Monde

Le Sommet de Copenhague : alerte rouge pour l’environnement

Par Rachid Lahlou*

Rédigé par Rachid Lahlou | Mardi 15 Décembre 2009 à 15:55

L’ouverture de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique s’est tenue le lundi 7 décembre 2009 à Copenhague. Le changement climatique a déjà des conséquences dramatiques. Les populations les plus vulnérables et les pays les plus pauvres en sont les premières victimes.
Durant ce sommet, la communauté internationale devra élaborer un accord global qui prendra la suite du protocole de Kyoto. Ils doivent y fixer de nouveaux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.



La dégradation des terres affecte 2 milliards de personnes, le tiers de la surface de la planète, et touche environ 100 pays répartis sur tous les continents. Déforestation et désertification conduisent à la dégradation des écosystèmes entraînant une perte de biodiversité. Il s’agit d’un problème local et global d’environnement et de développement. L’homme est à la fois la cause et la victime de la désertification.

En Indonésie, par exemple, la forêt de l’île de Sumatra est sacrifiée pour répondre à l’explosion de la demande d’huile de palme (utilisée dans les cosmétiques et l’alimentation). Cette déforestation massive a des implications sur l’écosystème et la survie des populations locales qui ne peuvent plus vivre de la chasse et sont ainsi poussées à l’exode.

L’islam responsabilise l’homme sur la question de l’environnement

Le musulman prend très au sérieux la question du respect de l’environnement. Il s’agit bien là d’une problématique universelle, nous sommes tous égaux face au défi climatique. L’islam considère l’environnement comme étant l’espace vital où l’homme puise toutes les composantes de sa vie.

En phase avec la vision du Créateur, l’homme se doit de respecter les ressources naturelles : l’eau, la terre et les animaux. L’islam, à travers ses préceptes, a vivement conseillé les croyants et a mis en place des règles pour préserver les éléments vitaux.

De plus, l’islam responsabilise l’homme et lui confère une place centrale dans son approche au monde. La dégradation de notre environnement est la conséquence d’une mauvaise gestion de l’homme sur l’univers que Dieu a créé en lui confiant la bonne gouvernance.

La dimension environnementale de l’humanitaire

ONG active dans une vingtaine de pays, le Secours Islamique France intègre depuis des années la dimension environnementale dans ses projets (adhésion à Ecofolio pour le recyclage de papiers).

Le nombre de déplacés climatiques est en hausse permanente, les catastrophes naturelles sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus violentes. Le SIF constate au Tchad que le bétail ne survit pas aux conditions climatiques, les récoltes chutent et le problème de l’eau s’intensifie.

Les ONG humanitaires doivent impérativement prendre en compte ces changements dans leur activité, en ce qui concerne tant la nature de l’aide que la période d’intervention : en amont, en prévention ; pendant, en réponse d’urgence ; après, en reconstruction.

À mi-chemin du Sommet de Copenhague, le SIF mesure l’importance des dérèglements climatiques sur les populations en difficultés : déplacements de populations, sécheresses, catastrophes naturelles, crise alimentaire, accès à l’eau, etc.

ONG actives et créatives pour protéger les écosystèmes

Différentes actions ont été mises en œuvre par le Ministère des Affaires étrangères et européennes pour préparer le Sommet. Parmi elles, l’ouverture, le 24 novembre dernier, d’une réunion du Conseil stratégique pour la coopération non gouvernementale a permis de définir les « enjeux de Copenhague » et de déterminer les conséquences du changement climatique sur les politiques d’aide.

En tant que membre de ce Conseil, j’ai insisté sur la nécessité d’inciter les organisations humanitaires à intégrer la dimension environnementale dans leurs activités. Le mandat du Secours Islamique n’a pas de vocation environnementale, cependant la qualité de nos projets doit impérativement inclure la prise en compte de l’impact de nos activités sur l’environnement.

Les associations humanitaires ont pour première mission de sauver des vies, et très longtemps cette priorité s’est faite au détriment de l’environnement. Or tout impact écologique qui contribuerait à déstabiliser les populations déplacées ou réfugiées sur le long terme doit être considéré comme un effet négatif, auquel nous devons apporter une réponse.

À charge pour nous d’être créatifs, inventifs, performants pour lever ces contraintes, s’y adapter, sans négocier, ni sacrifier la cause environnementale.

Les ONG ne vivent pas en dehors du monde : c’est à titre de citoyens du monde que ses membres participent à la préservation de l’environnement et des écosystèmes.


Dossier spécial « Sommet de Copenhague » téléchargeable sur www.secours-islamique.org


* Rachid Lahlou est président fondateur du Secours Islamique France.