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Religions

L’UOIF exige le report des élections du CFCM 48h avant leur lancement

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 6 Juin 2013

Les élections du 8 juin se feront sans l'UOIF. A J-2 du scrutin visant à renouveler les instances dirigeantes du Conseil français du culte musulman (CFCM) et de ses antennes régionales (CRCM), l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) réclame son report, sans quoi elle se retire du processus électoral. Le coup est rude pour le Rassemblement des musulmans de France (RMF) à la tête du CFCM, qui aura échoué à le relancer. Explications.



L'UOIF, présidée par Ahmed Jaballah (à g.), a annoncé sa décision de ne pas participer aux élections du CFCM, deux jours avant leur tenue le 8 juin.
L'UOIF, présidée par Ahmed Jaballah (à g.), a annoncé sa décision de ne pas participer aux élections du CFCM, deux jours avant leur tenue le 8 juin.
Coup de théâtre au CFCM ! A J-2 des élections visant à renouveler les instances dirigeantes du Conseil français du culte musulman et de ses antennes régionales (CRCM), l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) appelle au report du scrutin programmé samedi 8 juin. « A défaut, l’UOIF annonce son retrait du processus électoral projeté le 8 juin prochain », a-t-on appris mercredi 5 juin au soir.

La fédération n’a pourtant pas ménagé ses efforts pour réintégrer le CFCM et relancer la machine contestée. Après le boycott des élections de 2011 et son retrait du bureau exécutif, elle avait fait un retour en force en janvier dernier. Pour marquer son engagement, elle a adopté de nouveaux statuts en février 2013 en vue des élections, après de longs mois de tractations avec les fédérations membres du CFCM, dont le Rassemblement des musulmans de France (RMF) et la Grande Mosquée de Paris.

Mais « depuis bientôt plusieurs mois que de nouvelles élections sont annoncées (…), tous les observateurs constatent que les déchirements et la convoitise sont de règle dans la plupart des régions », explique l’UOIF dans un communiqué.

Une opposition au CFCM très marquée

Depuis plusieurs semaines, des voix discordantes se sont faites entendre pour critiquer les changements en cours au sein du CFCM. Plusieurs présidents de CRCM ont déclaré leur intention en avril de ne pas participer aux élections. Celui d’Île-de-France Centre, Merzak El-Bekkay, a indiqué dans un dernier communiqué que « 78% des mosquées d’Ile-de France Centre boycottent les élections du 8 juin 2013 ».

Des fédérations de mosquées indépendantes comme en Seine-Saint-Denis (UAM 93) et en Picardie ont également grossi les rangs des mécontents, critiquant la main mise des trois grandes fédérations dans la gestion du CFCM. Pour seule réponse, son président Mohammed Moussaoui avaient déclaré que le scrutin sera tout de même organisé dans les régions dissidentes.

Dernièrement, c’est la Grande Mosquée de Lyon et la Grande Mosquée de Saint-Etienne qui ont appelé au boycott des élections, rejoignant ainsi la Grande Mosquée d’Evry-Courcouronnes dans le camp des frondeurs. Est-ce la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour l’UOIF ? « Ces attitudes sont évidemment à l’encontre de l’idée même qui fonde le CFCM. Elles contredisent les accords qui ont conduit au retour de l’UOIF (…) conditionné par un travail entre les grandes fédérations musulmanes dans la collégialité, l’entente et la mise en avant de l’unité et des intérêts des musulmans de France », fait-elle savoir.

Le projet de réforme du CFCM « immature »

« Les responsables des grandes fédérations ont eu réunion sur réunion pour faire cesser les désordres et mener le processus de la meilleure des façons. A la veille de la validation des listes candidates, force est de constater malheureusement qu’elles n’y arrivent pas et que ce qui se passe aujourd’hui dans les régions est à l’opposé de cette idée, de ces principes et de cet accord », poursuit l’UOIF. « Constatant l’immaturité du projet de réforme du CFCM, notamment et surtout sur le plan régional, l’UOIF appelle à reporter les élections afin de trouver sereinement des solutions aux difficultés signalées. »

Les querelles signalées ce jour ont pourtant très vite éclaté après l’adoption de la réforme des statuts mais l'UOIF a attendu la dernière minute pour lancer son appel sous forme d'ultimatum.

Elle veut se démarquer à nouveau des autres fédérations en montrant qu’elle est davantage à l’écoute des musulmans, qui ne montrent dans les faits que trop peu d’intérêt au CFCM. Sa décision, qui chamboule le processus, devrait pousser les participants aux élections à réviser rapidement leurs positions.






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