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Religions

Le CFCM lance son message d’unité, l’UOIF à l’œuvre

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 5 Février 2013

Les principales fédérations musulmanes de France réunies dans une même table : c’est l’image forte du week-end, prise lors du colloque de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), samedi 2 février au Palais des congrès à Paris. L’union fait la force pour le Conseil français du culte musulman (CFCM). Une union de façade ou un nouveau départ véritablement lancé ?



Les principales composantes du CFCM réunies lors du colloque de l'UOIF le 2 février. De g. à dr. : Mohammed Moussaoui, président du CFCM, Chems-Eddine Hafiz (Grande Mosquée de Paris), Ahmet Ogras (CCMTF-Turcs), Anouar Kbibech (RMF), Azzedine Gaci, recteur de la mosquée de Villeurbanne, et Ahmed Jaballah, président de l'UOIF.
Les principales composantes du CFCM réunies lors du colloque de l'UOIF le 2 février. De g. à dr. : Mohammed Moussaoui, président du CFCM, Chems-Eddine Hafiz (Grande Mosquée de Paris), Ahmet Ogras (CCMTF-Turcs), Anouar Kbibech (RMF), Azzedine Gaci, recteur de la mosquée de Villeurbanne, et Ahmed Jaballah, président de l'UOIF.
Le président de l’UOIF, Ahmed Jaballah, a donné le la de la rencontre publique entre les principales fédérations musulmanes (exception faite des Africains), qui a clôturé une journée riche en interventions autour de la perception de l’islam en France, samedi 2 février.

Autour de lui, se sont retrouvés le Rassemblement des musulmans de France (RMF) et son président Anouar Kbibech, la Grande Mosquée de Paris, représentée par Chems-Eddine Hafiz, le discret Comité de coordination des musulmans Turcs de France (CCMTF), présidé par Ahmet Ogras, ainsi que Mohammed Moussaoui, président du CFCM (RMF).

Un « message fort d’unité », l’UOIF en position de force

Il ne s’agit certes pas de grandes retrouvailles puisque ces mêmes personnes se sont réunies en d’autres occasions, en cercle fermé ces derniers mois. Toutefois, la réunion publique du week-end a son importance symbolique, avec un message clair : les fédérations travaillent sérieusement à la relance de l’institution.

Pour l’UOIF, il s’agit de redorer le blason du CFCM, auquel M. Jaballah a choisi de revenir en janvier sur la base d'un nouvel accord sur la réforme qui devrait être entériné lors de la prochaine Assemblée générale fin février. Selon une source proche du dossier, « l’entrée de l’UOIF est une très bonne chose car elle s’est faite sans l’aide de l’administration », à savoir le ministère de l'Intérieur, et va ainsi mettre « fin à l’hégémonie marocaine » du RMF au CFCM.

Au travers de cette rencontre publique, l’UOIF espère déminer doucement le terrain des critiques quant à son retour officiel dans une institution au fonctionnement encore opaque et qui souffre d’une mauvaise image parmi les musulmans de France.

Des explications à l’affaire du pain au chocolat

Le CFCM en est conscient. Il n’a d’ailleurs pas pu échapper aux interpellations du public, qui a sommé M. Moussaoui d’expliquer les raisons du retrait de la plainte contre Jean-François Copé.

Des explications bienvenues, quand bien même le CFCM veuille en finir avec cet épisode. « Nous n’avions pas eu suffisamment d’éléments de droit pour gagner le procès. Nous avions de fortes chances de perdre la bataille judiciaire », explique alors M. Moussaoui. « Même si les propos sont choquants, ils ne sont pas forcément répréhensibles », indique M. Hafiz, qui a revêtu alors sa casquette d’avocat.

« La pertinence du retrait de la plainte peut être discutée. On peut s’être trompé » mais « si on était allé jusqu’au bout, si on avait perdu, ça aurait été un mauvais signal envoyé aux politiques », ajoute M. Moussaoui, pour qui le dépôt de plainte du CFCM envoie tout de même « un message fort » à la classe politique qui l'inciterait à ne pas déraper sous menace d’une procédure judiciaire. Il faudra cependant bien plus qu'un communiqué pour contrecarrer l'islamophobie politique.

Représenter le culte, pas les musulmans

« Il ne faut pas être trop dur avec le CFCM, c’est un bébé, (...) un enfant de 10 ans », déclare M. Kbibech, A le comparer au Consistoire israélite au fonctionnement « centenaire » et aux institutions catholiques, « millénaire », « on peut donner des circonstances atténuantes au CFCM. »

Face aux critiques, « c’est à vous (musulmans, ndlr) de nous aider à créer les conditions pour la réussite du CFCM en se rappelant que le CFCM est une organisation qui s’occupe du culte et n’a pas l’ambition de représenter les musulmans de France », martèle M. Hafiz.

Encore faudrait-il que ces derniers puissent effectivement participer au fonctionnement du CFCM, qui a tout intérêt à tisser des liens avec la base. Les prochaines élections du CFCM, annoncées pour juin 2013, pourraient signer un nouveau départ. Il y a et aura bien « des dissensions » entre les fédérations car chacune d'elle a « son propre agenda » mais le CFCM travaille désormais à « l’intérêt général » des musulmans, nous dit-on. Ils attendent (encore) de voir les suites effectives de ce discours.





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