Laden était « une tache noire » dans l'histoire de l'islam. « Les dégâts qu'il a infligés à l'image de l'islam et aux causes arabes ne sont pas moindres que ceux causés par les ennemis des musulmans et des Arabes à travers le monde », a-t-il indiqué.

La naissance d’un mythe plein de controverses

Les polémiques commencent d’ores et déjà à fleurir autour de ce fait d'actualité. Outre la photo officielle montrant Ben Laden mort qui s'est révélée être un montage, l’immersion du corps du défunt en mer est sujette à controverse. Alors que les États-Unis déclarent avoir respecté de cette manière « les rites musulmans » afin qu’un lieu de pèlerinage en mémoire au chef d’Al-Qaïda ne puisse exister, de nombreux scholars (savants musulmans) s’élèvent contre cette méthode contraire à l’islam, à commencer par ceux Al-Azhar, la plus haute autorité de l'islam sunnite en Égypte.

Selon la tradition musulmane, « le corps du défunt doit d'abord être lavé avec de l'eau savonneuse, puis de l'eau claire et enfin avec de l'eau mêlée de camphre, avant d'être entouré de trois pièces d'étoffe ». « L'inhumation se fait en terre, sans cercueil. La dépouille doit être placée parallèlement à la Mecque, la tête du défunt légèrement tournée vers la droite pour que son visage soit tourné vers la Kaaba, le sanctuaire sacré de la Mecque », le tout dans un très court délai, explique la Grande Mosquée de Paris, étonnée des informations délivrées par les États-Unis.

Par ailleurs, pourquoi avoir choisi de l'abattre plutôt que de le capturer et de le confronter à la justice des Hommes ? La question reste entière. Faute, pour l'instant, de publication de preuves formelles de la mort de Ben Laden, les doutes subsistent et les thèses mettant en cause la version officielle des Américains vont déjà bon train.






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