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Politique

Après Magnanville, Bernard Cazeneuve affiche sa fermeté à l’iftar du CFCM

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 16 Juin 2016

C'est dans un contexte lourd, marqué par les meurtres de policiers à Magnanville (Yvelines), que Bernard Cazeneuve s'est rendu, mercredi 15 juin, à l'invitation du Conseil français du culte musulman (CFCM) pour le repas de rupture du jeûne organisé à Paris.



Après Magnanville, Bernard Cazeneuve affiche sa fermeté à l’iftar du CFCM
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) n’avait pu organiser l’année passée son propre iftar, le tort est réparé cette année. L’instance a choisi l’hôtel Les Salons Hoche dans le 8e arrondissement de Paris pour réunir solennellement, mercredi 15 juin, ses quelque 150 invités, parmi lesquels figuraient en bonne place le ministre de l’Intérieur chargé des Cultes Bernard Cazeneuve, de même que Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, et la sénatrice Bariza Khiairi, récemment nommée à la tête de l’Institut des cultures d’islam (ICI).

C’est toutefois dans un contexte particulier que ce repas officiel de rupture du jeûne s’est déroulé, deux jours après l’assassinat d’un couple de policiers à Magnanville que l’ensemble des organisations musulmanes a condamné avec la plus grande vigueur. C’est d’ailleurs par une minute de silence en hommage aux victimes du terrorisme que débutait la cérémonie. Aux côtés du président du Conseil français du culte musulman (CFCM) et du recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur, le ministre ne s'est pas privé de répéter « la nécessité de mettre toutes nos forces dans le combat » contre la radicalisation à caractère religieux.

« Une responsabilité historique » du CFCM

« J’attends de tous les Français, et pas seulement les Français de confession musulmane, qu’ils marquent cet attachement inconditionnel à la République française », a-t-il déclaré, dans un discours qui a fini par déborder sur l’heure de la rupture de jeûne. A ses yeux, le CFCM, qui « devient un laboratoire d’idées », a une « une responsabilité historique » dans la lutte contre l'extrémisme.

« Nous la partageons avec vous, elle nous engage ensemble : elle est celle de continuer à militer de toutes nos forces pour la défense de la République contre le terrorisme bien sûr, mais, au-delà de cela, de lutter contre l'obscurantisme, le fanatisme, le rejet de l'autre », a affirmé le ministre, appelant les organisations musulmanes à « faire preuve de la même intransigeance républicaine à l’égard de ceux qui, au sein de votre communauté, sans approuver les actes terroristes, leur trouvent des explications et des excuses ».

Soulignant également avec fermeté l’intransigeance du gouvernement à lutter contre le terrorisme, le ministre a défendu les mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence, nonobstant les critiques nombreuses formulées par des organisations de la société civile depuis son instauration en novembre 2015, et ce en présence notamment du président de la Fédération protestante de France (FPF) François Clavairoly, du directeur du Service national des relations avec les musulmans pour l'Eglise catholique Vincent Feroldi, ou encore du président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) Francis Khalifa et de son prédécesseur Roger Cukierman.

Les musulmans craignent les hostilités en 2017

Face aux craintes des musulmans de voir se multiplier de fâcheuses déclarations islamophobes à l’approche des prochaines échéances électorales en 2017, Anouar Kbibech en a appelé « à la raison et au discernement » du monde politique contre les amalgames dont sont victimes les citoyens de confession musulmane. « La parole politique doit être prudente. Elle doit peser chaque mot, elle doit éviter de blesser, de diviser (…) et elle doit surtout éviter de céder aux charmes de ce qu’est trop souvent la politique dans notre pays, un jeu déconnecté de la réalité », a rétorqué Bernard Cazeneuve. Etre musulman en France en 2016 ne doit pas être « un motif de disgrâce, d’avantage ou de violence ».

« Nous sommes des citoyens (…) et c’est là notre première appartenance qui permet d’assurer la concordance avec toutes les autres (appartenances) », a-t-il indiqué. Un discours qu’il aura à cœur de marteler dans l’enceinte de la Grande Mosquée de Paris, vendredi 17 juin, pour un nouvel iftar officiel.





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