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Politique

Cacophonie au CFCM, nouvelle plainte en vue contre Copé

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 10 Janvier 2013

Depuis la dernière annonce du retrait de la plainte du Conseil français du culte musulman (CFCM) contre Jean-François Copé, rien ne va plus. Alors que Mohammed Moussaoui confirme publiquement la position de son instance en faveur du chef de l’UMP, Abdallah Zekri a affirmé, jeudi 10 janvier à Saphirnews, qu’il ne s’est pas encore rangé aux côtés du président du CFCM, estimant avoir besoin de « clarifications » après les non-excuses publiques de M. Copé tenues la veille.* D'autres musulmans s'activent pour déposer une nouvelle plainte.



M. Moussaoui confirme, jeudi 10 janvier, le retrait de la plainte du CFCM contre Jean-François Copé.
M. Moussaoui confirme, jeudi 10 janvier, le retrait de la plainte du CFCM contre Jean-François Copé.
Après bien des valses-hésitations, Mohammed Moussaoui a confirmé, jeudi 10 janvier, le retrait de la plainte du CFCM. « J'ai appelé Abdallah Zekri, et on s'est mis d'accord sur le retrait de la plainte déposée », a-t-il indiqué, rappelant que les termes du communiqué ont été arrêtés avec son accord.

Contacté par Saphirnews ce jeudi, le président de l’Observatoire français contre l’islamophobie du CFCM affirme pourtant ne pas avoir pris une décision définitive quant au retrait ou au maintien de la plainte, instruite à Draguignan, dans le Var. « J’ai été présent à la rédaction de ce communiqué commun mardi, il a été signé mercredi après-midi. Mais entre-temps, il y a eu un problème », nous indique M. Zekri, en faisant référence aux déclarations de M. Copé mercredi matin. « Pour le moment, je n’ai pris aucune décision », ajoute-t-il.*

Une nouvelle plainte en vue

L’annonce officielle du retrait de la plainte par M. Moussaoui est raillée au sein de la communauté musulmane. Abderrahmane Dahmane, ex-conseiller à la Diversité à l'Elysée, fait visiblement partie des musulmans les plus remontés. « Les responsables musulmans sont des lâches. Ils veulent être reconnus par les politiques aux dépens de l’intérêt des musulmans », nous déclare-t-il d’un trait. « C’est scandaleux ! »

Outre le CFCM, M. Copé en prend aussi pour son grade. Rappelons que ses mauvaises relations de M. Dahmane avec le député-maire de Meaux sont aussi à l’origine de son limogeage du poste de conseiller de Nicolas Sarkozy en mars 2011. Peu avant le débat sur l’islam et la laïcité, celui-ci avait alors déclaré que « l'UMP de Copé, c'est la peste pour les musulmans ».

Des « excuses à huis clos » fustigées

Près de deux ans après cette sortie médiatique, il n’a pas changé d’avis sur celui qui est devenu récemment le président de l’UMP. « Ce personnage ne cesse de stigmatiser la communauté musulmane et personne ne dit un mot, il est dans une politique de séduction de l’extrême droite », fustige M. Dahmane, qui dénonce les « excuses à huis clos » présentées au siège du CFCM, d’autant que le chef de l’UMP a clairement déclaré, mercredi à la presse, n’avoir fait part d'aucun regret lors de son entretien avec M. Moussaoui et M. Zekri.

Avec Mohammed Salah Hamza, recteur de la mosquée Myrrha, dans le 18e arrondissement de Paris, Il annonce son intention de déposer prochainement une plainte contre M. Copé et appelle tous les citoyens musulmans et responsables associatifs à se joindre à cette action en justice. « Nous ne saurions nous contenter de plats "regrets" à huis clos aux allures de manœuvres purement politiciennes de la part de M. Jean-François Copé, a fortiori à l’aune de nouvelles élections à la présidence de l’UMP. Il lui appartient de présenter des excuses ! Oui, des excuses publiques à l’égard de l’ensemble des musulmans de France », fait-il savoir dans un communiqué.

Reste maintenant à attendre si la démarche annoncée si vaillamment par M. Dahmane va aboutir ou s’il ne s’agit, somme toute, que d’une opération de communication sur une affaire qui suscite l’intérêt des médias.

CCIF : le CFCM s’est décrédibilisé dans cette affaire

Du côté du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), la décision d’une plainte doit être « réfléchie » et non « impulsive ». « Le CCIF a choisi de répondre à l’histoire du pain au chocolat par la dérision. Cette option n’est pas suffisante mais elle était nécessaire pour montrer le ridicule de la démarche de Copé (…), pas digne des hautes responsabilités de l’Etat », nous indique Samy Debah.

Si une plainte du CCIF n’est pas encore à l’étude, le président de l’association estime qu’« une fois de plus le CFCM s’est décrédibilisé. En outre, si l'institution souhaitait montrer qu'elle est indépendante, ses prises de position dans cette affaire ont reflété le contraire ». M. Copé a eu une « attitude lâche » en faisant croire au CFCM qu’il allait « rendre publics ses regrets ». « Il regrette les conséquences de la polémique suscitée par ses propos mais pas ses propos et il les redira », poursuit M. Debah. Le CFCM « ne peut pas, à longueur de temps, écrire des communiqués pour dénoncer les actes islamophobes et, en même temps, passer l’éponge face à l’attitude caractérisée de Copé ».

Au nom de l'Observatoire contre l’islamophobie, M. Zekri peut-il se désolidariser de la décision de M. Moussaoui ? Sa position définitive est désormais attendue.






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