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Monde

Guantanamo, une décennie de violations des droits humains

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mercredi 11 Janvier 2012

11 janvier 2002-11 janvier 2012. Dix ans se sont écoulés depuis que les Etats-Unis ont accueilli leurs premiers détenus de la « guerre contre terrorisme ». Une décennie après, le camp n'a toujours pas été fermé, malgré les promesses de Barack Obama à son arrivée à la Maison Blanche. A ce jour, 171 personnes y sont enfermées arbitrairement. A l’occasion de ce triste anniversaire, Amnesty International entend bien sensibiliser le public sur les conditions inhumaines de détention et en appelle aux autorités pour que justice soit faite.



Amnesty International a drapé la Statue de la Liberté de Paris d’une bâche orange, mardi 10 janvier, pour réclamer la fermeture sans délai de Guantanamo. © Pierre-Yves Brunaud
Amnesty International a drapé la Statue de la Liberté de Paris d’une bâche orange, mardi 10 janvier, pour réclamer la fermeture sans délai de Guantanamo. © Pierre-Yves Brunaud
Dix ans après l’ouverture du camp de Guantanamo sur l’île de Cuba, créé dans la foulée du 11-Septembre sur décision de George W. Bush pour « lutter contre le terrorisme », le bilan est catastrophique pour les droits humains, s'insurge Amnesty International qui a organisé une conférence de presse, à Paris, mardi 10 janvier.

Plus tôt dans la journée, l’organisation a drapé la Statue de la liberté de Paris d’une bâche orange et plusieurs de ses membres ont revêtu la combinaison orange des prisonniers ainsi qu’une cagoule noire pour réclamer la fermeture sans délai du camp et des enquêtes contre les responsables des violations.

Barack Obama s’était pourtant engagé, en janvier 2009, à fermer le camp mais il n’en est rien à ce jour. 171 personnes sont encore détenues dans les geôles, dont 48 sont « gardées indéfiniment » sans inculpation ni procès.

Le manque d'une réelle volonté politique est flagrant. Toutefois, celui qui a reçu – non sans controverse – le Prix Nobel de la paix fin 2009 doit aussi faire face à d’importantes oppositions du camp républicain mais également démocrate. La perspective de voir Guantanamo fermer s’amenuise à l’approche de l'élection présidentielle américaine en novembre 2012.

Guantanomo, symbole de tous les abus

Une nouvelle loi d’autorisation de défense, votée au Congrès puis promulguée par l’administration américaine fin décembre 2011, autorise désormais les détentions illimitées sans procès et impose le recours aux tribunaux militaires pour les suspects de terrorisme, refusant aux citoyens les droits légaux garantis par la Constitution américaine.

Des lois d’exception qui s’ajoutent à celles qui sont déjà mises en place pour les prisonniers de Guantanamo, consistant notamment à user de techniques de tortures inhumaines, tels le waterboarding (simulation de noyade), dont Bush a reconnu qu'il l’avait personnellement autorisé, arguant qu’il n’est point une forme de torture. Les Etats-Unis n’en ont résolument que faire des articles du droit international, parmi lesquels les conventions de Genève.

« L’information est fondamentale, car une telle confusion règne aujourd’hui sur ce qui se passe à Guantanamo. Nous lançons une pétition que nous espérons voir relayer le plus largement possible pour que la mobilisation continue. Il est terrifiant de voir que les détenus ne sachent même pas de quoi ils sont accusés et pourquoi ils ont été enfermés », nous déclare Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France en marge de la conférence.

La responsabilité des Etats engagée

Amnesty dénonce également « le double langage des autorités américaines » car les personnes décrétées « libérables » – aucune charge n'ayant été retenue contre eux – restent enfermées, car elles ne peuvent être renvoyées dans des pays où les risques d’être à nouveau emprisonnées et torturées sont grands. Les Américains ne souhaitent pas non plus les accueillir sur leur propre sol, attendant qu’elles soient prises en charge par des pays tiers.

Pour faire sa guerre globale contre la terreur, la collaboration des Etats-Unis avec les autres Etats – dictatures comme gouvernements démocratiques – a été essentielle, sans quoi la mise en œuvre de sa politique anti-terroriste serait d'une moindre ampleur.

Divers pays ont ainsi livré leurs citoyens aux Américains sans ménagement et sans preuve ; et plusieurs autres détiennent des prisons secrètes mais semblables à Guantanamo, à l’instar de celle de Bagram, en Afghanistan, où séjournent quelque 2 100 prisonniers.

La responsabilité de la communauté internationale est donc partagée, mais celle-ci ne daigne réagir sur les violations avérées perpétrées au nom de la sacro-sainte sécurité. Amnesty International appelle au bon sens des dirigeants pour que la justice puisse être appliquée et les détenus soient enfin reconnus comme des victimes.






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