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Religions

Des aumôniers musulmans dans les hôpitaux de Paris

Santé et spiritualité

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 6 Mai 2010

Plusieurs hôpitaux de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont ouvert des services d’aumônerie musulmane depuis mars 2010, a annoncé Abdelkhader Khali, responsable du Collectif des aumôniers musulmans des hôpitaux de l’AP-HP à Saphirnews. Une bonne nouvelle pour la communauté musulmane, longtemps en mal de reconnaissance dans le milieu hospitalier.



Abdelkader Khali (à dr.), responsable du Collectif des aumôniers musulmans des hôpitaux de Paris (AP-HP) aux côtés de ses collègues Tahar Mohamed Benakila, Abbas Abdennour et Mohammed Azizi (de g. à dr.).
Abdelkader Khali (à dr.), responsable du Collectif des aumôniers musulmans des hôpitaux de Paris (AP-HP) aux côtés de ses collègues Tahar Mohamed Benakila, Abbas Abdennour et Mohammed Azizi (de g. à dr.).
Un service d’aumônerie interreligieuse (catholique, protestante, orthodoxe, juive et musulmane), voilà ce qu’offre l’hôpital Avicenne de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, à leurs patients. Un exemple que nombre de directions d’hôpitaux prennent aujourd’hui.

Des aumôneries musulmanes ont ainsi vu le jour dans plusieurs hôpitaux de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), en mars et avril 2010. Parmi eux, ceux de la Pitié-Salpêtrière (Paris 13e), de Necker-Enfants malades (Paris 15e), de Bichat (Paris 18e) et de Beaujon (Clichy).

Le taux moyen de patients musulmans – majoritairement issus du Maghreb et d'Afrique subsaharienne – pouvant facilement dépasser 50 % dans certains services hospitaliers, tels l’endocrinologie, la cardiologie, la diabétologie ou encore la pédiatrie, l’ouverture de ces services était devenue indispensable. Ce chiffre peut même atteindre jusqu’à 80 % dans les hôpitaux de la région parisienne, à l’instar de l'hôpital Bichat.

L’aumônier, un compagnon de route du malade

Pour le moment, dix aumôniers – dont une femme, aumônière des prisons –, diplômés de l’institut Al-Ghazali de la Grande Mosquée de Paris et de l’Institut catholique de Paris du diplôme « Religions, Laïcité, Interculturalité », et agréés par Nabaoui Abdelhaq, l’aumônier musulman national des hôpitaux de France (CFCM), officient actuellement dans une quarantaine d’hôpitaux de l’AP-HP.

« C’est la seule institution qui salarie la fonction d’aumônier, les hôpitaux régionaux ou privés utilisant des bénévoles ou des associations pour les visites aux malades », a indiqué à Saphirnews Abdelkhader Khali, responsable du Collectif des aumôniers musulmans des hôpitaux de l’AP-HP.

« Nous assurons la visite aux malades à leur demande et celles de leurs familles pour les réconforter, les soulager de leurs souffrances. La fonction est très prenante, on peut être appelé en pleine nuit pour faire l’accompagnement d’un frère ou d’une sœur mourants », a ajouté ce fonctionnaire qui officie à la Pitié-Salpêtrière et à Necker.

Ainsi, lors de décès de patients musulmans, les aumôniers assurent, à la demande des familles, la toilette et la prière mortuaire, le tout selon les principes de l’islam. « Nous aidons les familles lors de leurs démarches administratives et les conseillons à propos du rapatriement du corps dans les pays d’origine ou de l’enterrement dans les carrés musulmans des cimetières sur le sol français », nous indique-t-il.

Gewardes Putrus, aumônier dans les hôpitaux Henri Mondor et Chenevier
Gewardes Putrus, aumônier dans les hôpitaux Henri Mondor et Chenevier

Une mission en alliance thérapeutique avec les médecins

La religion a toute sa place dans la vie d’un hôpital et la quête de spiritualité et de sens est primordiale pour un grand nombre de malades. La présence réconfortante d’aumôniers hospitaliers de toutes religions dans les établissements se révèle nécessaire. « La laïcité ne se résume pas à la neutralité de l'Etat ni à la tolérance. Elle ne peut ignorer le fait religieux et implique l'égalité entre les cultes », souligne la charte de l’aumônerie musulmane hospitalière.

Cependant, les aumôniers ne remplacent en rien l’équipe médicale, chargée de soigner et de soulager les souffrances avec les moyens matériels dont ils disposent. Bien qu’un travail d’étroite collaboration s’effectue entre le personnel soignant et les aumôniers, aucun ne s’échangent les confidences des patients et les dossiers médicaux.

Comme leurs homologues, les aumôniers musulmans aident ainsi le personnel administratif et hospitalier à faire comprendre aux malades qui ont une interprétation et croyance erronées de la religion de suivre strictement les avis, actes et soins médicaux du personnel d’encadrement médical et administratif.

« En effet, certains problèmes peuvent être évités par la présence d’imams et d’aumôniers avec certains musulmans minoritaires, qui, par exemple, exigent que les soins soient prodigués pour leurs épouses par des médecins de sexe féminin alors qu’il n’existe aucun texte coranique qui justifie ce type de comportement. Au contraire, dans la religion musulmane, c’est la vie des patients, quel que soit le sexe des soignants, qui est privilégiée », explique le responsable du Collectif des aumôniers musulmans. Précisons que ce type de problèmes reste quasi inexistant à l’heure actuelle.

Plusieurs groupes hospitaliers comptent évaluer leurs besoins en aumôniers selon le taux de patients musulmans admis. Les hôpitaux Henri-Mondor et Albert-Chenevier, à Créteil, ont, quant à eux, débuté leurs services en mai 2010.






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