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Politique

CFCM vs Copé : Abdallah Zekri explique le retrait de la plainte

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Samedi 12 Janvier 2013



CFCM vs Copé : Abdallah Zekri explique le retrait de la plainte
L’affaire du pain au chocolat a semé la zizanie au Conseil français du culte musulman (CFCM). Après le passage de Jean-François Copé au siège de l’instance mardi 8 janvier, Mohammed Moussaoui a décidé de retirer la plainte, malgré les non-excuses publiques du président de l'UMP et peu après l'ouverture d'une enquête préliminaire à Draguignan.

Pour M. Moussaoui, l’affaire est désormais close. Après des déclarations contradictoires d’Abdallah Zekri, président de l’Observatoire national contre l’islamophobie, ce dernier a aussi décidé de se ranger derrière le CFCM, estimant que M. Copé ne mérite pas d’être « à l’origine d’une division » de leur institution. Il reste néanmoins « choqué par son comportement » face à la presse devant laquelle il a affirmé sans détour ne pas avoir présenté de regrets.

Il ne se prive pas de le faire savoir à travers une lettre ouverte lancée samedi 12 janvier et adressée au député-maire de Meaux, que Saphirnews a obtenu en exclusivité. Il y signifie également qu'ordre a été donné à leur avocate, Khadija Aoudia, de retirer la plainte.

Lettre ouverte à Jean-François Copé

« Monsieur,

Comme vous le savez, nul n’est à l’abri de se tromper, de commettre une erreur dans son travail.

Comme vous le savez également, l'imperfection est humaine, particulièrement en politique et que c'est être homme et responsable que de l'accepter.

Votre attitude personnelle, castratrice du respect vis-à-vis de ceux qui ne pensent pas comme vous ou ne vous ressemblent pas, au lieu de convaincre les Français de vous aimer et de vous suivre politiquement, vous fait perdre au contraire leur respect.

Oui, à maintes reprises, ces derniers temps, vous semblez faire de la polémique stérile votre spécialité pour prétendre au rang envié d'homme d'Etat au lieu d'encourager des impulsions audacieuses au profit et dans l'intérêt de tous les français, si malmenés par les effets d'une violente crise économique et sociale.

Lors de votre discours à Draguignan, vous avez décidé politiquement et volontairement d’offenser une importante composante de la nation française, forte de 5 millions d’âmes, uniquement parce qu’elle est musulmane !

Bien que connaissant votre prédisposition portée sur la provocation gratuite, à votre demande, les membres dirigeants du CFCM ont accepté de vous recevoir pour entendre vos explications sur vos propos toxiques, relatifs à la farce de votre discours sur "le pain au chocolat volé durant un mois de ramadan imaginaire"…

Au cours de cet entretien que nous avons généreusement accepté de vous accorder, vous avez exprimé des regrets que nous avons, par décence morale et bonne éducation, acceptés.

A peine un micro vous a été offert sur Radio RTL, vous n'avez pas su dominer votre fierté et votre honte d'avoir injustement offensé les musulmans de France, que vous n'avez pas résisté à démentir les regrets, si clairement proférés par vous devant tous les responsables du Conseil Français du Culte Musulman.

Une fois de plus, vous avez laissé libre cours à votre faiblesse légendaire :

- Celle d'avoir une vision trop parfaite de votre "petit-être".

Nous nous permettons de vous conseiller un antidote pour ce vilain défaut : l'humilité, surtout en politique, car les électeurs français sont intelligents et avisés dans ce domaine. Ils ne se laissent pas facilement bernés par de simple sornette, comme "l'histoire du pain au chocolat" dont avez tenté d'accréditer l'idée qu'elle ait pu un jour exister...

Oui, votre comportement n’est pas digne d’un responsable politique, candidat potentiel à la magistrature suprême de la France.
Néanmoins, tous solidaires de la position du Président du CFCM qui a cru déceler dans vos regrets renouvelés, après que vous les ayez démentis sur RTL, le reflet d'une dose de sincérité, nous préférons jeter votre "histoire de pain au chocolat" dans le puits de l'oubli, car elle n'honore pas la politique que vous défendez.

Sachez que nous sommes de ceux pour qui le pardon donne à celui qui ne sait pas donner.

Pire encore, le pardon donne à celui qui a offensé. Et notre pardon n'a pas de prix, c'est-à-dire pas d'estimation sur le marché de l'échange politique comme vous vous êtes aventuré à nous le suggérer...

Pour nous, musulmans et citoyens de la République laïque française, l'oubli n'est pas défaillance de l'âme comme disait Platon. "Il est vertu de la volonté, victoire de la vie sur le poids du passé".

Pour nous, votre discours à Draguignan, enrichi par votre conte "du pain au chocolat", effacé par vos regrets doublement réitérés, appartient au passé.

C'est pourquoi, nous avons donné instruction à notre avocate Maître Khadija AOUDIA de retirer notre plainte.

A l'avenir, pour être un homme et un véritable responsable politique décomplexé, n'oubliez jamais que : "la honte est dans l'offense et non dans l'excuse".

Avec toutes nos salutations offensées. »

ZEKRI Abdallah
Président de l'Observatoire contre l'islamophobie.






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