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Ramadan

Zakât al-Fitr : les étudiants parmi les premiers bénéficiaires

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Lundi 4 Août 2014

Durant le mois de Ramadan qui vient de s’écouler, les fidèles ayant les moyens financiers ont été priés de verser la zakât al-Fitr. Cette aumône obligatoire versée avant l'Aïd est distribuée aux plus démunis. Qui en sont les bénéficiaires en France ? L'heure est au bilan et les mosquées qui récoltent la zakât des fidèles ont la réponse.



Zakât al-Fitr : les étudiants parmi les premiers bénéficiaires
Comme les années précédentes, le montant de la zakât al-Fitr est fixé à 5 € par personne. Le chef de famille doit la verser pour toute personne qui est à sa charge. Une famille composée de deux adultes et de deux enfants doit ainsi débourser 20 €. Cette somme est souvent remise par les fidèles aux mosquées où ils ont l’habitude de prier et qui sont d’ailleurs prises d’assaut durant le mois de Ramadan. Il revient alors aux lieux de culte de distribuer l’argent amassé aux démunis.

A la Grande Mosquée de Saint-Etienne (Loire) où plus de 11 000 € ont été récoltés, 83 personnes inscrites au préalable ont pu bénéficier de cet argent. Cette année, la distribution s'est limitée « aux personnes de Saint-Etienne », précise Aldo Oumouden, le chargé de communication de la mosquée. Le lieu de culte souhaitait avoir un « impact social dans (sa) zone locale », explique-t-il.

Célébrer l'Aïd convenablement

Ces bénéficiaires ont fait l’objet d’une « enquête préalable » pour savoir s’ils étaient vraiment dans le besoin. Ce sont surtout des étudiants qui ont demandé à être inscrits sur la liste. Un petit calcul permet de voir que chacun a pu se voir attribuer une somme d’environ 132 €.

A Tours (Indre-et-Loire), les 6 000 € collectés au titre de cette aumône purificatrice ont été dispatchés entre 209 bénéficiaires pour qui le versement de la zakât al-Fitr doit avant tout permettre de fêter dignement l’Aïd al-Fitr. Cette aide se veut avant tout ponctuelle pour que ce jour puisse être célébré comme il se doit par tous les musulmans.

A Tours, les bénéficiaires sont surtout des étudiants notamment venus d’Afrique subsaharienne, et des réfugiés en provenance de Syrie, de Libye ou de Tunisie, nous informe Salah Merabti, le président de la communauté islamique d'Indre-et-Loire.

A Villeneuve-d’Ascq (Nord), « ville universitaire », les étudiants sont également les premiers bénéficiaires de ce coup de pouce. La distribution se fait « instantanément », « au seuil de la porte », commente Mohammed El Mokthari, le secrétaire général du centre islamique de la ville. Seule une pièce d’identité est demandée pour s’assurer que les demandeurs sont bien Villeneuvois, nous indique ce dernier.

La Grande Mosquée de Strabourg.
La Grande Mosquée de Strabourg.

140 personnes par iftar

La pauvreté - qui frappe dur parmi les jeunes - est une réalité française constatée des mosquées qui s’illustre par l’afflux de fidèles aux repas de rupture de jeûne (iftar) organisés par associations et lieux de culte chaque soir du Ramadan.

Ils sont de « plus en plus nombreux », juge M. Merabti, qui fait savoir que 140 personnes profitaient d’un repas gratuit chaque soir, ce Ramadan 2014. C'est fort de ce constat que beaucoup d’entre les mosquées optent pour distribuer la zakât aux démunis de leur commune et des alentours.

A Strasbourg (Bas-Rhin), si les nécessiteux de la ville n’ont pas été oubliés, une partie de la zakât récoltée cette année est allée à destination de la bande de Gaza, qui subit une offensive meurtrière d’Israël. Une autre part a été distribuée pour la Syrie, en proie à une guerre civile depuis 2011.

Une aumône tournée vers l'international

L’an dernier, la totalité de la zakât du Ramadan collectée par la Grande Mosquée avait été remise à la Syrie. Les conséquences désastreuses de ce conflit, Strasbourg en témoigne. Les réfugiés syriens y « arrivent de plus en plus » mais beaucoup « n’ont pas l’intention de rester » et souhaitent regagner les « pays nordiques », témoigne ainsi Abderrahim El Heloui, le président de la Grande Mosquée de Strasbourg.

Du côté des ONG et associations caritatives qui reçoivent la zakât, la distribution se fait très souvent à l’étranger. L'aide est ponctuelle mais elle demeure précieuse pour les bénéficiaires tant la misère persiste.





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