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Société

Après Ben-Gourion, une place Mahmoud-Darwich à Paris

Une inauguration sous tension

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 8 Avril 2010

David Ben Gourion et Mahmoud Darwich auront leur place à Paris. Si l’annonce d’une place en hommage au défunt mais célèbre poète palestinien est accueillie avec satisfaction, la promenade Ben Gourion, qui sera inaugurée le 14 avril, est en revanche décriée par les militants pro-palestiniens, qui désapprouvent par la même occasion la coopération renforcée entre la mairie parisienne et Israël.



Paris inaugure, le 14 avril, la très controversée promenade Ben-Gourion sur les quais de la Seine, face au musée du quai Branly.
Paris inaugure, le 14 avril, la très controversée promenade Ben-Gourion sur les quais de la Seine, face au musée du quai Branly.
La promenade Ben-Gourion, qui sera prochainement inaugurée sur les quais de la Seine en l'honneur du fondateur de l’État d’Israël, provoque la colère des défenseurs des droits des Palestiniens, offusqués que la mairie de Paris puisse accorder tant d’importance à l’un de ceux qui est à l’origine de la Nakba, « la catastrophe » pour les Palestiniens, chassés de leurs terres en 1948.

Comme pour « donner le change », la municipalité inaugurera une place Mahmoud-Darwich pour honorer le souvenir du célèbre poète palestinien décédé en 2008, a annoncé, mardi 6 avril, Bertrand Delanoë. La place Mahmoud Darwich, qui se situera dans le 6e arrondissement, sera ouverte au public à l'occasion de la visite prochaine du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Paris.

La colère reste tout de même vive. Figure emblématique du sionisme, David Ben Gourion est aussi le créateur de Tsahal, l’actuelle armée israélienne, née de la fusion de plusieurs groupes sionistes armés en 1948. « Je suis critiqué pour Ben Gourion comme je serai critiqué pour Mahmoud Darwich », a indiqué M. Delanoë.

La comparaison entre les deux hommes est pourtant impossible à faire : l’un est un poète qui n'a jamais cessé d'exalter la paix ; l’autre est un colonialiste, répondent nombre de militants de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Ben Gourion a en effet expulsé quelque 700 milliers de Palestiniens et détruit des centaines de villages.

Yasser Arafat aux oubliettes

Quand bien même Ben Gourion est honoré au titre du premier dirigeant de l’État hébreu, pourquoi ne pas en faire de même pour Yasser Arafat qui, bien qu’il soit décédé en 2004, est considéré comme le leader historique des Palestiniens, toutes tendances confondues ?

Il semblerait que la mairie ait refusée cette idée. Cette décision illustre une fois de plus le « deux poids, deux mesures » de la mairie, qui avait déjà inauguré, en juillet 2006, la place Theodor-Herzl dans le 3e arrondissement de la capitale et fait de Gilat Shalit, le soldat franco-israélien, son citoyen d'honneur en octobre 2009, tout en refusant de faire de même pour le prisonnier franco-palestinien, Salah Hamouri.

Paris et Tel-Aviv renforcent leur amitié

Pour marquer le coup la semaine prochaine, le président israélien Shimon Peres sera présent aux côtés de M. Delanoë et ce malgré les attaques d'Israël contre la bande de Gaza l'an dernier et le durcissement de la politique israélienne à l'encontre des Palestiniens.

En visite actuellement à Tel-Aviv, le maire socialiste a été accueilli à bras ouvert pour inaugurer un festival de films français dans le cadre du Forum des images. C’est celui-là même qui avait organisé, en novembre 2009, un « portrait de Tel Aviv » à Paris à l’occasion du centenaire de la ville israélienne, présentée alors comme une « ville blanche, née des sables et de la mer ».

Mais, contrairement à la douce image véhiculée par le Forum des images, « Tel-Aviv fut construite sur les plages de sable fin : cela est juste, mais c'était un faubourg avant 1948. Puis elle devint une grande ville en prenant le contrôle des terres et des maisons de plusieurs villages palestiniens ainsi que de la ville palestinienne de Jaffa. La grande majorité des Palestiniens vivant dans cette zone furent expulsés et leurs maisons démolies et anéanties », avait alors déclaré l’historien israélien Ilan Pappé à Saphirnews fin novembre.

M. Delanoë a tout de même signé un « pacte d'amitié et de coopération » avec son homologue de Tel-Aviv, Ron Huldaï, mercredi 7 avril.


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