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Cinéma, DVD

My Name is Khan, la résilience post-traumatique du 11-Septembre

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 25 Mai 2010

Peu de films indiens font leur apparition dans les cinémas français. Après « Slumdog Millionnaire » , voici le superbe film « My Name is Khan », à l’affiche à partir du mercredi 26 mai. Signé du réalisateur Karan Johar, le film aborde sans concession la thématique de la place de l’islam en Occident, en racontant – non sans humour et avec finesse – l’histoire d’une famille indienne brisée après la tragédie du 11-Septembre. Une famille stigmatisée par les préjugés, dont le père n’est autre que musulman et, de surcroît, est atteint d’une forme d’autisme depuis son enfance.



« My name is Khan », à l'affiche en France à partir du 26 mai 2010, traite, à la manière indienne, de l'islamophobie post-11 Septembre aux Etats-Unis, à travers l'histoire d'un autiste musulman.
« My name is Khan », à l'affiche en France à partir du 26 mai 2010, traite, à la manière indienne, de l'islamophobie post-11 Septembre aux Etats-Unis, à travers l'histoire d'un autiste musulman.
Entre Hollywood et Bollywood, il n’y a qu’un pas. Ce pas est franchi par Koran Johar, le jeune réalisateur fétiche du cinéma indien de nationalité américaine. A son palmarès : plusieurs films à succès dont Kuch Kuch Hota Hai et La Famille indienne. Exit les clips à rallonge tant connus, la magie s’opère une fois de plus sur grand écran avec My name is Khan avec des noms aussi prestigieux que Shah Rukh Khan (SRK) et Kajol, le couple mythique de Bollywood et acteurs principaux du film.

Son histoire ? Celui de Rizvan Khan (SRK), un enfant musulman né en Inde souffrant du syndrome d’Asperger, une forme légère d’autisme. A la mort de sa mère, il rejoint son frère aux États-Unis où il tombe amoureux de Mandira (Kajol), une mère célibataire hindoue avec qui il se marie.

A la suite du 11-Septembre, dans un climat ambiant d’islamophobie, sa famille implose. Malgré son étrange comportement qui le rend suspect aux yeux des autorités, Rizvan est décidé à rencontrer le président américain avec pour seul message : « My name is Khan and I’m not a terrorist. » Un long voyage commencera pour lui…


L’islamophobie de l’après 11-Septembre sur grand écran

My Name is Khan n’est pas sans rappeler la mésaventure de SRK, lui aussi marié à une hindoue. Alors qu’il y venait participer à des événements commémorant le 62e anniversaire de l’indépendance de l’Inde, la mégastar indienne a été arrêté en août 2009 à l’aéroport du New Jersey (États-Unis) par les services d’immigration, provoquant un court temps un incident diplomatique.

Son patronyme musulman « Khan » serait fiché selon les douaniers qui ne l’ont pas reconnu. Il a fallu l’intervention de l’ambassade de l’Inde pour abréger cet interrogatoire. Cette affaire relance une fois de plus le traitement des musulmans – ou de ceux qui paraissent l’être – à leur entrée aux États-Unis.

Cela n’en fait pas pour autant un documentaire autobiographique. Pour Karan Johar, il s’agit avant tout d’«une histoire d’amour épique entre deux personnes qui ont une façon unique de voir le monde ». C’est aussi pour lui « une chance unique d’apporter un nouveau point de vue sur un monde qui reste soumis à l’intolérance culturelle et aux incompréhensions », à travers le parcours d'un autiste, décidé à (presque) tout réparer de la vie.

Dernier exemple en date : la construction d’une mosquée à quelques encablures de Ground Zero suscite outre-Atlantique la controverse depuis peu, certaines familles et amis de victimes du 11 septembre trouvant « indécent » son édification aux côtés d’un mémorial de victimes mortes « au nom de l’islam ».

Carton plein aux États-Unis et en Inde

Sorti aux États-Unis et au Canada en février dernier, My name is Khan a fait un carton au box-office. Après deux semaines d’exploitation, ce film est devenu le plus gros succès de SRK en Amérique du Nord. Malgré l’absence de clips chorégraphiques, il trouve aussi son public en Inde mais finit par s’essouffler quelques semaines après son lancement.

En cause : les multiples appels au boycott lancés par Shiv Sena, le groupuscule ultra nationaliste hindou anti-musulman et fortement implanté dans l’État du Maharastra. SRK y est considéré comme un traître à la botte du Pakistan, le voisin musulman haï de la mouvance, après avoir déploré, en février, l’absence de joueurs pakistanais dans les équipes indiennes de cricket.

Les gérants des salles de cinéma de Mumbai (anciennement Bombay), capitale du Maharastra, se sont même vus obligés de retirer le film de leur programme sous peine d’être « punis ». Ce qui a poussé le gouvernement local à placer des policiers et même des soldats devant chaque salle pour éviter aux activistes hindous de commettre agressions et actes de vandalisme, rapporte El Watan.

Cependant, ces critiques n’ont pas trouvé d’écho dans l’industrie du cinéma indien et, lors de son mois de lancement, 39 millions de dollars ont été générés dans le monde, dont 22 millions rien qu’en Inde.

My Name is Khan est aussi le premier film hindi à sortir dans les cinémas égyptiens et syriens et a reçu un très bel accueil dans les pays du Moyen-Orient. Fox, le diffuseur du film, en espère autant en France, où vit la plus importante communauté musulmane d’Europe. Le président Bush et Obama y font même une apparition... enfin, disons plutôt leurs sosies. Que les cinéphiles se tiennent prêts dès à présent pour 2 heures 40 de scènes alternant légèreté poétique, comique de situation et intensité dramatique, qui font de My Name is Khan un film terriblement touchant mais aussi profondément politique.









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