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France-Palestine : Paris honore Mahmoud Darwich

A quand le tour de Yasser Arafat ?

Rédigé par | Mardi 15 Juin 2010 à 08:07

Après Ben Gourion et Yitzhak Rabin, à quand un lieu dédié à Yasser Arafat ? Mahmoud Darwich, du nom du plus célèbre des poètes palestiniens, lui a été préférée. Située sur le quai Malaquais dans le 6e arrondissement de Paris, à quelques pas du Louvre et de l’Académie française, la place a été inaugurée, lundi 14 juin, en présence de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne et du maire de Paris.



La place Mahmoud-Darwich a été inaugurée lundi 14 juin, quai Malaquais, à Paris, en présence, entre autres, de Mahmoud Abbas et de Bertrand Delanoë.
Le dispositif de sécurité était tel qu’aucun journaliste sans carte de presse ne pouvait pointer le bout de son nez. La circulation a aussi été interrompue le temps d’une matinée dans les environs de l'Académie française. Et pour cause : la présence de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, en visite officielle à Paris, lundi 14 juin. Accompagné de Bertrand Delanoë, maire de Paris, il a célébré en grande pompe l’inauguration de la place Mahmoud-Darwich dans le 6e arrondissement de la capitale.

Mahmoud Darwich (1941-2008).
Resté plus de 30 ans en exil, Mahmoud Darwich a reçu de son vivant nombre de distinctions, dont l’Ordre national du mérite en 1993 pour l’ensemble de ses œuvres, qui ont été traduites en plus de 20 langues. Engagé et dévoué à la cause de son propre peuple, il n’a cessé de chanter la paix jusqu’à sa mort en août 2008.

L’inauguration en avril dernier de la promenade Ben-Gourion, premier Premier ministre de l’Etat d’Israël qu’il a grandement contribué à créer en 1948, reste en travers de la gorge de nombreuses associations de soutien au peuple palestinien. Une place Mahmoud-Darwich ? Une façon de donner le change, estiment certaines d’entre elles. La décision d'attribuer le nom du célèbre poète palestinien à un lieu parisien a d’ailleurs été votée par le Conseil de Paris en avril dernier.

Malgré la volonté de certains élus de gauche de la ville de Paris, l’idée d’un lieu baptisé Yasser-Arafat n’a pas été retenue, alors même que le jardin Yitzhak-Rabin, situé dans le 12e arrondissement, existe depuis 2000. Ce dernier avait reçu le prix Nobel de la paix en 1994… avec le chef de l’Autorité palestinienne de l’époque, Yasser Arafat.

Delanoë réaffirme son soutien aux deux parties

Pourtant, M. Delanoë s’est défendu de tout « souci tactique » ou de « volonté d’équilibre ». « C’est parce que, comme Mahmoud Darwich, je pense que la justice ne peut être contre la justice, (…) que les souffrances ne peuvent s’exclure l’une l’autre », assure-t-il à l’assemblée. « Je sais le blocus inadmissible et inacceptable de Gaza » et « le mal que fait la colonisation en Cisjordanie », ajoute-t-il, reconnaissant par là « le droit légitime du peuple palestinien » à avoir un Etat viable et souverain « sans nier le droit de l’autre » qu’est Israël.

De son côté, M. Abbas s’est réjouit de l’importance accordée par Paris au poète palestinien. « Mahmoud Darwich parlait toujours du jour où le peuple palestinien pourrait mener une vie normale, comme les autres peuples, dans sa patrie indépendante. Et nous, le peuple de Mahmoud Darwich, disons que nous allons poursuivre le chemin afin d'arriver rapidement à ce jour où notre peuple pourra vivre une vie indépendante dans une Palestine sans occupation, sans blocus, sans mur et sans barrage », a-t-il déclaré.

« Nous aimons la vie quand nous en avons les moyens », a conclu le président palestinien, citant un vers de Mahmoud Darwich inscrit sur la plaque commémorative trônant désormais en public.


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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur