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Religions

Des CRCM en rébellion, vers un report des élections du CFCM ?

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 14 Mai 2013

Selon l'agenda du Conseil français du culte musulman (CFCM), les nouvelles élections de l'instance sont programmées pour les 8 et 23 juin. Mais à moins d’un mois de la première échéance électorale, nombreuses sont les voix qui se font entendre pour contester la tenue du scrutin. Tandis que les uns demandent son report, d’autres réclament son annulation. Mais les trois principales fédérations musulmanes (RMF, GMP, UOIF) n’entendent rien changer à leur plan initial.



Des CRCM en rébellion, vers un report des élections du CFCM ?
Les élections anticipées du Conseil français du culte musulman (CFCM) sont programmées dès le 8 juin avec les élections des représentants régionaux. Mais nombreuses sont les voix qui se font entendre pour contester la tenue du scrutin. Le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) est sorti de sa réserve habituelle et a réclamé le report des élections, dans une lettre adressée au bureau exécutif du CFCM le 7 mai.

La fédération fait pourtant partie de ceux qui ont appuyé la réforme des statuts, adoptée par le CFCM en février dernier. Son président, Ahmet Ogras, ne veut pas pour autant fermer les yeux sur les risques que comporte l’organisation d’un scrutin dans un trop court délai.

Retrouver une légitimité par la participation

Ahmet Ogras, également vice-président du CFCM, invoque ainsi le faible taux de participation des mosquées, qui serait de 30 % « malgré les reports successifs, de la date limite, du dépôt accordés par le COMELEN (le comité électoral national, ndlr) aux CORELECs », les comités électoraux régionaux.

« Pendant les négociations lors de la réforme, les 4 fédérations représentaient soi-disant plus de 90 % des mosquées. Force est de constater qu’à ce jour nous en sommes très loin. Nous avons négligé les petites fédérations et les grandes mosquées dans le processus de réforme », comme « le rôle des présidents des CRCM, fraîchement élus en 2011 », déclare-t-il.

Ahmet Ogras, CCMTF
Ahmet Ogras, CCMTF

80 % de taux de participation, le seuil réclamé

Quatre CRCM ont carrément refusé de participer aux élections. Ils ont été rejoint par celui d’Île-de-France - Centre dernièrement. « Ils sont dans leur droit » de vouloir assumer leur mandat jusqu’en 2014, selon Ahmet Ogras, qui pointe le risque de voir se créer « des CRCM bis » après juin.

Il appelle à « une mise en place d’élections qui donne une légitimé au CFCM avec plus de 80% de participation ». De ce fait, il souhaite le report du scrutin pour ne pas affaiblir la réforme en cours de l’instance. « Les élections ouvriront un mandat de six ans aux élus et le délai pour les organiser est trop court alors que l’enjeu est grand », nous dit-il, précisant être rejoint dans cette volonté par la Fédération française des associations islamiques d'Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA).

Une participation faible doublée de la dissidence de cinq régions : des éléments qui vont « amoindrir les efforts du CFCM » pour restaurer « une légitimité et la confiance des musulmans », poursuit M. Ogras si les élections sont maintenues.

Le CFCM maintient son calendrier

Sollicité, Mohammed Moussaoui nous déclare que les dates des élections sont maintenues jusqu’à nouvel ordre. « Le COMELEN se réunit le 17 mai. A l’issue de cette réunion, on en saura plus sur le taux de participation aux élections pour chaque région », nous indique le président du CFCM.

Sans admettre le chiffre de 30 % avancé par le CCMTF, il reconnaît néanmoins que le taux de participation est « plus bas que celui qui était attendu » avec la présence de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et de la Grande Mosquée de Paris (GMP) et que la date de clôture des inscriptions aux listes électorales, fixée au 17 mai, a déjà été repoussée pour inciter les mosquées à répondre à l’appel.

L’UOIF et la GMP n’ayant pas participé aux dernières élections de 2011, « il leur est difficile de remobiliser leurs lieux de culte dans un délai assez court », explique-t-il simplement. Un faible taux de participation « ne doit pas prendre en otage tout le processus de réforme » engagé depuis plusieurs mois par le CFCM, a-t-il encore ajouté. « Pour l’instant, je ne vois rien qui justifie le report des élections. »

Des élections pour « valider » la réforme

Sa position n'a rien de surprenant : lui-même est membre du Rassemblement des musulmans de France (RMF), largement critiqué pour avoir maintenu des élections en 2011 malgré le boycott de l'UOIF et de la GMP.

La réintégration de l’UOIF et de la GMP au CFCM a été conditionnée par « l’organisation d’élections anticipées », fait-il valoir. « On ne peut pas attendre une année entière (juin 2014 comme le souhaitent des CRCM, ndlr) sans qu’elles ne soient intégrées aux CRCM. Elles doivent participer à la gestion du culte musulman » sans plus attendre, déclare M. Moussaoui.

Quid des régions dissidentes ? Les élections pourront y être organisées selon lui, même s'il déclare toujours vouloir trouver une issue au conflit par le dialogue avant. « Sur 22 régions, cette situation ne se présente que dans cinq », minimise le président du CFCM. Mais parmi elles, on compte tout de même l'IDF-Centre, très importante à l’échelle nationale.

Si aucun report n'est décidé, le CCMTF n’entend pas boycotter le scrutin, estimant que « la politique de la chaise vide n’est pas la solution ». Par un tel choix, sa voix portera moins au sein du bureau. Mais cette position n’enlève rien à la solidité de ses arguments que le CFCM devra en tenir compte.





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