Critiqué de toutes part pour son projet de loi sur l'interdiction du voile intégral dans l'espace public, notamment par le
Conseil de l'Europe, l'Hexagone, fébrilement, attendait le soutien d'un quelconque ami musulman.
La Syrie s'est donc prêtée au jeu pour porter le fardeau de la légitimité française d'une telle loi, en interdisant depuis dimanche à ses étudiantes de porter la tenue intégrale au sein de ses universités. À quel prix, ça, on ne le saura pas (encore)...
Déjà en juin, 1 200 enseignantes du primaire, qui arboraient le voile intégral, avaient été mutées dans des services administratifs. Motif avancé : des plaintes de parents qui demandaient à ce que
« leurs filles soient éduquées dans des lieux dépourvus de tout extrêmisme », justifie le ministre de l'Éducation supérieure.
En 2009, alors que le débat battait son plein en France, l' université du Caire en Égypte avait voulu interdire l'accès des salles d'examens aux filles voilées intégralement, stipulant que ce vêtement pouvait favoriser la triche. Idem en Jordanie, qui tente de le faire interdire pour cause qu'il y a eu des cas où des voleurs se cachaient dessous.
Le port du voile intégral au Proche-Orient est pratiqué depuis des décennies par une minorité de femmes musulmanes. Certains constatent une recrudescence de cette forme d'extrémisme religieux.