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Monde

11-Septembre : la vague islamophobe touche les Etats-Unis

Rédigé par Leïla Belghiti | Mardi 14 Septembre 2010

« Jamais en guerre contre l'islam », dixit le président américain, au cours de la cérémonie marquant le neuvième anniversaire des attentats du 11-septembre. Un anniversaire particulièrement tendu dans un contexte de surenchère anti-musulmane.



Manifestation à New York contre la construction de la mosquée et centre culturel House Cordoba.
Manifestation à New York contre la construction de la mosquée et centre culturel House Cordoba.
« Les Ecritures nous enseignent d'abandonner amertume, ressentiment et colère, bagarre et insulte, et toute autre forme de méchanceté», a déclaré le chef de l'Etat américain, qui s'exprimait, le 11 septembre dernier, près du Pentagone, à Washington.

« Ce n'est pas une religion qui nous a attaqués en ce jour de septembre. C'était Al-Qaïda. Un groupe pitoyable d'hommes qui pervertissent la religion », a insisté le locataire de la Maison-Blanche. « Et tout comme nous condamnons l'intolérance et l'extrémisme à l'étranger, nous respectons notre essence de pays de diversité et de tolérance», a ajouté le président Obama.

La ville de New York s'est réveillée samedi dans une atmosphère lourde de souvenirs. À Ground Zero, nom donné à l'emplacement où s'élevaient les tours jumelles du World Trade Center, des milliers de personnes sont venues écouter la lecture traditionnelle des noms des 2 752 victimes des tours jumelles, annoncée par un glas funèbre, pour se terminer en tambour et trompette, comme pour signifier le début d'un jour nouveau, d'une page nouvelle dans l'histoire de la City.

Geert Wilders profite d'un bain de foule islamophobe

Quelques minutes plus tard, à quelques encablures de Ground Zero, un homme est accueilli en héros : Geert Wilders, ne pouvait rêver meilleur endroit ni meilleure occasion pour s'établir une présence outre-atlantique. Un avènement qui sied à merveille au leader d'extrême droite néerlandais, sur fond de polémique autour du projet de contruction d'une mosquée non loin de Ground Zero, soutenu par le maire de New York Michael Bloomberg et Obama en personne.

« Essayez de vous rappeler la panique, la terreur, la peur qui ont été ressenties à ce même endroit il y a neuf ans », a-t-il lancé, «Est-ce que New York méritait cela ? Est-ce que l'Amérique méritait cela ? Aujourd'hui, New York ne mérite pas qu'on lui impose cette mosquée», fustige-t-il devant un parterre de militants, « mille cinq cents, peut-être deux mille », rapporte un correspondant du journal Libération. Une « mosquée », en réalité un centre culturel islamique ultra-moderne (avec centre de loisirs, piscines, salles de conférences, salle de prières, etc.) qui devrait voir le jour dans deux ans.

Les victimes du 11-Septembre sont des compatriotes

L'imam Feisal Abdul Rauf, porteur du projet de la « Maison Cordoba » (en référence à la prospérité de Cordoue, la ville andalouse, symbole de paix et de multiculturalisme), a regretté la teneur des polémiques et, selon lui, l'abandon de ce projet « renforcerait les extrémistes dans le monde musulman, cela les aidera à recruter et mettra en danger nos soldats, nos ambassades, nos citoyens » a-t-il affirmé dimanche.

L'imam Rauf a de même déploré que « l'islamophobie atteigne, et peut-être même dépasse ce qui s'était produit juste après le 11-Septembre ». L'Amérique aurait-elle oublié que des centaines de musulmans, ont, eux aussi, partagé le sort de leurs compatriotes, périssant dans l'effondrement des tours jumelles ?

Les nouveaux héros de l'islamophobie

Les tensions interreligieuses étaient d'autant plus palpables et inhabituelles en ce jour de triste anniversaire qu'une nouvelle polémique venait tout juste de faire son apparition : le projet d'un pasteur chrétien extrémiste de brûler des exemplaires du Coran le 11 septembre avait suscité un soubresaut médiatique spectaculaire. Un projet écarté la veille des commémorations, cédant aux pressions du gouvernement, inquiet pour ses relations avec le monde musulman.

Néanmoins, le pasteur a bénéficié par ses élucubrations d'une large couverture médiatique et d'aucuns projettent de rebondir sur la polémique suscitée par le pasteur illuminé pour les prochaines élections.

L'Amérique a désormais elle aussi son Geert Wilders, ou son Kurt Westergaard, ou encore son Sarrazin.



Leïla Belghiti


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