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Ramadan

L'Aïd al-Fitr, la deuxième fête de l’islam

Aïd el Fitr

Rédigé par Kamel Meziti | Samedi 18 Août 2012

           


L'Aïd al-Fitr, la deuxième fête de l’islam
Aïd al-Fitr (terme arabe désignant la fête de la rupture), ou Aïd el-Fitr (terme le plus généralement usité en France), est la fête musulmane marquant la rupture du jeûne. Elle est célébrée le premier jour du mois de Shawwal, dixième mois du calendrier islamique : l’apparition de la nouvelle lune marque ainsi l'accomplissement de la longue période du jeûne pendant le mois béni de Ramadan.

L'Aïd el-Fitr, deuxième fête de l’islam est aussi parfois appelée Aïd es-Seghir, la petite fête, par opposition à l'Aïd el-Kébir, la grande fête (Aïd al-Adha), laquelle a lieu environ deux mois et dix jours après (en fait le 10e jour de Dhu al-hijja) en commémoration du sacrifice d’Abraham.
Cette fête est donc complètement liée au mois de Ramadan et constitue un moment de célébration intense de la communauté musulmane.

Selon la Sunna, la veille de l’Aïd el-Fitr, Allah interpelle les anges :
« Ô Mes Anges ! Quelle est la récompense de ces travailleurs qui ont terminé leur tâche (le jeûne) ? » Les anges répondent qu'ils devraient être récompensés. Le Tout-Puissant répond alors : « Soyez témoins, Je leur ai tous pardonnés » (rapporté par Muslim).

Une grande partie de la fête de l'Aïd est dépensée dans la gratitude et dans l'éloge d'Allah, du triomphe personnel au-dessus de ses passions durant un mois de long accomplissement exécuté dans le but unique de satisfaire et de servir le Seigneur.

Des appellations multiples pour une même fête

Si l’Aïd el-Fitr est l'appellation musulmane canonique (utilisée dans les hadiths), provenant d'Arabie, on l’a vu, au Maghreb notamment, elle est également appelée l’« Aïd es-Seghir ».

Elle a néanmoins d’autres appellations telles que « Idul Fitri » en Indonésie, ou encore « Lebaran » (ce terme évoque la dispersion, sous-entendu : après avoir communié dans le jeûne). En Malaisie et à Singapour, « Hari Raya Puasa » désigne cette fête.

En albanais, cette fête s'appelle officiellement « Fitër Bajrami » mais on l'appelle plus souvent « Bajrami i madh » (le grand Bajram), tandis que l'Aïd el-Kébir s'appelle « Bajrami i vogël » (le petit Bajram) ou « Kurban Bajrami » : bizarrement le sens est donc contraire à l'appellation du Maghreb.

Les Bosniaques et autres peuples slaves du Sud ne font pas cette inversion-là : c'est « Mali Bajram » (le petit Bajram) qui marque la fin du Ramadan. On dit aussi « Ramazanski Bajram » (le Bajram de Ramadan, le terme bajram est issu du mot turc bayram).

En Turquie, cette fête est appelée « Ramazan Bayram » ou « Şeker Bayram » (lire « cheker baille rameu ») ou « fête du sucre » par allusion aux aliments sucrés consommés dans la matinée.

En Afrique de l'Ouest, au Sénégal ou au Mali par exemple, cette fête est nommée la « korité ».
De leur côté, les Nigériens la désignent « Karamas'Sallah » ou « Djingar Keyna », ce qui signifie « petite fête ».

Trois jours de festivités

Grande occasion festive pour la communauté musulmane, l’Aïd el-Fitr est célébré traditionnellement pendant au moins trois jours.

Le jour de la fête, il est conseillé de manger des douceurs telles que des dates avant de se rendre à la mosquée pour y célébrer la prière collective.

Le matin de l'Aïd, normalement au plus tard avant le début de la prière, les musulmans doivent s’acquitter de la zakât al-Fitr (aumône de la rupture du jeûne) : celle-ci destinée aux pauvres de la communauté ou aux nécessiteux a aussi pour but d’épurer les erreurs commises par le jeûneur pendant le Ramadan.

Mais « el fatra », selon l’appellation donnée par les musulmans maghrébins de l’Hexagone notamment, peut être donnée également durant le mois de Ramadan et vise aussi à renforcer les liens dans la communauté islamique.
Chaque chef de famille en est redevable et doit donner un certain montant pour chacun des membres de la famille dont il a la charge, quel que soit son âge (en 2012, le montant de la zakât al-Fitr est fixé à 5 € par personne).

Beaucoup donnent la zakat tôt dans la matinée de sorte que les pauvres puissent participer à la célébration de l'Aïd. Cependant, nombreux sont les croyants qui s’acquittent de la zakât al-Fitr la dernière décade de Ramadan en envoyant de l’argent au pays d’origine (Algérie, Maroc, Tunisie …) ou encore en adressant un chèque à certaines associations islamiques caritatives (Secours islamique, Muslim Hands, Croissant Rouge…).
Notons au passage que celles-ci ont connu un essor significatif ces dernières années et sollicitent régulièrement des dons dans le cadre des nombreuses campagnes humanitaires à l’étranger (Palestine, Darfour, Haïti, Ethiopie…) mais aussi en France (soupes populaires, ruptures de jeûne pendant le Ramadan…).

Après avoir procédé à la grande ablution, les musulmans se rendent dans les mosquées en début de matinée pour y accomplir l’office de l’Aïd, parfumés et parés de leurs plus beaux vêtements. En effet, il s’agit conformément à la Tradition prophétique d’être agréable à Dieu qui est « Beauté et apprécie la beauté » (« innallah djamîl youhhibboul djamâl »).

Notons au passage que la prière de l’Aïd, composée seulement de deux rak'at (unité de prière, composée d’une série complète de positions debout, d'inclinaison, de prosternations et de positions assises), malgré son caractère optionnel (Sunna), est très suivie par les croyants : nombreux sont ceux qui prennent leurs dispositions au niveau professionnel pour y assister.

Comme cela été pratiqué par le Prophète Muhammad beaucoup de musulmans sur leur chemin de la mosquée chantent « Subhânallâhi wal Hamdou lillâhi wa la Ilâha illl lAllahu Allahu Akbar, Allahu Akbar, wa lillahil Hamd » (Gloire à Allah, Louanges à Allah, Il n'y a aucun dieu excepté Allah, Allah est le plus grand, Allah est le plus grand. Louanges à Lui).

A l’issue de la prière et pendant toute la durée de l’Aïd, les musulmans se saluent et s'étreignent avec la formule : « Taqabbalallah minna wa minkoum ! » (Que Dieu agrée vos œuvres et les nôtres !) et « Aïd Mubarak ! » (Que votre Aïd soit jour de bénédiction !).

Durant au moins trois jours, on assiste à des manifestations d'allégresse, échanges de congratulations entre tous les croyants, renforçant les liens de fraternité dans la communauté.

En outre, des présents sont remis aux enfants, des festins sont organisés ; des mets sont aussi donnés aux pauvres ou distribués aux voisins (sadaqat). Beaucoup décorent leur maison pour célébrer cette fête bénie. Dans les pays musulmans, mosquées et minarets s’illuminent la nuit et les psalmodies du Coran retentissent souvent dans la journée. Les musulmans profitent aussi de ce jour de fête pour rendre visite à leurs amis, aux malades, ainsi qu’à leurs proches.

Chaque famille effectue de grandes préparations pour accueillir les invités, et on dispose habituellement des plateaux de pâtisseries orientales diverses et variées partagées avec les voisins et la communauté locale avec du café et du thé. Beaucoup décorent leur maison pour célébrer cette fête bénie. Les enfants apprécient particulièrement cette fête, synonyme pour eux de jouets, d’argent ou de cadeaux offerts par les adultes. Des appels téléphoniques sont faits à la famille et aux amis éloignés et des cartes de vœux colorées sont parfois envoyées à cette occasion.

Spirituellement, pour les musulmans, la fête de l’Aïd el-Fitr constitue également un moment pour l'autoévaluation du mois passé. Il permet de dresser un bilan des bonnes actions accomplies (ou des mauvaises) et des changements opérés en son for intérieur.
Le fidèle regarde alors le futur avec le même niveau d'engagement et de détermination pratiqués pendant le mois sacré de Ramadan. La deuxième fête de l’islam est censée marquer la réconciliation entre croyants et le pardon mutuel.

Notons, pour finir, que s’il est interdit de jeûner le jour de l'Aïd, les musulmans sont encouragés à jeûner pendant encore six jours connus sous le nom as-sitta al-bid : ces derniers appelés aussi ayyâm essâbirin (les jours des persévérants) sont jeûnés durant le mois de Shawwal par les croyants pieux, consécutivement ou par intermittence.

Cet article est issu de Philippe Haddad, Nicolas Senèze et Kamel Meziti, Les Fêtes de Dieu, Yahweh, Allah (Éd. Bayard, 2011).

Kamel Meziti, historien, est secrétaire général du Groupe de recherche islamo-chrétien (GRIC), ancien directeur du culte musulman de la Marine.





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