« Tel-Aviv, le paradoxe. » Telle est la thématique de la rétrospective à laquelle la Mairie de Paris, qui entretient une coopération active avec la municipalité israélienne, invite le grand public. Des dizaines de cinéastes israéliens sont conviés à projeter leurs films au Forum des images de Châtelet jusqu’au 6 décembre à l’occasion des cent ans de Tel Aviv.
Tel que présenté par le festival, Tel Aviv est une « ville blanche, née des sables et de la mer », bâtie en 1909 ; une ville « sans passé, sans Histoire », « tout à la fois protégée et exposée au conflit » israélo-palestinien, peut-on lire sur le site officiel. Sans passé, dit-on ? La réalité est tout autre. Celle qui consiste à nier l’existence même de la Nakba, la « catastrophe », dont furent victimes les Palestiniens lors de la création de l’État hébreu en 1948, et à banaliser la politique d'occupation et d'apartheid d'Israël.
La réponse d’Ilan Pappé ne s’est fait pas attendre sur ce sujet. Contacté par Saphirnews, le « nouvel » historien israélien, auteur du retentissant ouvrage intitulé Le Nettoyage ethnique de la Palestine (Éd. Fayard, 2006), explique : « Tel-Aviv fut construite sur les plages de sable fin : cela est juste, mais c'était un faubourg avant 1948. Puis elle devint une grande ville en prenant le contrôle des terres et des maisons de plusieurs villages palestiniens ainsi que de la ville palestinienne de Jaffa. La grande majorité des Palestiniens vivant dans cette zone furent expulsés et leurs maisons démolies et anéanties. »
Plusieurs chercheurs et historiens, dont Ilan Pappé, affirment ainsi que Tel-Aviv, qui n’était qu’une simple bourgade juive de 1909 à 1948, a été construite sur les ruines de plusieurs villages palestiniens, dont ceux de Sheikh Muwannis, Jammusin, Salameh, Summeil, Sakiye, Yazur et d’autres.