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Hadj

Hajj 2010 : le Net plus ultra avec Go-Makkah

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Vendredi 29 Octobre 2010

Pour effectuer son pèlerinage à La Mecque, trop peu de personnes ont le reflexe d’aller sur le Net. La plupart préfèrent se fier aux dires d’intermédiaires ou d’agences, dont certains se révèlent peu scrupuleuses. Chokri Saidi, fondateur de Go-Makkah.com, le premier comparateur d'agences de voyages spécialisées dans le hajj et la 'umra en France et en Europe, veut changer les habitudes des pèlerins tout en faisant de leur voyage une réussite.



Hajj 2010 : le Net plus ultra avec Go-Makkah
Cinquième pilier de l’islam, le grand pèlerinage à La Mecque (ou hajj) est le voyage le plus important de la vie d’un musulman.

Avec une moyenne de 25 000 visas accordés par l’Arabie Saoudite à la France, les pèlerins français comptent parmi les plus importants des pays non musulmans. De 3 500 à 5 000 €, le voyage relève souvent de l’économie d’une vie. Même si la plupart reviennent ravis des Lieux saints, il ne se passe pas une année où on n’entend pas parler d’arnaques. Chokri Saidi en a fait l’amère expérience en 2008 avec sa femme.

Une arnaque à l’origine de l'idée de Go-Mekkah

Ce jeune consultant en finance et ingénieur informatique s’est retrouvé comme plusieurs centaines d’autres personnes floué par les promesses d’une agence. « Comme 90 % des gens », le bouche-à-oreille a fonctionné. « J’ai entendu d’une personne que cette agence [celle qu’il avait choisie pour son hajj, ndlr] était bien. A peine deux jours après notre arrivée, on a dû ramasser nos affaires de notre hôtel pour partir dans un autre. Notre hôtel 5 étoiles qu’on nous avait promis ne valait même pas une étoile », raconte-t-il à Saphirnews.

« Je devais être en face de la mosquée Al-Haram. On s’est retrouvés à 11 km d’elle. Des hommes, qui ont payé 1 000 € de plus pour avoir une chambre double pour s’installer avec leurs femmes, n’ont pas eu ce qu’ils voulaient. Moi et ma femme sommes jeunes, alors on a fait de l’auto-stop pendant les deux semaines. Mais les personnes âgées et les handicapés, qui ont attendu toute leur vie d’être à La Mecque, se sont retrouvés à ne pas pouvoir faire leur pèlerinage », poursuit-il.

Pourquoi ne pas intenter un procès contre l’agence ? Manque de preuves. Il n’avait ni contrat ni garanties. Dès lors, c’est parole contre parole. « J’ai déjà fait le tour du monde en sac à dos. Mais quand on veut aller à La Mecque, on ne se pose pas de questions. Quand on en parle, on est sous un effet d’hypnose. Alors j’ai donné mon passeport et l’argent dans un souk comme tout le monde. »

Issu du milieu associatif et d’affaires, M. Saidi, 35 ans, décide alors de créer un comparateur d’offres des petits et grands pèlerinages à La Mecque et à Médine provenant d’agences fiables qui souhaitent figurer sur le site. Fondateur en 2007 du site Rahhala.net, premier site des voyageurs arabes et d'information sur les voyages en petit budget dans le monde arabe, il savait déjà comment s’y prendre pour se lancer dans l’aventure Go-Makkah.

Hajj 2010 : le Net plus ultra avec Go-Makkah

De l'importance pour le pèlerin d'avoir un contrat

Lancé en mai 2009, le site répertorie à ce jour 70 agences spécialisées dans le hajj et la 'umra (petit pèlerinage), issues de 19 pays.

M. Saidi en appelle à la responsabilité des agences mais aussi à celle des pèlerins. « Il faut qu’ils prennent leur temps en comparant les offres, puis en demandant à l’agence un contrat, des garanties. Quand il s’agit d’acheter une voiture, certains vont faire le tour du monde pour la trouver. Mais quand il s’agit d’un voyage hors de prix, ils ferment les yeux et font confiance à n’importe qui », déplore-t-il. Le comparateur est alors là pour changer certaines habitudes.

Quant aux agences présentes sur le site, M. Saidi affirme que son équipe les sélectionne avec grand soin : contrôle des numéros de licence et d’agrément hajj et 'umra ; vérification des caractéristiques des hôtels que les agences disent réserver pour leurs clients ; fiches d’informations ; envoi d’un courriel au pèlerin pour lui demander de signer un contrat avec l’agence qui l’engage à respecter tout ce qui était annoncé sur l’offre…

Le risque zéro n’existe pas, mais Go-Makkah a de quoi rassurer. Les insultes, menaces de poursuite judiciaires et intimidations que M. Saidi dit recevoir de personnes qui ne veulent pas d'un outil comme le sien ne lui font pas peur, « fort de notre conviction de l’importance de notre mission et de notre détermination à aider des milliers de musulmans ».

Le site revendique désormais entre 35 et 40 000 visites par mois et les responsables estiment même le nombre pour la fin de l’année 2010 à 80 000 visites mensuelles.

Actuellement disponible en 5 langues (français, anglais, russe, allemand et arabe), le site disposera prochainement d’une version en turc et en indonésien afin de faire de Go-Makkah un site accessible à tous pèlerins, où qu’ils vivent. Sous réserve que les agences fiables fassent confiance à cet outil car, sans elle, le comparateur demeurerait bien maigre.

Un investissement personnel de 100 à 150 000 €

Plus de 1 000 réservations en ligne ont été prises au mois de septembre, à cheval entre le mois sacré du Ramadan et le mois suivant de Chawwal, période à laquelle les demandes pour effectuer la 'umra ont été fortes.

Toutefois, les réservations faites grâce à Go-Mekkah sont sans doute trois fois plus nombreuses, selon M. Saidi. Le site met en effet à disposition les coordonnées des 70 agences présentes sur le site. Les visiteurs du site peuvent contacter directement l’agence de leur choix et réserver auprès d'elle sans passer par le site.

Pour M. Saidi, cela n’est point un problème. D’une part, « nous en sommes contents parce que notre objectif est que les pèlerins évitent les rabatteurs et intermédiaires qui font augmenter les prix et les risques […] C’est un service que nous leur rendons. Et puis nous ne percevons pas de commissions sur les réservations effectuées via Go-Makkah », affirme-t-il.

Mais entretenir un site Internet coûte cher. « C’est un grand investissement personnel qui me coûte entre 100 et 150 000 € par an », qu’il finance via sa propre société de conseil pour de grandes banques d’affaires internationales IT Bee Consulting, déclare M. Saidi.

Un marché bientôt bouleversé

Pour diminuer les charges, ce dernier a décidé de faire louer l’espace du site Internet aux agences. Mais dans les faits, seuls 5 agences sur 70 payent. « On ne peut pas se substituer du jour au lendemain au réseau classique des rabatteurs auxquels les agences font appel. Avec Internet, on peut casser cette chaîne d’intermédiaires et cela n’arrange personne. Ni les rabatteurs qui perdraient leur travail, ni les agences qui ne font pas encore confiance à Internet pour leur ramener des clients », nous explique le directeur.

C’est le cas notamment en Afrique et au Moyen-Orient, où les nouvelles technologies restent encore peu développés. Supporter les charges revient pour M. Saidi à encourager et à rassurer les agences. « On doit d’abord établir un lien de confiance avec elles pour que leurs responsables voient que Go-Makkah est un outil qui marche. Surtout, on voit ces agences comme des partenaires » et non des clients, affirme-t-il.

Go-Makkah ne représente encore qu'un nombre extrêmement limité d'offres et d'agences pour le pèlerinage. Néanmoins, il semble très bien parti. A l'heure du tout-Internet, le marché du hajj et de la 'umra, qui représente un pactole de plus de 100 millions d'euros, selon certaines estimations, ne devrait plus tarder à changer de facette, particulièrement dans les pays occidentaux.








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